Jeux: la Gambling Regulatory Act amendée malgré les protestations

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Avec les nouveaux amendements, la GRA pourra outrepasser toute décision du MTC concernant les courses hippiques, a indiqué Xavier-Luc Duval.

Avec les nouveaux amendements, la GRA pourra outrepasser toute décision du MTC sur les courses hippiques, a indiqué Xavier-Luc Duval.

Galop final. Les amendemants à la Gambling Regulatory Act controversés ont été votés. Toutefois, deux changements ont été apportés. Si, dans la première ébauche du Finance Bill, mention était faite que les bookmakers devraient rapporter tout pari suspect à la Gambling Regulatory Authority (GRA), dans la nouvelle version, il est établi que cet exercice devra se faire auprès de la Financial Intelligence Unit. L’autre changement concerne les critères à respecter pour avoir un permis de la GRA.

Les propositions faites par le Mauritius Turf Club (MTC) n’ont pas été prises en considération. Outre le MTC, ces amendements à GRA Act ont soulevé un tollé dans les rangs de l’opposition. Xavier-Luc Duval (XLD) a lancé la salve, suivi de Reza Uteem.

La majeure partie de l’allocution du leader de l’opposition était consacrée à la GRA Act. Il a avancé que les amendements proposés sont «répréhensibles et inacceptables». Selon lui, ils visent à donner des «pouvoirs substantiels» à la GRA.

Lacunes majeures

Le déclic ? La commission d’enquête instaurée par l’ancien gouvernement sur les courses hippiques. XLD a expliqué qu’elle a trouvé des lacunes majeures au sein du MTC et dans sa gestion. Elle a également soulevé des critiques sévères à l’encontre de la GRA. Selon lui, si 36 recommandations ont été faites par la commission, et la majorité d'entre elles a été complétement ignorée. Le leader du PMSD a également souligné la disparition du rapport intérimaire.

Selon XLD, le plus répréhensible, c’est l’inexpérience du board car il pourra outrepasser toute décision du MTC concernant les courses hippiques. «Nous devons appliquer des lois pour tout le monde. Pas une loi pour une personne spécifique.»

Citant l’article 93, XLD a affirmé que le dessein est clair avec cette partie de l’amendement. «Le but est de démettre Mukesh Balgobin de ses fonctions.» Il a trouvé inacceptable que ce soit à la GRA de déterminer les frais payés, notamment par les bookmakers, qui s’élèvent à 75 % du revenu du MTC. «Il y aura une ingérence directe au MTC. Ce sera un contrôle direct de la GRA sur le MTC.» Selon lui, tous ces amendements visent à favoriser un seul opérateur. «Il y a un fort parfum de favoritisme.»

Même son de cloche du côté de Reza Uteem. Le député mauve a fait ressortir que les raisons officielles derrière ces amendements, dans l’espoir de réduire les cas de blanchiment d’argent à travers des activités de jeu du hasard, ne tiennent pas la route. Car il y a déjà des lois existantes à cet effet.

Selon lui, limiter les paris en espèces va encourager des paris illégaux. Il a souligné que les amendements proposés sont taillés sur mesure pour un seul opérateur. Il a aussi fait la comparaison avec une compagnie qui a l’exclusivité sur les fixtures de foot, Sport Data Feed Limited, auprès de laquelle la GRA n’intervient pas. Reza Uteem a indiqué qu’il pense que ce sont les mêmes personnes qui seraient derrière SMS Pariaz et le Sport Data Feed Limited.


Jean-Michel Giraud: «On va vers la fin des courses»

L’ancien président du Mauritius Turf Club s’est exprimé quant aux amendements au Finance Bill. «Je m’interroge sur la constitutionalité de cette loi. Les commissaires des courses sont des spécialistes pour juger les courses. Qui sont les spécialistes à la GRA ? Raouf Gulbul ? Dev Beekharry ? Il faut arrêter de rigoler. Le nouveau texte de loi est une catastrophe. On va vers la fin des courses.»

Gulbul doublement dans la tourmente

La présidence de Raouf Gulbul est de plus en plus contestée. À ses démêlés avec la commission drogue, s’ajoutent les amendements à la GRA Act qui semblent avoir été faits à la hâte. Dans les rangs du gouvernement, les voix sont de plus en plus nombreuses pour demander à l’avocat de «step down», le temps de prouver son innocence ou sa culpabilité. Pravind Jugnauth aura à trancher cette question dans les semaines qui viennent. 

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