Gouvernement: vraie-fausse démission du ministre des Finances

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Le grand argentier de l’État allait tenir une conférence de presse, à 17 heures 30, au restaurant La Terasse, au Carlton, Anosy.

Le grand argentier de l’État allait tenir une conférence de presse, à 17 heures 30, au restaurant La Terrasse, au Carlton, Anosy.  

L’information a fait grand bruit, hier, mais n’est pas confirmée. Le ministre des Finances et du budget aurait démissionné de son poste.

Vrai ou faux Fran­çois Marie Gervais Rakotoari­manana, ministre des Finan­ces et du budget, aurait démis­sionné de son poste. Journalistes, politiciens, ou encore, analystes et observateurs, ont essayé de faire parler leurs contacts pour recouper la nouvelle, mais en vain.

Le déclencheur de ce déferlement de questions, de vérifications et contre-vérifications est une conférence de presse organisée, de prime abord, au pied levé et, annulée au dernier moment. À un peu plus de 16 heures, pour certains, un peu moins de 17 heures, pour d’autres, les journalistes ont été contactés par le service communication du ministère des Finan­ces. Le grand argentier de l’État allait tenir une conférence de presse, à 17 heures 30, au restaurant La Terrasse, au Carlton, Anosy.

À la hâte, les journalistes s’y sont précipités pensant à un événement excep­tionnel. Aucun fait majeur dans la conjoncture économique du moment ne semble, en effet, devoir motiver la convocation expresse d’une conférence de presse par le ministre Rakotoarimanana, une fin d’après-midi, de dimanche. Des questionnements s’en sont suivis et ont révélé une intention, du ministre des Finances d’annoncer sa démission.

Contacté à plusieurs reprises par téléphone, l’intéressé n’a pas décroché. Un comportement inhabituel de la part du membre du gouvernement, normalement disponible aux échanges avec la presse, même par téléphone, sauf en cas de réunion. Des sources dans les hautes sphères de l’État, confirment, cependant, cette intention. Il se serait, pourtant, rétracté.

Doublon

Une source gouvernementale soutient, pourtant: Je ne crois pas en cette information. Il ne s’agit que d’une manœuvre pour déstabiliser la cohésion au sein du pouvoir. Je l’ai encore eu au téléphone, vers 17 heures, pour des consignes de travail. Au regard des événements de ces derniers temps, rien ne semble, effectivement, expliquer une démission du grand argentier de l’État.

Dans le cadre du Fonds élargi de crédit (FEC), par exemple, le Fonds monétaire international (FMI), le 29 juin, vient d’accorder le décaissement de la deuxième tranche du financement du programme. Un appui de 86 millions de dollars, qui dépasse de 42,39 millions de dollars la somme prévue dans le contrat initial. Le ministre Rakotoarimanana, étant l’un des principaux défenseurs du dossier Madagascar, devant les institutions de Bretton Woods, devrait ainsi, savourer le fruit de son travail, plutôt que de songer à quitter son poste.

Certaines sources indiquent, cependant, que le grand argentier de l’État fait face à des pressions sur certains dossiers. Réputé pour son attachement à l’orthodoxie financière, le ministre des Finances, est souvent pointé du doigt pour sa rigueur et son intransigeance face aux dépenses qu’il estime exagérées, ou excessives, par rapport aux moyens dont dispose l’État. Les députés, les syndicalistes, ont déjà tiré à boulets rouges sur le grand argentier.

Des membres du gouvernement, faisant face à des revendications sociales ont, même déjà orienté les canons des revendicateurs du côté du ministre Rakotoa­rima­nana. Pareillement, pour certains membres de la sphère présidentielle qui lui reprocheraient sa rigueur inflexible. Des indiscrétions avan­cent, qu’un accord financier conclu à son insu durant un détour en Chine, d’une partie de la délégation ayant accompagné le président de la République, en France dernièrement, est le déclencheur de cette intention de démission.
La création de l’Orga­nisme de coordination et de suivi des investissements (OSCIF), dirigé par Léon Rajaobelina, commissaire général, suite à la conférence des bailleurs et des investisseurs (CBI), à Paris, en décembre, indique, cependant, que le ministre des Finances pourrait ne plus être directement concerné par certains dossiers sur les investissements. Un doublon dont la nécessité avait intrigué. La vraie-fausse démission de François Marie Gervais Rakotoarimanana, n’est jusqu’ici, pas officiellement confirmée, ni officiellement infirmée.

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