Alain Wong: «Mo pa déklar mwa mari»

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Alain Wong ministre de l’Intégration sociale

Alain Wong ministre de l’Intégration sociale.

Le rendez-vous était pris pour discuter de la Caravane de l’Amitié, lancée aujourd’hui. Toutefois, plusieurs sujets d’actualité ont été évoqués, de la relation d’Alain Wong avec les membres du Parti mauricien social-démocrate à l’élection partielle au nº 18, en passant par les déboires des politiciens.

Qu’est-ce que la Caravane de l’Amitié ? 

C’est un projet social afin de promouvoir la solidarité entre des jeunes. Je veux faire découvrir le pays à une trentaine de jeunes, en majorité ceux issus de ma circonscription. Ils entameront un tour de l’île à pied en six jours. La nuit, les jeunes seront hébergés dans des lieux sécurisés. Des surprises leur sont réservées. Il y aura des échanges et des moments de partage 
Le dernier jour, les participants devront écrire sur leur expérience durant ces six jours. Les deux meilleurs (garçon et fille) seront récompensés. Je les financerai pendant une année. Ce projet est mon initiative personnelle. Je mise tout sur la jeunesse.

Pensez-vous étendre cette initiative à travers le pays ?

J’espère que ce projet fera des émules. C’est aux politiciens de passer du temps avec leurs mandants et d’aller vivre avec eux. Et non seulement couper des rubans et faire des discours. Il faut étendre le travail en dehors du Parlement et travailler en équipe.

Êtes-vous à l’aise à votre poste ?

Tout administrateur qui arrive dans une entreprise s’accorde un temps d’adaptation. Je ne suis pas un vantard, mo pa déklar mwa mari, mais parfois on n’est pas fait pour travailler dans une même équipe. Il se peut que vous soyez un bon élément, mais vous devriez travailler ailleurs, dans une autre équipe. Vous n’êtes pas mauvais. I cannot move without a team. Aujourd’hui, we move as a team. Et il faut donner des résultats.

On vous voit un peu mal à l’aise, surtout quand il y a des échanges entre le gouver nement et les membres du PMSD au sein de l’hémicycle. Pourquoi donc ?

C’était aussi le cas auparavant. Je suis mal à l’aise quand je vois des conflits et échanges verbaux grossiers. Ce n’est pas mon éducation. Des fois, j’interviens pour calmer les esprits. Je demande à mes collègues de rester tranquilles et de laisser parler la partie adverse. Il ne faut pas descendre dans la petitesse et dans la bassesse. Est-ce que cela paie ? Je ne crois pas. Cela me fait de la peine. Il y a une possibilité de faire de la politique autrement sans qu’il y ait de la vulgarité derrière.

Pensez-vous que c’était une bonne idée de quitter le PMSD et d’intégrer le MSM ? Avez-vous eu des reproches ? 

Ce sont mes mandants qui m’ont poussé à le faire. Aujourd’hui, ils sont très heureux. La circonscription a connu des développements. Les mandants ne sont pas dupes. Ils savent qui travaille. J’ai fait ce qu’il fallait faire. Je n’ai aucun regret. Le seul, peut- être, c’est l’amitié. Xavier Duval a toujours dit qu’en amitié il n’y a pas de politique. Mais aujourd’hui, il fait tout le contraire.

Avez-vous coupé tous les liens avec Xavier-Luc Duval ?

C’est lui qui a coupé les liens avec moi. Le PMSD a utilisé des gens pour dire des choses terribles à l’encontre de ma femme et sur moi-même. C’est de la bassesse.

Dan Baboo dit que le MSM lui a proposé des millions pour abandonner le PMSD. Combien d’argent vous a-t-on proposé ?

(Il rigole) Je suis vexé parce que je ne vaux rien ! D’ailleurs, j’ai fait part de ma colère à Pravind Jugnauth ! Monn dir li mo pann gagn narnié, mwa mo ti roul dé minister, mo ti bien klasé dan consey dé minis. Si Dan Baboo vaut Rs 40 millions, je laisse les gens décider combien je vaux.

Sautons du coq à l’âne. Depuis six mois que vous êtes à l’Intégration sociale, comment s’est passée votre intégration ? 

Il y avait beaucoup de changement à faire au sein du ministère. Mes prédécesseurs ont fait leur travail, mais moi j’ai un autre style. Je n’accepte pas la lenteur.

Par exemple ?

On a une équipe qui s’appelle la Multipurpose Unit qui avait pour mandat de construire des maisons temporaires d’urgence à Barkly pour les sinistrés du feu. La demande a été faite en mars et nous sommes en juillet. Figurez-vous que personne n’est venu me dire si le projet a abouti. J’étais sur le terrain à trois reprises et je peux vous dire que je n’étais pas satisfait. Mercredi j’ai institué une enquête. Car pour moi, c’est inacceptable.

Y aura-t-il des sanctions ?

Probablement, car c’est trop gros. Chacun devra assumer ses responsabilités. Mo pa oulé rant dan parlman et gagn kout dibwa ver. Je ne regarde pas la couleur politique de ceux qui travaillent au ministère. Mais il faut qu’ils soient compétents.

Vous êtes le second ministre de l’Intégration sociale sous ce gouvernement. Où est donc ce fameux plan Marshall ? 

Il est en phase d'être mise en oeuvre. Cela se fait petit à petit. Certaines mesures ne cadrent pas avec la réalité locale. La frontière entre l’assistanat et l’aide économique est très mince et je refuse l’assistanat. Je présiderai un comité interministériel qui doit mettre en place un cadre pour le plan Marshall.

Le nouveau plan de «Corporate Social Responsibility» (CSR) ne fait pas l’unanimité. Comptez-vous y apporter des changements ? 

Je ne crois pas qu’il y ait un système parfait. Notre système avait besoin d’un arbitre. Ce dernier est souvent critiqué, mais il continue de faire de son mieux. Nous avons mis sur pied un panel. Nous avons ajouté des guidelines afin de diminuer les abus. Il ne faut pas que les organisations non gouvernementales (ONG) ne dépendent que de l’argent du CSR. Car une compagnie peut faire face à des problèmes financiers un jour. Une ONG doit pouvoir se tenir sur ses deux pieds.

Que pensez-vous de la partielle du nº 18 ?

Personnellement, je pense que nous sommes à mi-mandat et qu’il y a beaucoup de retard à rattraper sur le programme et qu’il nous faut mettre les bouchées doubles. Et je ne souhaite pas me retrouver sur le terrain en campagne alors que j’ai beaucoup à faire pour le pays. C’est un membre de l’opposition qui est parti, allons laisser quelqu’un du même camp prendre sa place. Nous allons voir le taux d’absentéisme, cela donnera une indication de ce que le peuple veut faire. Si c’est plus de 50 %, ce sera clair que le peuple est derrière nous.

Lors de votre dernier entretien, vous aviez promis des révélations sur l’accord de Xavier Duval et de Navin Ramgoolam et les raisons qui ont poussé le PMSD à quitter le gouvernement ? Qu’en est-il ?

Je n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi le PMSD a quitté le gouvernement. On avait dit que si le Prosecution Bill allait être renvoyé pour la rentrée, nous allions rester. On a fait un forcing et le projet de loi a été renvoyé. Dans l’ensemble, c’était une décision personnelle de Xavier Duval. Je ne dirais pas qu’il y a eu un accord, je dirais plutôt du chantage.

Quel genre de chantage ?  

Je n’affirme rien. Je ne dis que ce que je pense. Je pense que c’était du chantage. 

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