Analyse - 70 ans : quel avenir ?

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Le retour du fils de sir Seewoosagur à Maurice le 29 juillet 1990. L’année suivante, il devient leader du Parti travailliste.

Le retour du fils de sir Seewoosagur à Maurice, le 29 juillet 1990. L’année suivante, il devient leader du Parti travailliste.

Il s’appelle Navinchandra Ramgoolam et il fête aujourd’hui son 70e anniversaire. Il n’est plus le petit «butor» du collège Royal de Curepipe des années 60, sur qui veillait l’intraitable et légendaire huissier connu comme Kotok, de son vrai nom Moorgassen Maureemootoo. L’ex-source de soucis de Kotok est depuis devenue Premier ministre pour trois mandats. Et depuis janvier 2015, il fait face, après une série d’acquittements, à deux derniers procès qui pourraient porter un coup fatal à sa carrière politique. Quel sera l’avenir politique de Navin Ramgoolam ? Survivra-t-il à l’affaire Roches-Noires ? A-t-il une explication plausible à offrir pour ses Rs 220 millions ?

Depuis hier, l’opération déballage des détails des plus croustillants a débuté avec le concours de Rakesh Gooljaury. Détails frisant même un scénario mettant en évidence Sharon Stone et Michael Douglas. À moins que Gooljaury ne soit complètement décrédibilisé, certains aspects de son témoignage vont coller à la peau de l’ancien Premier ministre, dont l’image a pris un rude coup après l’instruction d’une série de procès et la diffusion, par la MBC, des images des liasses de billets retrouvées dans ses coffres-forts.

Les tracasseries que subit Navin Ramgoolam sont de loin plus désastreuses à son image que celles qu’a subies sir Gaëtan Duval, en 1989-90, quand il fut poursuivi par rapport à l’assassinat d’Azor Adélaïde. Les duvalistes endurcis ne manquent pas de souligner que leur leader historique s’était exposé, comme Alexandre et Léopold Myrtille, à la pendaison aux mains du gouvernement Jugnauth d’alors. La peine capitale était toujours applicable au moment du procès. Sir Gaëtan Duval ne revint jamais au pouvoir par la suite. Navin Ramgoolam subira-t-il le même sort ?

Navin Ramgoolam est confronté à une multitude de problèmes contrairement à Duval. Il risque d’être happé par le système policier et judiciaire dans le sillage des deux gros procès qui restent. Et s’il survit aux poursuites, il lui faudrait encore surmonter d’énormes problèmes sur le plan politique. À commencer par conserver le leadership de son parti.

Jusqu’à l’heure, il est resté incontestable au niveau du leadership. Mais si son image est ébranlée après les deux derniers procès, il pourrait perdre le soutien d’un nombre important d’apparatchiks rouges et s’exposer à une destitution comme leader. Et même s’il conserve le leadership du parti, il doit pouvoir se faire accepter par une importante composante de l’électorat.

Puisqu’aucun parti n’est capable de rallier une majorité de la population à lui seul, Navin Ramgoolam doit encore pouvoir trouver une formule d’accord avec un éventuel partenaire. À ce stade, il paraît que le MMM n’est pas intéressé à parler à un Parti travailliste dirigé par Navin Ramgoolam. Bien qu’on dise que rien n’est impossible en politique à Maurice, il relèverait vraiment de la politique fiction si les Jugnauth refont une alliance avec Navin Ramgoolam.

Le PMSD n’a jusqu’ici jamais utilisé la formule oui aux travaillistes mais sans Navin. Toutefois, à moins que la candidature de Dhanesh Maraye ne soit qu’une mascarade pour cacher un deal déjà conclu pour une future alliance, la démarche du PMSD dans le nº18 pourrait tout aussi indiquer un durcissement de la ligne par rapport aux Rouges. Vraiment un 70e anniversaire rempli d’embûches pour l’ancien Premier ministre condamné à un régime de «margoz» amères, sans fête bruyante avec lui à la batterie, sans voyage à Londres pour retrouver sa Rolls Royce ou pour un «White Christmas».

Mais c’est lui qui s’est esclaffé de rire le plus bruyamment au tribunal hier quand Rakesh Gooljaury a déclaré qu’il était toujours son ami. D’après les témoignages, il assiste à maints mariages et fêtes familiales dans le pays. Après tout, même du haut de ses 70 ans, au paradis de la gérontocratie, Navin Ramgoolam est plus jeune qu’Anerood Jugnauth et Paul Bérenger et est toujours capable d’énerver le moteur V12 de 6000 cc. de son Aston Martin.

Retour sur quelques clichés qui ont marqué son parcours, alors qu’il fête aujourd’hui ses 70 ans.

Navin Ramgoolam et Veena, le jour de leur mariage, le 8 juillet 1979.
Le retour du fils de sir Seewoosagur à Maurice le 29 juillet 1990.
L’année suivante, il devient leader du Parti travailliste.
Le chef de file des travaillistes, aux côtés de son épouse, Veena, 
lors de sa victoire aux élections générales en 2010.
Proclamation des résultats des élections générales de 2014.
Défaite de l’alliance rouge-mauve.
L’arrestation de l’ancien Premier ministre en février 2015,
après la perquisition de sa maison à Riverwalk.
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