Flacq: rongé par un problème de circulation

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La vente de légumes, le mardi, est une des causes majeures de bouchons.

La vente de légumes, le mardi, est une des causes majeures de bouchons.

Ils sont environ 400 taxis à se garer et à travailler sur le parking à côté du marché de Centre-de-Flacq. Les chauffeurs qui y opèrent habitent l’Est, notamment des patelins aux alentours des autres villages de Flacq. D’autres encore, venant de Port-Louis, Bel-Air, Olivia et Terre-Rouge se tiennent à l’autre bout.

«D’ici à Poste-de-Flacq, le trajet est censé durer cinq minutes, aster pran plis ki 30 minit», lance Rajesh Gungaram, chauffeur de taxi depuis 15 ans déjà. «Il y a moins d’un kilomètre entre l’espace commerial Super U et ici, me pou rant dan Flacq ou bizin roul pous par pous parfwa.»

Mis à part les heures de pointe, les chauffeurs expliquent que certains jours la circulation est perturbée complètement. «Il est normal de voir beaucoup de mouvements les vendredis et samedis après-midi. Mais les mardis et les dimanches, c’est pire», explique Gyandev Bundhoo, qui a 20 ans de métier comme chauffeur de taxi. Il avance que la vente des légumes les mardis est une des causes majeures.

«Les marchands de légumes travaillant au marché envahissent les routes les mardis. Ils garent leurs camions au bord de la route, ce qui bloque la circulation. Pourtant, ils sont tenus de se garer dans la cour du marché.»

Si, au départ, le marché se clôturait vers 18 heures, le conseil de district a, par la suite, changé l’heure de fermeture, la ramenant à 16 h 30, avec l’objectif d’améliorer la situation. Mais cette démarche n’a rien changé, avoue-t-il.

«Le conseil de district avait décidé de fermer l’emplacement plus tôt, soit à 16 h 30. Mais là aussi rien n’a changé. On a remarqué que les marchands sortent leur camion de la cour du marché plus tôt pour se garer sur la route afin qu’ils puissent bouger facilement après la fermeture du marché. Ils font ça pour gagner du temps. Ils ne réalisent pas les problèmes qu’ils causent. Récemment, j’ai remarqué que les pompiers de Flacq sont restés coincés dans un embouteillage pendant 15 minutes ! Tout le monde est pressé !»

Si certains pointent du doigt la ruse des marchands, Ravi Ramrakha, représentant de Poste de Flacq Taxi Owners Cooperative, concède que l’embouteillage est inévitable le dimanche. Car c’est le seul jour où les gens sont vraiment disposés à faire leurs courses. «Il ne fait pas de doute, qu’ils se rendent au marché et au supermarché par leurs propres moyens.»

Comme plusieurs autres chauffeurs, il pense que la situation dépend des policiers. «Les gens se garent n’importe comment et bloquent la route. Peut-être que si les policiers faisaient mieux leur travail et infligeaient des sanctions, il y aurait moins d’encombrement au centre du village.»

Preetum Gaonjur, lui aussi représentant des chauffeurs de taxi de Camp-de-Masque, Belle-Mare, Mare-la-Chaux et Bramsthan, ne partage pas cet avis. Pour lui, il faut cesser de blâmer les autorités à chaque fois et les chauffeurs aussi doivent montrer de la volonté à respecter le code de conduite. «On ne peut tout mettre sur le dos des policiers. Ils font une partie du travail mais les chauffeurs aussi doivent penser aux autres usagers de la route. C’est un devoir.»

Il y a un mélange de facteurs qui entravent la fluidité de la circulation, explique Preetum Gaonjur. Le matin et l’après-midi, la route est bloquée en raison des mouvements avant et après le boulot et le début et la fin des classes mais les autobus contribuent aussi au problème.

«Il y a plusieurs développements et c’est normal de voir tout ce monde. Mais la faute revient aussi aux autobus. Ils s’arrêtent n’importe où pour récupérer des passagers. Des fois, ils s’attardent même aux feux de signalisation. C’est irresponsable de la part des opérateurs d’autobus. Les chauffeurs de taxi aussi sont obligés de récupérer du monde et on leur demande d’éviter de déposer les passagers n’importe où.»
 
Il n’empêche que l’emplacement des magasins et le centre des activités jouent également un grand rôle. «Les samedis, le centre est rempli. Des bookmakers opèrent à proximité, les élèves viennent pour des leçons particulières, d’autres personnes viennent faire des achats en tout genre. Tous se rendent au même endroit, autour la place de taxis.»

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