Chagos: le plus dur reste à venir

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Le ministre mentor a estimé se battre pour une cause juste.

Le ministre mentor a estimé se battre pour une cause juste.

94 voix en faveur de la résolution, 15 voix contre et 65 abstentions. La résolution pour demander un avis consultatif à la Cour internationale de justice (CIJ) a été votée, jeudi 22 juin, par l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU). Nous ne sommes, cependant, pas au bout de nos peines.

L’adoption de cette résolution ne fait qu’engager le pays vers une nouvelle bataille : celle d’une éventuelle condamnation de la CIJ. Cette guerre se tient elle-même en deux étapes. La première : la CIJ doit décider si cet avis relève de sa compétence. Et la seconde : l’avis lui-même.

Après le vote d’hier, le secrétaire général de l’ONU doit porter l’affaire devant la CIJ. Elle l’informera que cette résolution a été votée à l’Assemblée générale. De là, ce sera à la CIJ de décider si ce problème relève de sa compétence. «Il ne suffit pas d’une demande à l’ONU. La CIJ a la discrétion de décider si elle peut ou pas statuer», explique l’ex-ambassadeur mauricien à l’ONU.

Selon Milan Meetarbhan, les parties concernées seront appelées à venir déposer devant la CIJ. Mais pas que. «C’est une décision de l’ONU mais pas de Maurice. Et ce n’est pas un contentieux Maurice vs Grande-Bretagne. D’autres États peuvent aussi se présenter aux audiences de la CIJ s’ils le veulent.»

Ce n’est que si la CIJ se trouve compétente à statuer qu’elle engagera les procédures pour émettre un avis. Combien de temps cela prendra ? «Cela peut prendre énormément de temps. Comme le font, en général les procédures juridiques», explique Milan Meetarbhan. Ce dernier soutient qu’il s’agit aussi des probables objections qui seront présentées. «Il faudra s’attendre à des objections. Surtout après ce que nous avons vu de la part des Britanniques et des Américains à la réunion plénière», soutient Milan Meetarbhan.

Quel est l’enjeu de l’avis consultatif pour le pays ? «Rien, malheureusement», avance Jean-Claude de l’Estrac, ex-ministre des Affaires étrangères et partie prenante de la lutte pour la souveraineté de Maurice. Selon lui, la Grande-Bretagne a déjà été condamnée et cela n’a pas servi à grand-chose. Et d’ajouter que l’avis n’aurait qu’un poids politique et diplomatique.

SAJ : «On m’a découragé mais j’étais confiant»

Réagissant de New York peu après le vote aux Nations unies hier, sir Anerood Jugnauth s’est réjoui de cette «victoire historique». Il a indiqué que lorsqu’il avait décidé de s’engager dans cette voie, ils étaient plusieurs à avoir voulu l’en dissuader. «Mais moi j’étais toujours confiant parce que, comme dit l’Anglais, I am fighting for a just cause et bondié pour aid moi.»

Il prévient toutefois : le plus gros du travail reste à faire. «Si nou reusi finalman gayn nou teritoir li pou enn gran reusit pour sa pei la.» Selon lui, la présence des Chagossiens et l’exposition organisée a grandement contribué dans ce dénouement. «Je dis un grand merci à tous les membres qui ont voté pour nous. Ils ont donné l’exemple.»

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L’avis consultatif demandé par l’Etat mauricien à la Cour international de justice (CIJ) sera capital dans le combat pour le combat de Maurice sur l’archipel des Chagos. Nous vous proposons tout un dossier sur les divers articles qui ont été publiés sur le sujet. La parole aux Chagossiens, les revendications auprès de diverses instances, ou encore l’intervention de SAJ devant la CIJ…

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