Partielle au nº 18 : le coup de poker de Roshi Bhadain

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Roshi Bhadain veut montrer sa désapprobation totale face à la politique du gouvernement en ce qu’il s’agit du Metro Express.

Roshi Bhadain veut montrer sa désapprobation totale face à la politique du gouvernement en ce qu’il s’agit du Metro Express.

Il a sorti le jeu de cartes depuis un moment déjà. Et a distribué quelques jokers de façon aléatoire. Jusqu’à vendredi. Après un discours enflammé au Parlemement, l’ancien ministre de la Bonne gouvernance et actuel député du nº 18, Roshi Bhadain, a annoncé qu’il «remettait son titre en jeu».

Le but: montrer sa désapprobation totale face à la politique du gouvernement en ce qu’il s’agit du Metro Express. Qui viendra «défigurer» la ville des fleurs, n’a-t-il de cesse de répéter. Mais aussi démontrer l’impopularité du gouvernement Lepep, scande-t-il, haut et fort.

Le hic, c’est que cette démission annoncée pourrait, au final, être un pari inutile. En ce qu’il s’agit du Metro Express, le gouvernement a signifié son intention, ferme, d’aller de l’avant avec le projet. La démission et la réélection de Bhadain n’y changeront pas grand-chose, semble-t-il.

Pour ce qui est de la «dimension» que veut donner le leader du Reform Party à cette partielle, il n’est pas sûr que la flèche atteigne son but. Car, aux dernières nouvelles, l’ami d’hier et l’ennemi aujourd’hui qu’est Lepep, ne compte pas aligner de candidat à cette partielle.

Qu’importe, «même si le gouvernement ne présente aucun candidat à cette élection, ce sera un aveu d’échec pour celui-ci. Car cela voudra dire que le MSM et le ML ont peur et qu’ils ne veulent pas essayer de récupérer un des sièges qu’ils ont perdus», souligne une source dans l’entourage de Roshi Bhadain.

Ses proches collaborateurs insistent, d’autre part, sur le fait que la démarche de l’ancien ministre de la Bonne gouvernance est d’empêcher «que le gouvernement conduise le pays à une catastrophe. Il n’y a pas que le Metro Express. Beaucoup de décisions prises par les dirigeants actuels font que Maurice se trouve au bord d’un précipice». D’ailleurs, une défaite de Roshi Bhadain n’est même pas envisageable, déclarent ses «followers».

Alors, Roshi Bhadain a-t-il raison de jouer au poker, ou à la roulette russe, comme le disent certains? On le saura en temps voulu, car, selon la loi, la partielle doit être organisée dans les huit mois qui suivent la démission d’un parlementaire.

Ville des fleurs: parfum d’indifférence

On aurait cru que cela les intéresserait davantage. Mais il semblerait que les Quatrebornais aient mieux à faire que de se préoccuper d’une éventuelle partielle, qui «ne changera rien», disent-ils. C’est un sentiment de ras-le-bol et d’indifférence qui se dégageait ainsi, hier, lors de notre balade au nº 18.

Parmi les indifférents, l’on trouve surtout des femmes. À l’instar de cette commerçante. «Alé vini, tou parey, nanyé zot pas fer. Mwa, mo pu tuzur pé vann mo boulet mem.» Plus loin, même son de cloche. «La politique ne m’intéresse pas. Je travaille dans une compagnie offshore, je n’ai pas de temps pour ces choses-là», lâche un trentenaire, le portable collé à l’oreille.

D’autres interlocutrices que nous rencontrons nous expliquent, sans sourciller, qu’elles sont «trop prises par le travail, les tâches ménagères et les enfants». L’une d’elles ajoute : «Qu’est-ce qu’une partielle va bien pouvoir changer ? Éoula, éna lezot zafer pou fer !»

Papa qui t’es ?

À peine Roshi Bhadain a-t-il annoncé sa démission, qu’une guerre de paternité fait rage. Le «bébé» que tout le monde s’arrache : la rénovation complète de la foire, le principal projet entamé par la mairie de Quatre-Bornes, jusqu’ici. L’ancien conseiller municipal, Samad Gunny et collaborateur de l’ancien ministre, est catégorique. «Si Roshi Bhadain n’était pas intervenu, on en serait toujours au point mort. J’ai moi-même siégé au sein des comités qui ont fait démarrer ce projet. Il en a fait beaucoup plus que n’importe qui.» La réplique n’a pas tardé. «Enn ferfout Roshi Bhadain pa finn fer dan Quatre-Bornes. Zamé in gagn enn randévou avek li», rétorque le maire atcuel, Atmaram Sonoo. D’ailleurs, celui-ci procède à une série d’inaugurations, dès cette semaine. «Non, ce n’est pas parce qu’il y une partielle en vue. Dé tout fason, Bhadain pou gagn enn baté bef isi.»

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Roshi Bhadain a finalement mis sa menace à exécution ce vendredi 23 juin. Vers 18 h 30, la nouvelle de sa démission se répandait comme une traînée de poudre. Retour sur cette démission diversement commentée.

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