30e anniversaire : Ramgoolam offre Rs 15 millions à la Commission de l’océan Indien

Avec le soutien de

Un chèque de 500 000 dollars à la Commission de l’océan Indien (COI) pour son 30e anniversaire. C’est le cadeau offert à la Commission au nom de l’Etat mauricien. En outre, sortir Madagascar de la crise devrait être une priorité selon Navin Ramgoolam.

La démarche du Premier ministre mauricien cadre bien avec l’autre activité de cette journée anniversaire. Le symposium organisé, un peu plus tôt, autour des anciens secrétaires généraux, des fondateurs, de ministres et des bailleurs de fonds de l’organisme avait justement mis en avant un déficit d’engagement, financier et politique, de la part des Etats-membres.

Le besoin d’un soutien accru des gouvernements afin d’aller plus loin dans l’intégration régionale pour mieux insérer nos économies au commerce mondialisé, avait effectivement été souligné par le Réunionnais Wilfrid Bertile, ancien secrétaire général.

«Le budget de la COI ne représente que 5% de celui du Marché commun d’Afrique orientale et australe (COMESA), 6,5% de celui de la Communauté d’Afrique de l’est (EAC) et 11% de celui de l’autorité intergouvernementale pour le développement de la Corne de l’Afrique (IGAD)». Ces comparaisons, dévoilées par cet ancien secrétaire général de la COI, illustre bien la marge de manœuvre financière réduite dont dispose l’organisation régionale pour mener ses projets, néanmoins reconnus.

Les bailleurs de fonds, au premier rang desquels l’Union européenne, financent l’ensemble des projets de la COI. Ceci a permis à la région d’être, par exemple, aux devants de la lutte contre la piraterie à travers une stratégie régionale à laquelle ont adhéré nos Etats. C’est ce qui a conduit les Seychelles à héberger une cellule anti-piraterie et Maurice à signer l’accord avec l’UE pour le transfèrement et le jugement de pirates somaliens. La poursuite d’autres projets, ayant traits aux biens publics mondiaux, dont la santé (veille épidémiologique), la pêche (gestion raisonnée des stocks de thonidés), la biodiversité (gestion des littoraux et protection des récifs), dépendent la pérennisation des financements étrangers.

Or, pour que les bailleurs mettent la main à la poche, les gouvernements de la région sont appelés à faire un effort supplémentaire en termes de financements et de renforcement des capacités au niveau du siège et des officiers de liaison dans chacun des pays membre. Le représentant de l’Union européenne, Alessandro Mariani, le dit clairement : «si les Etats font un effort, l’Union européenne sera plus à même de consentir un effort supplémentaire» sur le montant des financements. Sans le savoir, Navin Ramgoolam a répondu à cet appel.

L’engagement attendu des gouvernements n’est pas que financier. Il est surtout politique à l’heure où la COI mise sur des projets transversaux : la sécurité alimentaire, la connectivité, et la communication via une chaîne de télévision régionale. Le secrétaire général, Jean-Claude de l’Estrac, rappelle que le projet de la COI sur la sécurité alimentaire « est dans l’intérêt des Etats et des populations ». Importateurs à grands frais de denrées alimentaires, nos Etats ont la possibilité de produire en quantité et plus près de nous, à Madagascar, des produits alimentaires. Reste l’acheminement. On en vient à la connectivité et au coût de la connexion entre nos îles. La distance-coût est, regrette de l’Estrac, un handicap majeur. Cela étant, Maurice et les Seychelles « ont confirmé leur engagement dans ce projet spécifique » de ligne maritime.

Pour mener à bien ces projets essentiels à l’intégration régionale réussie de l’Indianocéanie, la stabilisation politique de Madagascar est une condition sine que non et une priorité pour la COI, comme l’a rappelé Navin Ramgoolam.


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