Examens impayés, pas de certificats du SC-HSC: ce qu’en pensent les Mauriciens

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2 500 élèves n’auront pas leurs certificats du School Certificate (SC) et du Higher School Certificate (HSC). Du moins, tant qu’ils n’auront pas payé les frais d’examens, ayant comptabilisé plus de jours d’absence que la limite autorisée.

Rachel Bibi, 43 ans, femme au foyer

«Les enfants doivent aller à l’école. Et c’est une manière de les forcer à s’y rendre régulièrement. Il ne faut pas oublier que la vie devient, jour après jour, plus difficile. Et si les parents veulent faire des économies, ils feront tout pour encourager leurs enfants à aller à l’école.»

Dorine Tabac, 49 ans, employée d’une compagnie de nettoyage

«Le ministère de l’Éducation a pris une bonne décision. Les enfants sont ainsi obligés d’aller à l’école. Et il faut demander aux enseignants de faire le suivi et de rapporter ceux qui s’absentent régulièrement. Malheureusement, il y a des enfants qui ne pensent pas à cela et sont souvent absents. Ils savent que leurs parents ont les moyens de payer leurs examens.»

Fareed Kausmaly, 68 ans, commerçant

«Ce n’est pas une bonne décision. Le gouvernement gaspille souvent l’argent public. Mais là, cela concerne l’éducation. Et c’est très important que les jeunes aient une bonne éducation. Sans cela, on n’avance pas. Pourquoi, quand les enfants sont encore au primaire, tout est gratuit pour eux, mais dès qu’ils grandissent, on trouve toutes sortes de prétextes pour les faire payer ?»

Gloria, 28 ans, travaille à son compte

«Je ne comprends pas pourquoi l’on instaure toutes ces lois et que l’on prend toutes ces décisions. À l’époque où je faisais mes études, même si mes parents étaient pauvres, j’allais à l’école. Je me souviens que je m’y rendais avec un peu d’eau dans ma bouteille. Je ne faisais pas l’école buissonnière. C’est pourquoi je ne comprends pas pourquoi l’on en fait tout un plat. Les enfants n’ont qu’à se rendre à l’école et c’est tout. »

Shabneez Dulloo, 24 ans, travaille à Shoprite

«C’est un gros problème. Je pense que c’est une décision quand même un peu dure. Si l’enfant comptabilise 16 jours d’absence sur deux ans, cela veut dire que les parents vont devoir débourser. Et ce n’est pas une petite somme. Je pense que c’est une décision trop sévère.»

Sanjay Seegoolam, 49 ans, chauffeur de taxi

«Cette décision suscite beaucoup de stress. Je pense qu’il faudrait voir au cas par cas avant de prendre la décision de faire payer les parents. Je pense qu’il y a des cas où les absences sont justifiées. Avec cette décision, l’on risque de pénaliser bêtement les élèves. À Maurice, il y a un gros problème : trop de jeunes sont diplômés et n’ont pas de travail par la suite. Je connais aussi beaucoup de jeunes qui restent à la maison avant les examens pour réviser. Donc cela veut dire qu’au final, ils vont être pénalisés de trop travailler et apprendre?»

Vinay Peryagh, 42 ans, moniteur d’auto-école

«C’est une bonne décision. Le gouvernement investit beaucoup d’argent dans le secteur de l’éducation. Les jeunes doivent en être conscients et aller à l’école. Tout est fait pour qu’ils puissent acquérir des connaissances. Les parents ont la responsabilité de veiller à ce que leurs enfants se rendent régulièrement à l’école. Ainsi, ils auront un droit de regard sur ce que font leur sprogénitures.»

Anonyme

«Je me pose une seule question. Si l’enfant fait face à un grand malheur, par exemple la perte d’un proche, alors c’est sûr qu’il ne pourra pas aller à l’école. Il risque de passer deux semaines, voire plus, à la maison. Déjà qu’il est dans la peine et il va, à l’issue de ces deux ans, payer les examens! Est-ce qu’il y a quelque chose de juste et de normal là-dedans? Franchement, on dirait que l’on harcèle les enfants pour qu’ils aillent à l’école à présent!»

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Le ministère de l’Education est venu de l’avant avec de nouvelles mesures éducatives. Des mesures qui ne laissent pas insensibles bon nombre de personnes dont des parents d’élèves et des membres de l’opposition qui s’y opposent fortement. Si le gouvernement n’entend pas reculer, les opposants, eux aussi, ne comptent pas s’avouer vaincus.

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