Bambous: Balmick Jeetun ausculte son village

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Le conseiller de village Balmick Jeetun (encerclé) témoigne du changement qui intervient à Bambous qui s’urbanise de plus en plus.

Le conseiller de village Balmick Jeetun (encerclé) témoigne du changement qui intervient à Bambous qui s’urbanise de plus en plus.

Il est issu d’une famille de dix enfants. Ses parents étaient laboureurs. Balmick Jeetun a grandi dans ce village de Bambous et ne pense pas le quitter  de sitôt. Il connaît les coins et les recoins de la région, jusqu’au bord de mer - beau à voir mais dangereux pour s’y baigner -, situé juste derrière les champs de canne à sucre. 

C’est en 1992 que Balmick Jeetun se présente pour la première fois comme candidat au poste de conseiller de village. À l’époque, il a déjà fait plusieurs petits boulots et a 24 ans. Il est le premier surpris d’être élu. Depuis ce jour-là, les villageois lui font confiance et le reconduisent à ce poste. 

«J’avais terminé ma Form VI en 1988 et obtenu mon Higher School Certificate. Je pensais pouvoir entrer sur le marché du travail immédiatement mais ça n’a pas fonctionné. J’ai commencé à l’usine, puis j’ai fait d’autres petits boulots avant de devenir conseiller de village», raconte Balmick Jeetun. «À l’époque, il n’y avait pas plus de 2 000 votants à Bambous. Maintenant, ça a changé. C’est 11 000 votants avec plus de 25 000 habitants, rien que pour Bambous.» 

Durant ce premier mandate qui a duré de 1992 à 1997, il agit comme simple membre du conseil et se concentre sur le social. «Quand on rentre dans le social, il ne faut s’attendre à rien en retour. C’est une notion qui se perd de plus en plus», poursuit notre interlocuteur. «Après 1997, je me suis présenté pour un deuxième mandat, et j’ai été réélu. C’est ainsi que j’ai pu devenir président du village pendant une année.» 

Durant son terme comme président, il essaie notamment d’organiser une foire dans le village. Un projet qui n’aboutit pas. Selon Balmick Jeetun, les habitants de Bambous préféraient à l’époque faire leurs courses à Quatre-Bornes ou à Port- Louis. «Je ne sais pas si un marché à Bambous va fonctionner. J’aimerais bien en voir un dans le village un jour. Cela me rend triste que ce projet ne se soit pas matérialisé.» 

La majeure partie des habitants travaillaient à la sucrerie de Médine. Ils ont abandonné les camps sucriers pour se loger dans le village de Bambous. Ce qui a changé la morphologie du village 

En peu de temps, le village s’est mis à grandir. Balmick Jeetun se souvient de l’époque où Bambous n’avait pas encore de logements de la National Housing Development Company. 

Balmick Jeetun raconte que le village a d’abord grandi avec les Voluntary Retirement Schemes (VRS) des ouvriers de Médine. Il explique qu’au fur et à mesure que le village s’est agrandi, d’autres problèmes se sont posés, notamment au niveau des infrastructures. C’est surtout dans l’ancien Bambous, où il y a eu des partages familiaux de terrains, et que des passages privés ont dû devenir des routes publiques.

S’adapter au Changement

«Les ouvriers avaient reçu des lopins de terre. Mais il n’y avait rien là où se trouvaient leurs terrains, pas de chemins, pas d’infrastructures. Nousavons fait tout ce que nous avons pu et maintenant, ils ont au moins une route asphaltée et la fourniture électrique», raconte encore Balmick Jeetun. 

«Avec la mécanisation, bien peu travaillent maintenant dans les établissements sucriers. De plus en plus de villageois sont désormais employés dans des hôtels. L’hôtellerie a remplacé le sucre», poursuit-il. 

Le village a changé de visage et en quelques années, un supermarché est venu s’implanter en son centre et un complexe commercial a poussé à quelques minutes de la sortie du village. Deux nouvelles écoles primaires et un nouveau collège ont été construits. Et de plus en plus de personnes viennent s’installer dans la région. 

Les villageois se sont adaptés aux changements. Les petites boutiques ont commencé à disparaître. Pour Balmick Jeetun, il ne fait pas de doute que le supermarché a été le principal catalyseur du changement, même si le village avait déjà consolidé sa position avec des infrastructures comme le dispensaire et le tribunal de Bambous. 

«Le seul problème que je vois aux changements dans Bambous c’est que, désormais, les villageois ont le pied lourd et pour faire une centaine de mètres vers le supermarché, ils prennent leurs voitures au lieu de faire le parcours à pied», avoue Balmick Jeetun. «Et aussi de nombreuses personnes perdent l’habitude de s’occuper des animaux. À une époque, tout le monde ici avait des vaches et savait en prendre soin.» 

Il se rend compte aussi que de plus en plus de personnes, notamment des cadres et des médecins, quittent la ville pour venir s’installer à Bambous. Le conseiller aimerait apporter sa pierre à l’édifice. Un projet qui lui tient à coeur est de voir la construction d’un complexe sportif dont la gestion serait confiée au conseil de district, de revoir l’infrastructure du dispensaire et aussi de redonner ses lettres de noblesse au bâtiment d’antan qui abritait anciennement le tribunal de Bambous.

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