Panchvati: le mécontentement gronde dans ce village abandonné

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Somaroo Noyan, 85 ans, vit dans une misère extrême et ne peut se déplacer car les bus n’ont pas accès au village.

Somaroo Noyan, 85 ans, vit dans une misère extrême et ne peut se déplacer car les bus n’ont pas accès au village.

Situé dans le district de Rivière-du-Rempart, ce petit village est resté comme figé dans le passé. Si le modernisme y est inconnu, les problèmes sont légion.

Panchvati compte sur une seule boutique, possède un centre communautaire et les quelques maisons que l’on y trouve sont pour la plupart en tôle. Ayant la réputation d’abriter des gens les plus pauvres et les plus démunis, le village n’a pas beaucoup changé avec le temps. D’ailleurs, les habitants que l’on rencontre affirment qu’ils font face à de nombreux problèmes : manque d’infrastructure et de loisirs pour les jeunes ou encore pas de transport en commun, entre autres. Zoom sur ce petit village inconnu pour la plupart.

Somaroo Noyan, 85 ans, a passé pratiquement toute sa vie à Panchvati. Il se souvient comment était l’endroit à l’époque et avance qu’il n’a pas changé, si ce n’est les quelques maisons en béton qui ont été construites avec le temps. 

Le vieil homme dit être toujours plongé dans la misère. Il vit seul dans une petite pièce en tôle, sans électricité et n’a pas l’eau courante, même si son habitat est entouré d’autres maisonnettes en tôle. «Mo servi delo ek bann vwazin.» Par rapport à son alimentation, vu son âge avancé – il peut à peine se tenir debout – c’est son fils qui lui procure le repas chaque jour.

Somaroo fait face à un problème encore plus grand. Tous les habitants doivent marcher en moyenne 20 minutes avant d’accéder à un arrêt d’autobus car le transport en commun ne passe pas dans le village. «Ou krwar dan mo vié zour la mo pou kapav mars sa kantité-la ?», s’interroge l’octogénaire. Ainsi, presque sept jours sur sept, il est cloué au lit et ne peut aller nulle part.

Regina William abonde dans le même sens. Outre le problème de transport, les habitants font face à de nombreux problèmes liés à la fourniture d’eau dans la région. «Délo fini arété 6 zer gramatin et 4 er, kan koumans koulé, sé goutt par goutt», explique cette habitante qui a, à maintes reprises, attiré l’attention des autorités mais, sans résultat concret.

(Ci-contre) Les autres habitants du village souffrent aussi de la pauvreté.

Autre problème évoqué : l’accumulation d’eau lors des grosses pluies. Regina est fatiguée de toujours devoir nettoyer sa maison en grand après chaque averse. «Notre situation devient invivable et on craint tous qu’un jour, notre maison ne soit complètement inondée s’il y a une grosse averse

Pour les jeunes de la localité, c’est l’absence d’activités dans la région qui les agace. «Nous n’avons pas de terrain de football ni de volley-ball», affirme Vimal Ganesh, un jeune homme qui se dit déterminé à enfin pouvoir transformer ce quartier. Il a, selon ses dires, attiré plusieurs fois l’attention du président du village, mais ce dernier ferait la sourde oreille.

Aman Nowbuthsing et Rishi Ganesh expliquent que les jeunes de la région souffrent aussi du chômage. «Nous ne comprenons pas pourquoi nous avons tant de mal à décrocher un travail», soulignent-ils. Ce qui leur fait se demander si Panchvati a une mauvaise image aux yeux de certains. «Il semble que l’on ait tendance à l’associer à des gens pauvres, qui ont un penchant pour la bouteille

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