Laïcité et liberté de conscience

Avec le soutien de

Le 15 mai dernier l'évêque de Port-Louis, évoquant dans l'express le «Sexual Offences Bill», mettait en garde le gouvernement et le bon peuple contre les prises de distance «laïcardes» par rapport à certains principes moraux. "

Il fallait comprendre par «certains principes moraux» ceux de l'Église catholique, suivant lesquels la sodomie exclut absolument un rapport humain vécu «dans le respect mutuel et dans l'amour durable». Ce sont là les convictions de l'Église catholique et elle est libre, dans un État laïc, de les porférer et de les professer. 

Mais comme l'Eglise de Monsieur Piat n'est, elle-même, pas très fan de laïcité, elle tient à tout prix que ceux qiu ne partagent pas ses conceptions sacrées de la sexualité épanouie, continuent à tomber sous le coup de la loi pénale. Bref, que ceux qui ne partgaent pas les impérieuses et divines Vérités Sexuelles de l'Église catholique soient poursuivis, condamnés et jetés en prison. Et honnis soient les «laïcards»qui osent s'en plaindre. 

Pour notre part, en tant que bons «laicarsd», nous nous garderons bien - même lorsque nous sommes contraints à une posture combative-d'attribuer des sobriquets méprisants aux catholiques conservateurs... mais nous ferons plutôt, à notre regrettable habitude, un exercice en raison. 

La section de notre Code pénal faisant de la sodomie une infraction pénale (même lorsqu'elle est pratiquée entre personnes consem tantes) est l'une de ces reliques coloniales contenues dans nos lois. Si des politiciens trop lâches n'osent pas s'en débarrasser, sachons que tout citoyen intéressé pourrait immédiatement attaquer ces archaïsmes devant la Cour suprême de la République comme étant anticonstitutionnels. 

Dans l'ultrachrétienne Amérique de M. Bush, la Cour suprmêe a, dans l'affaire Lawrence v. Texas, cassé une loi texane prohibant la sodomie homosexuelle rendant ainsi anticonstitutionnel ce type de lois dans le pays tout entier. Si les Etats-Unis ont attendu l'année 2003 pourfaire cela, dès 1981, dans l'affaire Dudgeon v. United Kingdom, la Cour européenne avait cassé la loi anti-homosexuelle de la très catholique Irlande du Nord. Dans la célèbre affaire américaine, citée plus haut, le Juge Kennedy écrivait cela :- «The Texas statute furthers no legitimate state interest which can justifyits intrusion into the Personal andprivate life of the individual», et observait «The fact that the governing majority in a state has tradtiionally viewed a particularpractice as immoral is not a sufficient reason for upholding a lawprohibiting the practice; neither history nor tradition could save a law prohibitingmiscegenation (interracial marriage) from constitutional attack. » 

Et si, malgré tout, notre Cour suprême devait déclarer cette loi constitutionnelle, il ne pourrait être reproché aux activsites des droits humains d'exiger l'affichage du texte de la section 205 de notre Code pénal à l'aéroport et dans les chambres de nos grands hôtels. Cela en vue d'informer, préventivement, nos visiteurs étrangers de ces très beaux et très nobles principes moraux exhalant de nos lois :

«250. Sodomy and bestiality 

(l)Any person who isguilty ofthe crime ofsodomyorbestialityshall be liable to pénal servitude fora term not exceeding 5 years. 

THE RELIGIO-BANANA STATEOFMAURITIUS WELCOMES YOU»

Publicité
Publicité

Le Directeur des poursuites publiques (DPP) a ravivé le débat autour de la décriminalisation de la sodomie à Maurice. Dans la 69e édition de sa Newsletter, le DPP questionne la constitutionalité de l’article 250, qui sanctionne la sodomie entre deux adultes consentants. Retour sur un débat qui dure depuis une décennie.

D'autres articles »
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires