Manifestation sur les haut-parleurs: Iqbal Ghani, premier suspect inculpé sous la loi sur le terrorisme

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Arrêté hier, Iqbal Ghani est accusé provisoirement d'avoir «threaten to do an act of terrorism». C'était lors d'une manifestation portant sur l'utilisation des haut-parleurs par les mosquées.

Le Prévention of Terrorism Act (Pota) a été appliqué pour la première fois depuis qu'il a été voté à l'Assemblée nationale le 4 février 2002. Iqbal Ghani, leader du mouvement Tazia 786, a été arrêté hier matin par le Central Criminal Investigation Department (CCID). Il a été inculpé en cour de district de Port-Louis sous une accusation provisoire d'avoir «threaten to do an act of terrorism.» Le suspect a été reconduit en cellule policière jusqu'au 19 avril. 

Cet homme de 41 ans qui travaille comme CustomerSuppomng Ojficer et habitant rue Volcy Pougnet, Port-Louis, est accusé d'avoir, le 9 avril à la rue Madras, participé à un rassemblement illégal de 22 h 15 à 22 h 35. Ial urait fait usage d'un langage intimidant envers la population et aurait «unduly compel the govemment to do an act». L'acte d'accusation mentionne qu'il aurait déclaré : «PM si topa amandla Constitution, si to pa lais nou donn azaan dan haut-parler, bien sagrin disangpou coule devan Parlement. »

Iqbal Ghani est un des meneurs qui avaient aussi participe à une manifestation devant le Parlement mardi dernier. Recherché depuis une semaine, il s'est constitué prisonnier hier matin, accompagné de Me Roubina Jaddoo du Collendavelloo Chambers'.

Le suspect a été longuement interrogé par le chef inspecteur, John Ramasawmy. Il a nié en bloc les accusations formulées contre lui.

D'autres personnes bientôt interrogées

L'enquête est supervisée par le surintendant de police, Clifford Parsad. Le CCID se dit aussi en présence d'une liste de noms de ceux qui sont qualifiés comme des «ring leaders» ayant participé à diverses manifestations illégales dans la capitale la semaine dernière. Dans le milieu du quartier général de la police, on laisse entendre que ces personnes seront bientôt interrogées.
 
Iqbal Ghani n'est, lui, pas un inconnu des milieux de la police. Le vendredi 3 mars 1989, il avait attenté à la vie du Premier ministre de l'époque, sir Anerood Jugnauth, actuel président de la République. Mais les gardes du corps de çe dernier ont promptement fait avorter sa tentative. Iqbal Ghani avait alors été condamné à quatre ans de prison. 

Sous l'article 32 du Pota, il risque cette fois une peine de prison ne dépassant pas cinq ans et une peine maximale de pas plus de 35 ans s'il est trouvé coupable sous l'article 3 de la même loi - Prohibition of acts of Terrorism. 

De plus, selon le Prévention of Terrorism (Déniai ofBail) Act 2002, un suspect arrêté sous le Pota ne peut être libéré sous caution. L'article 3 du «déniai of bail», prévoit que «for the purposes of section 5 (3A)(b) of the Constitution, the offences related to terrorism in respect of which an arrested or detained person shall not be admitted to bail under section 5 (3A) of the Constitution shall be the offences under sections 3,4,5,6,7,12 and ISof the principal Act». Ces sept articles concernent respectivement des Cas de «prohibition of acts of terrorism, Proscribed organizations, Terrorist meetings, Supports, Harbouring terrorist, Hostages et dealing in terrorist property». 

Selon un haut gradé de la police, l'article 27 du Pota n'a cependant pas été appliqué dans le cadre de l'arrestation d'Iqbal Ghani. Il aurait alors été placé en détention policière pendant une période ne dépassant pas 36 heures - incommunicado -, tout en étant privé de tout contact avec des tierces personnes, hormis des officiers de police du rang d'inspecteur ou encore d'un médecin de l'Etat.

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