Sodomie : l'avis du médecin

Avec le soutien de

Depuis quelque temps, avec le Sexual Offences Bill, la population mauricienne est confrontée à un mot rarement prononcé à haute voix: «sodomie». Pourtant, cette pratique existe bel et bien, même si ces trois syllabes font grincer des dents. Comme l'ignorance est le terreau de l'intolérance, nous avons voulu en savoir un peu plus sur cette pratique, non pas pour satisfaire une curiosité lubrique, mais pour établir des faits. Le gynécologue Veyasen Pyneeandee nous éclaire sur le sujet. La sodomie est un rapport sexuel qui consiste à une pénétration de l'anus puis du rectum du, ou de la partenaire, généralement avec la verge. Le rapport anal ne paraît pas présenter de risque majeur s'il s'inscrit dans le cadre d'une sexualité consentie.» Il faut toutefois savoir que l'anus n'est pas une cavité naturelle qui est faite, au départ, pour la pénétration sexuelle», affirme le Dr Pyneeandee. Il peut ainsi arriver qu'un rapport trop brutal soit responsable d'une réaction hémorroïdaire. «La sodomie expose parfois aux atteintes sphinctériennes telles que les déchirures ou les troubles d'incontinence rectale», poursuit notre interlocuteur. En effet, une pénétration trop rapide et forcée augmente les risques de lésions et de déchirures. Si l'utilisation de lubrifiants hydrosolubles est recommandée, il faut savoir que certaines personnes n'ont pas la capacité physique et psychologique pour être suffisamment détendues pour ce type de pratique sexuelle. Cette situation, souvent aggravée par une crainte non maîtrisable, invite alors à ne pas persévérer. Il ne faut pas non plus oublier que les déchirures, même minuscules et invisibles, exposent les partenaires au contact du sang. «Les veines rectales sont fragiles et le risque de contracter des maladies sexuellement transmissibles est plus grand», prévient le Dr Pyneeandee. Le port du préservatif est donc fortement recommandé, comme dans tout rapport sexuel.

Publicité
Publicité

Le Directeur des poursuites publiques (DPP) a ravivé le débat autour de la décriminalisation de la sodomie à Maurice. Dans la 69e édition de sa Newsletter, le DPP questionne la constitutionalité de l’article 250, qui sanctionne la sodomie entre deux adultes consentants. Retour sur un débat qui dure depuis une décennie.

D'autres articles »
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires