Contrats publics: le gouvernement irrité par les retards dans les procédures du CPB

Avec le soutien de
Le ministre des Infrastructures publiques, Nando Bodha (à g.), lors d’une visite des lieux concernant la décongestion routière du centre de Port-Louis, en octobre dernier.

Le ministre des Infrastructures publiques, Nando Bodha (à g.), lors d’une visite des lieux concernant la décongestion routière du centre de Port-Louis, en octobre dernier.

Si les projets tardent, ce serait la faute au Central Procurement Board. C’est ce que pense le gouvernement. Un démantèlement de cette instance n’est pas impossible…

Agacé. C’est ainsi que l’on pourrait qualifier l’état d’esprit à l’hôtel du gouvernement en ce qui concerne le fonctionnement du Central Procurement Board (CPB). Car, selon plusieurs sources, le CPB prendrait trop de temps à allouer les contrats publics. Et ce, malgré le fait que le financement serait déjà prêt. D’où l’évocation d’un possible démantèlement de cette instance et de son remplacement par des organismes plus efficients aux yeux des autorités.

«Le gouvernement a annoncé plusieurs gros projets. Le financement est prêt mais cela bloque au niveau du CPB», explique-t-on dans les milieux proches du gouvernement. En effet, l’on estime que ces projets d’envergure auraient dû être traités avec un sentiment d’urgence mais tel ne serait pas le cas. «Parce que les procédures tardent, tout le reste stagne aussi. Les chantiers ou encore la création d’emplois se font attendre.»

À titre d’exemple, le Road Decongestion Programme. Selon nos informations, un exercice de pré-qualification a pris fin le 23 mars. Il nous revient que 14 firmes y auraient participé. Parmi elles, des firmes chinoises, africaines ou encore coréennes. Le CPB avait pour tâche de présélectionner ces firmes, en se basant sur des critères techniques.

Cependant, presque deux mois après, l’on attend toujours. À l’hôtel du gouvernement, on dit ne pas comprendre pourquoi ces exercices prennent autant de temps. «Et là encore, il s’agissait d’une présélection. Combien de temps le CPB prendrait-il s’il s’agissait d’un appel d’offres normal ?» se demande-t-on.

Autre exemple : l’autopont de Decaen. Dans les milieux concernés, l’on indique que c’est un projet de grande envergure, qui permettrait aux véhicules d’accéder au centre de Port-Louis en contournant la place d’Armes. «Ce projet tarde aussi. C’est très frustrant.» On ajoute que les procédures devraient être plus dynamiques.

Du coup, le gouvernement souhaiterait-il démanteler le CPB ? C’est ce qu’estiment des sources dans les milieux concernés. L’on avance que dans certaines instances, comme dans des corps parapublics, tout serait mis en oeuvre pour éviter les longues procédures du CPB.

Independent Review Panel

Dans les rangs du gouvernement, l’on fait ressortir que les procédures sont également très prenantes au niveau de l’Independent Review Panel. «C’est tout le système d’allocation de contrats qu’il faudrait revoir. Plusieurs instances viennent alourdir le système», observe-t-on. Il se murmure que c’est probable que le prochain Budget contienne de nouvelles mesures pour redynamiser les procédures.

Au niveau du CPB, l’on se défend. «Si les procédures tardent, c’est que cela doit être ainsi. Les retards ne viennent pas de chez nous mais proviennent le plus souvent des ministères concernés», fait-on valoir. Et d’ajouter que l’on préfère prendre le temps qu’il faut afin de réunir tous les renseignements et éviter ainsi toute maldonne.

«Nous sommes les intermédiaires, nous faisons la vérification. Si tout est en ordre, tout se passe sans problème. C’est quand les détails manquent que nous sommes obligés de nous tourner vers l’instance publique concernée. Et quand elle prend du temps pour répondre, cela retarde le projet», explique-t-on.

Le CPB est-il au courant de l’agacement de l’hôtel du gouvernement ? «Effectivement, beaucoup de personnes dans le gouvernement disent que nous sommes en retard. Elles disent que le projet est entre nos mains et qu’il tarde. Mais ce n’est pas vrai. Et puis, il faut donner le temps au comité d’évaluation de travailler.»

L’on précise que ce comité prend le temps qu’il faut avant de prendre une décision. «L’octroi d’un contrat peut prendre dix jours, plusieurs semaines, voire un mois. Le comité siège deux à trois fois par semaine.» Le CPB explique que pour le Road Decongestion Programme, par exemple, le comité n’est pas tombé d’accord lors d’un premier exercice d’évaluation.

Quid d’un éventuel démantèlement du CPB ? À cela, l’on répond avoir lu dans les journaux qu’une nouvelle compagnie a été créée récemment et que celle-ci n’est pas listée sous le Public Procurement Act. «Nous ne savons pas si le gouvernement veut diminuer les pouvoirs du CPB. Ce n’est pas sous notre contrôle. Si c’est le cas, chacun devra assumer ses responsabilités.»

Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires