Bambous: le conseil de village réclame de délocaliser La Chaumière

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La fumée, comme un épais brouillard, émanait encore de La Chaumière lundi.

La fumée, comme un épais brouillard, émanait encore de La Chaumière lundi.

C’est la seconde fois en moins d’un an qu’un incendie éclate au dépotoir de La Chaumière. La fumée persiste depuis le 30 avril. Les villageois n’enpeuvent plus et demandent la délocalisation du centre.

«Si nous étions dans les quartiers huppés, le gouvernement aurait délégué des fonctionnaires pour un constat et aurait trouvé des solutions. Mais nous ne sommes que de petites gens.»

C’est en ces termes que des habitants de Bambous, plus précisément ceux de cité La Ferme, commentent la situation dans laquelle ils se trouvent. En effet, ils respirent des émanations toxiques depuis presque deux semaines, sans que personne ne semble s’en inquiéter.

Un nuage de fumée plane toujours sur une partie du village. La visibilité est réduite dans les environs du centre de traitement de déchets de La Chaumière. Et cette situation dure depuis le 30 avril, jour où le feu s’est déclenché au dépotoir.

«Cela fait bientôt deux semaines que l’incendie s’est déclaré et nos vies sont devenues un calvaire», dit Curtis André un habitant de cité La Ferme. Il raconte comment, dès 17 heures, il faut que sa maison soit complètement fermée afin que les membres de sa famille puissent passer une nuit sans que la fumée ne les incommode.

«Ma femme est enceinte et elle doit supporter de vivre enfermée alors qu’elle souffre déjà de nausées», dit cet habitant, qui déplore que les décideurs aient choisi de laisser un tel centre opérer auprès d’une zone résidentielle.

«Nous avions déjà le centre de transfert de déchets vers Mare-Chicose, à cela se sont ajoutées des activités de compostage de déchets et maintenant, on y trouve aussi des déchets chimiques. Et cela se situe près d’une zone où des gens plantent des légumes et élèvent des animaux et pas loin du réservoir aussi», déplore Curtis André. Ce dernier estime que les habitants de Bambous vivent sur une bombe à retardement, qui aura un lourd impact sur leur santé.

John Anseline, président du conseil de village, n’y est pas allé par quatre chemins non plus. Il a porté plainte au poste de police de la localité contre la compagnie qui mène ses opérations à La Chaumière. D’autres habitants lui ont emboîté le pas.

«Je demande au gouvernement d’assumer ses responsabilités et de cesser de jouer ainsi avec la vie des gens ! Nous réclamons la délocalisation de ce centre de traitement de déchets. Ces personnes sont exposées à des fumées toxiques pouvant causer le cancer et qui affectent déjà les asthmatiques.

«Il faudra que quelqu’un assume les responsabilités de tous les problèmes de santé rencontrés par ces habitants», dit John Anseline, qui rappelle que le dernier épisode d’incendie à La Chaumière avait duré plusieurs jours en octobre 2016. «Nous nous attendions à une rencontre avec le ministère de l’Environnement mais celle-ci n’a jamais été programmée», déplore-t-il.

Le président du conseil de village dit qu’il ne compte pas rester les bras croisés. «Tous les élus de la région ont été mis au courant du problème, nous comptons expédier à nouveau des lettres pour attirer l’attention de toutes les instances nationales», ajoute-t-il. Les habitants comptent, eux, lancer une pétition.

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