Bambous-Virieux: les pêcheurs réclament une aide après les fortes pluies

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Des pêcheurs qui se disent délaissés par le gouvernement exprimant leur colère alors que les embarcations restent à terre, la faute à une mer boueuse.

Des pêcheurs qui se disent délaissés par le gouvernement exprimant leur colère alors que les embarcations restent à terre, la faute à une mer boueuse.

C’est la troisième semaine qu’ils passent sans travailler. En cause : l’eau boueuse suivant les récentes grosses pluies. Les pêcheurs veulent rencontrer le ministre de la Pêche, Prem Koonjoo.

«Si bizin, pou bizin al dormi lor simin, al dormi devan biro minis, nou pou fer li.» C’est ce que disent des pêcheurs en colère, regroupés à Bambous-Virieux, afin de réclamer plus de considération du gouvernement face à leurs difficultés. 

Ils étaient au moins une vingtaine venant des villages de Mahébourg, Ville-Noire et Bambous-Virieux à s’être réunis pour chercher une rencontre avec le ministre de la Pêche et décider de la marche à suivre le cas échéant. 

En effet, c’est un groupe de représentants à bout de souffle et surtout à bout de patience qui sont venus dire les difficultés que rencontrent les pêcheurs de la région Sud tout en réclamant un soulagement. 

«Tout le lagon Sud, de Mahébourg à Grand-Sable, se trouve dans cette situation. L’eau boueuse des rivières, qui a dévalé de la montagne, a fait la mer virer rouge, la rendant impraticable. Nous ne pouvons rien voir, ni retrouver nos casiers», résume Stephano Pauline, pêcheur de Bambous-Virieux. 

Il explique que si les pêcheurs enregistrés touchent une allocation de mauvais temps pour les jours où il a plu et que la météo a déconseillé les sorties en mer, ils ne touchent rien pour les jours suivant les pluies et que la mer est boueuse. 

«Cela fait trois semaines que nous n’avons pu pêcher, on utilise de l’essence pour sortir en mer mais on ne prend rien», ajoute Munisamy Marday.

«Nous réclamons une compensation pour les jours où la mer devient ainsi et nous prive de travail. C’est impossible que le gouvernement reste insensible à notre sort», rajoute Georgette Marchand, femme pêcheur. Comme nombre de ses collègues, elle se trouve dans l’incapacité de faire face à ses responsabilités avec le mauvais temps. 

«Avant cette semaine, la mer était aussi impraticable. Comment fait-on alors pour le repas de nos enfants, pour régler les factures et honorer nos dettes ? Le gouvernement doit comprendre que nous avons aussi une famille, tout comme les planteurs qui, après les pluies, reçoivent une aide financière pour les soutenir», continue cette mère de famille. 

C’est, en somme, la requête principale des pêcheurs : qu’on leur donne une compensation, une aide financière qui leur permettra de tenir la tête hors de l’eau, car ils sont restés plusieurs semaines sans travailler, comme ça a été le cas pour les planteurs qui, eux, sont couverts par une assurance. 

«Nous, pêcheurs, nous ne recevons pas un salaire fixe mensuellement. Nous vivons au gré du temps, risquant notre vie. D’ailleurs, même l’argent qui nous est payé comme allocation de mauvais temps est aléatoire ; nous n’avons rien touché en janvier et en février», fait ressortir John Anthony Danse, aussi pêcheur.

Il explique que les pêcheurs ne savent plus à quelle porte frapper et s’estiment délaissés par le gouvernement. «Le ministre de la Pêche ne nous a jamais reçus et ce, malgré nos différentes requêtes. Pourtant, avant les élections, il venait dans le village et nous promettait qu’il allait changer la vie de pêcheurs», déplorent ceux réunis sur place. 

Ils réclament ainsi une rencontre avec le ministre Prem Koonjoo. «S’il ne peut venir sur place, nous irons le rencontrer à son bureau, qu’il nous fixe seulement une date», disent les pêcheurs qui lancent aussi un appel au Premier ministre : «Il a dit qu’il s’occupera de tout le monde, qu’il s’occupe aussi du cas des pêcheurs, qui est grave», insiste Prit Dassoo. 

Les pêcheurs ont obtenu le soutien des membres de Lalit dans leurs démarches. Rajini Lallah explique qu’une délégation se tient à leur écoute afin de venir de l’avant avec un programme pour que les Mauriciens conservent un accès à la terre et à la mer.

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