Roubina Jadoo-Jaunbocus: «Je n’ai pas défendu des personnes accusées de trafic de drogue»

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Elle est parlementaire depuis décembre 2014.

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Elle est parlementaire depuis décembre 2014 et refute les allégations d’acquisitions illégales qui planent sur ses avoirs. Roubina Jadoo-Jaunbocus soutient que ses adversaires tentent de la salir par tous les moyens…

PPS depuis décembre 2014, quel est votre bilan pour les circonscriptions dont vous êtes responsable?
J’ai une longue liste de projets, allant du ré-asphaltage des routes à la construction de drains, en passant par l’installation des points de lumière. Je soulignerai parmi, l’asphaltage de la rue Eugène Laurent, une des plus importantes de la capitale. Il y a aussi la construction d’un terrain de football à Tranquebar. Toutefois, je précise que, plus tard, il sera dote d’éclairage et de gradins, et qu’il va être clôturé.

Combien a été investi pour tous ces projets?
Rs 20,9 millions.

Êtes-vous satisfaite des travaux réalisés?
Je dois préciser que ces travaux ont été réalisés sur un an et demi. Et là, je suis satisfaite. En 2015, la National Development Unit avait beaucoup de dettes et il fallait tout régler. Ensuite, plusieurs ingénieurs ont préféré aller travailler ailleurs car il y avait une enquête qui avait été instituée sur la réalisation de plusieurs projets. En tout cas, pour la prochaine année, les investissements doubleront et peut-être un peu plus même.

Vous êtes souvent en conflit avec deux autres parlementaires de votre circonscription, à savoir Reza Uteem et Osman Mahomed. Pourquoi ces relations tumultueuses?
C’est triste que ce soit ainsi. Concernant Reza Uteem, c’est une querelle entre des agents qui a mal tourné en 2015. Et il m’a accusée d’être derrière ce désordre. En tout cas, il avait fait semblant d’avoir le bras fracturé. Mais passons. Quant à Osman Mahomed, il veut faire croire que c’est lui qui est derrières toutes les réalisations dans la circonscription. D’ailleurs, dans votre journal de jeudi, il y a une mention de l’incident de dimanche dernier…

Justement, vous semblez n’avoir pas apprécié que des personnes soient venues au bureau d’Osman Mahomed, ce jour-là, pour cet exercice d’inscription pour l’obtention d’un réservoir d’eau?
Mais comment expliquez-vous que le gouvernement décide de lancer un tel exercice et que cela ait lieu dans le bureau d’un politicien. Si cela se passait au Sun Trust, sans doute vous auriez été le premier à dénoncer une telle affaire. N’est-ce pas là un cas de «using his office for gratification?» En tout cas, pour moi, Osman Mahomed est un naïf. C’est peut -être dû au fait que qu’il est député pour la première fois. Tout comme moi d’ailleurs, mais j’ai l’expérience d’avoir été conseillère municipale auparavant.

De telles querelles ne sont-elles pas au détriment des habitants de votre circonscription?
Oui. Mais je dois répondre à ces personnes qui passent leur temps à me salir. Je préfère de ne pas étaler en public ce qu’elles racontent sur moi. C’est de la bassesse, du  dénigrement et ce sont des attaques personnelles.

L’alliance gouvernementale se retrouve depuis plus de quatre mois sans le Parti mauricien social-démocrate (PMSD). N’est-ce pas un handicap pour le gouvernement?
Je ressens le départ du PMSD comme une tristesse. J’avais une bonne relation avec le leader et les autres députés du PMSD. J’avais d’ailleurs appelé Xavier-Luc Duval et il m’avait répondu qu’il avait pris sa décision. Mais jusqu’ici j’ignore encore la raison pour laquelle ce parti a quitté le gouvernement. Pourtant, le leader des bleus avait fait des recommandations au sujet de la Prosecution Commission Bill. Et elles ont été acceptées. Mais par la suite, il a décidé de partir.

Êtes-vous confiante que ce gouvernement terminera son mandat de cinq ans?
Absolument. Nous avons le Muvman Liberater qui, rappelons-le, est issu du Mouvement militant mauricien (MMM). Et avec le MMM, le Mouvement socialiste militant a réussi  beaucoup de choses pour le pays.

Et le départ de Roshi Bhadain. Avez-vous des regrets ou c’est un bon débarras?
(Rires). Il a décidé de partir, c’est son affaire, non ? En tout cas, il a démontré sa vraie couleur en faisant ce geste obscène au Parlement l’autre jour. C’était très choquant.

Que pensez-vous de la retransmission en direct des travaux parlementaires?
C’était une des promesses de ce gouvernement et nous avons tenu parole. Mais je regrette le niveau des débats. D’ailleurs, lors de mon intervention pendant les débats sur le projet de loi pour la retransmission en direct des travaux, j’avais dit qu’il faut qu’il y ait des débats d’un certain niveau. Mais, malheureusement, certains se comportment comme des gens vulgaires et pensent pouvoir tout dire car ils bénéficient de l’immunité parlementaire…

Des deux côtés de la Chambre vous voulez dire?
Absolument. Mais je dois préciser une chose. Vous savez, il y a une Speaker qui n’est malheureusement pas respectée. Je suis avocate. Je pourrais ne pas être d’accord avec un magistrat ou un juge. Mais quand je plaide devant lui ou elle, je lui montre du respect. Il y un décorum qu’il faut respecter. Mais certains dans l’opposition ne respectent pas cela…

Mais que voulez-vous qu’il arrive si la Speaker ne se montre pas impartiale?
Vous pensez que tel est le cas ? Non, plusieurs fois Maya Hanoomanjee a rappelé à l’ordre des parlementaires de la majorité. Elle avait même expulsé Mahen Jhugroo de l’Hémicycle.

La majorité gouvernement semble dire qu’il ne faut pas s’attaquer aux femmes, même si elles ont fauté. À voir la façon dont le Premier ministre adjoint a défendu la présidente de la République et la Speaker, le 1er-Mai, à Vacoas, fait croire que la presse et les politiciens s’attaquent injustement aux femmes. Qu’en pensez-vous?
Non, je crois qu’il a plutôt dit qu’il ne faut pas qu’il y ait des attaques personnelles, des mensonges et des campagnes de dénigrement contre les femmes. Je viens de vous parler de ce que je subis de la part de certains politiciens de l’opposition. C’est impensable ce qu’ils racontent sur moi.

Oui, mais si ces femmes ont fauté?
Qu’il y ait des enquêtes qui démontrent clairement leurs fautes et là, je n’aurais pas de problème s’il y a des critiques contre elles. Mais tel n’est pas le cas.

Pourtant, ce sont ces mêmes personnes, qui défendent les femmes maintenant, qui avaient traité Nandanee Soornack de tous les noms. On ne s’attaquait pas aux femmes alors?
Nandanee Soornack, c’est une autre affaire. Comment expliquez -vous qu’elle avait pu donner des ordres à la police pour faire saisir l’appareil photo d’un agent politique adverse? Ou encore passer à l’arrière de la Cour suprême pour aller jurer un affidavit, juste pour éviter les photographes?

«L’express» a consacré un dossier sur la «success story» de la famille Jaunbocus, notamment votre enrichissement rapide. Quelle est votre explication?
(...) Je ne suis pas allée defender des personnes accusées de trafic de drogue. D’ailleurs, à mon bureau, ma devise c’est de ne pas plaider en faveur de telles personnes. Ces cas  que j’ai défendus datent de plusieurs années et ce sont des cas concernant la constitutionnalité de leurs sentences. Il est vrai, ce sont des affaires liées à la drogue, mais ces gens ont été reconnus coupables par une cour de justice. Et j’ai défendu la plupart de ces cas gratuitement.

Et votre enrichissement rapide?
Rapide? Que voulez-vous dire? J’ai exercé pendant au moins dix ans en Angleterre. Et à Maurice, cela fait plus de dix ans que je suis avocate. D’ailleurs, j’ai contracté des emprunts pour acquérir des biens. Tout ce que j’ai, je l’ai obtenu à la sueur de mon front et, évidemment, avec l’aide de mon époux.

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C’est une avocate qui a déjà déposé devant la commission d’enquête sur la drogue. Mais qui se défend d’avoir défendu des personnes accusées de trafic de drogue. Qui se cache donc derrière Roubina Jadoo-Jaunbocus, la dernière adhérente au gouvernement Lepep ?

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