Attentat à la pudeur: l’enquête menée de façon incohérente

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Les faits se seraient déroulés le 24 mars 2014, à Circonstance, St Pierre.

Les faits se seraient déroulés le 24 mars 2014, à Circonstance, St Pierre.

Où se serait déroulé le présumé attentat à la pudeur qui est reproché à Jugdeve Hemraz ? Dans la maison de sa petite victime alléguée ou dans une maison abandonnée ? Des incohérences ont ainsi été notées dans les dépostions de deux témoins, en cour intermédiaire, mardi. Ce procès a été pris sur le fond devant la magistrate Niroshni Ramsoondar. Le maçon de 53 ans a plaidé non-coupable sous une accusation d’attentat à la pudeur, en vertu de l’article 249(3) du code pénal.

Contre-interrogé par Me Ridwaan Toorbuth, avocat de la défense, le policier Ghoorun, affecté au poste de police de St-Pierre, a indiqué que l’accusé a produit un alibi, pour confirmer qu’il ne se trouvait pas sur les lieux de l’incident à l’heure des faits, mais travaillait à La Laura. Or, le témoin Ghoorun devait par la suite soutenir qu’il n’a pas communiqué tous les éléments de l’affaire avant la déposition de l’accusé au poste de police. 

«Where did the alleged offense take place? In a bus, in a sugarcane field?», a demandé Me Toorbuth. C’est alors que le policier devait répondre que l’acte répréhensible aurait été commis dans la cour de la victime. «Je ne suis pas sûr», poursuit-il néanmoins. Selon l’acte d’accusation, la fille avait alors 12 ans lorsque son voisin de 50 ans aurait commis un acte d’attouchement sexuel sur elle, le 24 mars 2014, à Circonstance, St-Pierre.

Le policier-témoin a, d’emblée, été incapable d’expliquer comment un autre enquêteur a, plus tôt, indiqué en cour que l’incident s’était produit dans une maison abandonnée et non pas dans la maison de la victime. «Comment se fait-il que, d’après le plan produit par la police, l’acte aurait eu lieu dans une maison abandonnée alors que vous avez informé l’accusé, lors de sa déposition à la police, que l’incident se serait produit dans la cour de la victime ?»

Le témoin a, dans un autre volet, lu la déposition policière de Jugdeve Hemraz, qui a démenti avoir fait des attouchements sur la fillette. L’accusé raconte que la fillette jouait au football avec ses deux frères. Et, qu’à un certain moment, le ballon a atterri dans sa cour. Et que son fils aurait confisqué le ballon. Ce qui explique, dit Jugdeve Hemraz, la raison pour laquelle la fillette veut se venger.

Lors de son contre-interrogatoire, le policier de St-Pierre a aussi affirmé qu’aucune enquête n’a été menée sur cette version de l’accusé, qui évoque la thèse de la vengeance. «The accused stated that the motive behind this accusation could be that his son confiscated the ball. Did you enquire about this motive?», a voulu savoir l’homme de loi. À quoi le témoin Ghoorun devait répondre par la négative. Le procès se poursuivra le 7 juin, avec l’audition de neuf témoins.

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