1er-Mai: meetings, partisans et briani party

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: Le 1er-Mai, c’est la Fête des travailleurs.

Le 1er-Mai, c’est la Fête des travailleurs.

Les banderoles fleurissent à tous les coins de rue. Elles s’accrochent aux garde-fous. Depuis une semaine, le pays en voit de toutes les couleurs. La raison : le 1er-Mai. Si les travailleurs ont droit à un jour de repos demain, les leaders des partis politiques, eux, ne chômeront pas. Leurs partisans non plus. Tradition oblige, le briani sera de la partie, si le temps ne joue pas les trouble-fête. En attendant, zoom sur tout ce beau monde ainsi que ce plat goûteux…

Nazma Balgobin: le coeur mauve


 

Elle a 63 ans. Est vêtue d’un churidar orange. Mais qu’on ne s’y trompe pas. L’habit, et surtout sa couleur, ne fait pas le moine. Ni la partisane. Nazma a en effet du sang mauve qui coule dans les veines. Depuis un demi-siècle… «Mon père a tout de suite adhéré aux idées du MMM depuis la création du parti en 1969. J’assistais aux réunions, qui étaient illégales à l’époque, avec lui. J’avais 13 ans alors… »

Depuis, elle a juré sincérité et fidélité au leader du parti du coeur, Paul Bérenger. Si les travailleurs ont obtenu des droits aujourd’hui, c’est grâce à lui, estime-t-elle. «Quel autre politicien s’est battu aux côtés des travailleurs ? Qui a été incarcéré pour leurs droits ? Qui a versé son sang pour les générations futures ?»

Nazma a bien été courtisée par d’autres partis. Mais elle leur a dit le fond de sa pensée. Pour elle, les autres n’ont pas la même droiture que l’homme à la moustache blanche. D’ailleurs, les roder bout, «comme on l’a vu récemment, partent d’eux-mêmes», fait ressortir la fringante sexagénaire. De plus, selon Nazma, le MMM est un parti où règne la méritocratie.

«Au MMM, nous sommes tous comme ça. Personne n’attend rien en retour. Pa kouma sa bann ki pé bar plas diplomé lor enn ta board an mem tan-la !» ironise la diehard mauve, qui ne rate pas une miette de l’actualité. Si elle a le coeur mauve depuis tant d’années, c’est aussi parce que l’idéologie des autres partis ne lui convient pas. Mais le MMM s’est bien allié au PTr en 2014 ? La question, elle l’attendait. «Wi, bé Ramgoolam ti pou al Réduit trankil li. Paul ti pou kapav netwayé trankil…»

Pour elle, contrairement à ce que disent certains, dont les médias, les militants n’ont pas abandonné le navire. «Zot pa finn al voté mem akoz sa bann travayis-la.»

Pour Nazma, le MMM a toutes les chances de remporter les législatives si le parti va seul aux élections en 2019. «Bizin pa fer lalians, mem pas avek Bhadain. S’il voulait prouver sa bonne foi, il  aurait dû enfiler son costume de héros dès qu’il a vu les magouilles. Pa partisipé apré vinn fer sinéma…»

Pour écouter son leader, Nazma sera à Rose-Hill, demain, si le temps le permet. Et peut-être alors sortira-t-elle le T-Shirt mauve…

Ranjita Bunwaree: la vie en bleu


 

Elle est une diehard bleue. Depuis toujours. «J’ai connu sir Gaëtan Duval. Je l’admirais, même si à l’époque, je n’étais pas dans la politique active», affirme Ranjita Bunwaree. Pour elle, le Parti mauricien social-démocrate (PMSD) est le seul qui s’est toujours gardé de s’intéresser aux castes et à la religion. «Chez nous, la seule couleur qui compte, c’est le bleu. Tout le reste est superflu.»

Ranjita – tellement coquette qu’elle ne souhaite pas divulguer son âge – a suivi l’évolution du parti de loin dans un premier temps. C’est sa rencontre avec Xavier-Luc Duval qui a tout changé. «C’est un homme brillant, dynamique et dénué de toute arrogance.»

Ce qui l’a séduite aussi, c’est que le chef de file des Bleus «aide vraiment les pauvres. Je l’ai vu faire». Elle l’a vu parler aux gens, elle l’a vu travailler pour sa circonscription. En tant que travailleuse sociale et membre de diverses ONG, les actions ont bien plus d’importance que les mots…

À côté de son leader, les autres font pâle figure, lâche Ranjita. Pour elle, Xavier-Luc Duval est un homme courageux, qui n’a pas eu peur de quitter le gouvernement pour rester fidèle à ses convictions. «J’étais d’accord avec les raisons qu’il a avancées. Je ne connais pas beaucoup d’autres partis qui auraient eu le courage de prendre une telle décision.»

Ainsi, malgré les sollicitations, Ranjita n’a jamais quitté la basse-cour du parti du coq. Et si le meeting, qui devait être organisé aujourd’hui à l’École hôtelière Sir Gaëtan Duval, n’avait pas été annulé, elle aurait sorti les griffes pour soutenir les Bleus.

Anne Chowrimootoo: son rayon de soleil


 

Elle a toujours aimé le soleil. Même lorsque le Mouvement socialiste militant (MSM) était au creux de la vague, Anne Chowrimootoo l’a soutenu contre vents et marées.

Cela fait tellement longtemps d’ailleurs qu’elle a adhéré au parti, que la femme de 57 ans ne saurait dire à quel moment elle a viré à l’orange. «C’est mon fils qui m’a montré la voie. C’est lui qui m’emmenait avec lui aux réunions. Petit à petit, j’ai commencé à m’intéresser à ce qui se disait, les idées me correspondaient.»

En ce temps-là, où Pravind Jugnauth n’avait même pas encore enfilé son costume de politicien. Aujourd’hui, elle est persuadée que le soleil de son leader brillera pendant très longtemps encore.

Pourquoi le MSM ? « Parski Pravind Jugnauth enn boug ki éna léker.» Selon elle, le leader du MSM est toujours à l’écoute des gens. Il ne s’est pas laissé gagner par l’arrogance. «Ounn déza touv enn Premié minis met légan ek ramas salté ou ?»

Pravind Jugnauth, ajoute la quinquagénaire, n’hésite pas, non plus, à participer aux rencontres régionales, à serrer les mains de ses mandants, à parler aux Mauriciens. Ce qui fait dire à Anne qu’elle a bien choisi son camp. Sans parler du fait que «Pravind Jugnauth est le symbole même de la franchise». Une sincérité rare chez les leaders politiques, déclare Anne.

Cette dernière se «sent tellement bien au MSM», que l’idée même d’aller «voir ailleurs» ne lui a jamais traversé l’esprit, malgré de nombreuses sollicitations. Elle soutient d’autre part le combat que mène le MSM contre la drogue. Demain, si le meeting n’est pas annulé, qu’il vente ou qu’il pleuve, la partisane du parti soleil sera à Vacoas pour écouter son leader et soutenir son parti.

Keshav Jookhun: clef rouge en main


 

Il a grandi avec une photo de sir Seewoosagur Ramgoolam (SSR) dans son salon. Ses parents, dit-il, n’ont pas vraiment de couleur politique, mais «SSR était respecté, puisque c’est le père de la Nation».

L’adhésion de Keshav Jookhun au Parti travailliste (PTr) n’a toutefois rien à voir avec la photo qu’il voyait tous les jours. Le jeune homme, âgé de 26 ans, a commencé à s’intéresser à la politique alors qu’il était en Form I. C’était en 2004. «À l’époque, le gouvernement MMM-MSM était en place. Zot ti pé fer piyaz. À mes yeux d’enfant, Navin Ramgoolam m’est apparu comme un super-héros.» C’est ainsi qu’il est devenu fan du chef de file des Rouges.

Aujourd’hui, sa perception n’a pas changé. Pour lui, «le lion» a œuvré «nuit et jour» pour le pays. Pour apporter sa pierre à l’édifice, il a rejoint l’exécutif PTr, alors qu’il avait 21 ans. «C’est la preuve que ce parti offre aux jeunes la place qui leur revient», martèle Keshav Jokhun.

Il fait également partie de l’équipe de communication. Mais il a dû travailler dur pour en arriver là. A gravi les échelons pas à pas. «Je n’ai jamais rien demandé. Navin Ramgoolam croit en la jeunesse et la méritocratie.»

De plus, poursuit Keshav, le PTr est le seul parti «kot pa gagn revokasion kan exprim bann lidé kontrer». Chacun peut ainsi exprimer ses idées et ses opinions sans crainte, selon lui. Et puis, s’il éprouve autant de respect pour Navin Ramgoolam c’est à cause de son humilité, fait valoir Keshav. «C’est le seul qui a osé avouer publiquement ses erreurs !»

Le PTr n’organisera pas de meeting demain. Au cas contraire, Keshav, aurait été aux avant-postes.

Briani party


 

Qui dit meetings du 1er-Mai, dit bus gratuit, pique-nique à la plage et, bien entendu, briani. Alors, est-ce que le carnet de commandes déborde ? Il semblerait que non, si l’on en croit les spécialistes. La raison étant que «souvent, ce sont les partisans des partis eux-mêmes qui s’occupent de préparer le briani. Banla ki gagn bann kontra-la» Et puis, s’il y en a trop, «éna ki doublé ou bien pran al lakaz !»

Hommage en images

Le 1er-Mai, c’est avant tout la Fête des travailleurs. Pour leur rendre hommage, ci-dessous, quelques images ramenées par nos photographes Beekash Roopun, Yudish Ramkhelawon et Devind Jundhoo, au fil du temps… À vous tous, bonne fête et bon courage !







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