Flacq : la leçon de courage de Sailesh Paupiah

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Sailesh Paupiah sous la varangue d’un magasin, avec ses sculptures.

Sailesh Paupiah sous la varangue d’un magasin, avec ses sculptures.

Impossible de le rater. Assis sous la varangue d’un magasin, dans le centre de Flacq, Sailesh Paupiah est concentré. Il grave une de ses sculptures. On ne le dirait pas comme ça, mais c’est surtout grâce à un concours de circonstances que ce père de famille s’est retrouvé à faire ce métier.

Avant, Sailesh Paupiah, qui habite au morcellement Sans Souci, Montagne-Blanche, travaillait dans la construction. Mais un jour, en l’an 2000, en sortant du travail, il est victime d’un grave accident. Il est amputé du pied gauche et se retrouve, du jour au lendemain, sans emploi. Cette tragédie sera à jamais gravée dans sa mémoire. «Cela n’a pas été facile pour ma famille et moi. Ma vie a totalement basculé lorsque j’ai perdu mon pied.»

Forcé de rester cloîtré entre quatre murs, l’homme raconte qu’il en avait perdu le sommeil. «Je me sentais agacé à ne rien faire.» Mais deux ans après, sa vie prend une nouvelle tournure. «J’ai appris que la SMEDA offrait des cours gratuits au centre social du village.»

Intéressé, Sailesh Paupiah s’inscrit. Pendant six mois, il sera initié à la sculpture. Mais Sailesh Paupiah veut se démarquer des autres. C’est ainsi qu’il commence à sculpter des noix de coco. «J’aimais beaucoup ce que je faisais car depuis mon enfance, j’étais attiré par la sculpture», dit-il.

Sailesh Paupiah, décidé de mettre à profit sa passion pour la sculpture.

Par la suite, Sailesh Paupiah commence à travailler de chez lui. Il débute par de petites sculptures en noix de coco et en bois, avec l’aide de son épouse Vanisha et de sa fille Ashika. Au fur et à mesure, il prend confiance en lui. Et sculpte porte-monnaie, pendentifs, bracelets et chaînes.

Quelques mois après, Sailesh Paupiah décide de porter une prothèse. Il a envie d’être plus indépendant et veut travailler dans un endroit accessible et fréquenté. C’est ainsi qu’il s’installe sous la varangue d’un magasin, dans le centre de Flacq.

Il y a peu, il a même acheté une voiture automatique. «Cela facilite mes déplacements. Grâce à ce métier, je me sens bien dans ma peau, j’ai désormais une vie normale comme tous les pères de famille et je continuerai à la mener avec un grand plaisir.»

Une publication du quotidien BonZour!

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