Saisie de drogue: Navind Kistnah finalement en cour ce lundi?

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Fin de cavale. Le suspect Navind Kistnah, encadré de deux membres de l’ADSU, est rentré à Maurice samedi 15 avril. Et depuis il est resté en détention policière.

Fin de cavale. Le suspect Navind Kistnah, encadré de deux membres de l’ADSU, est rentré à Maurice, samedi 15 avril. Et depuis il est en détention policière.

«On a envoyé une correspondance au commissaire de police et au DCP de la brigade antidrogue pour indiquer que les services de Me Rama Valayden et de moi-même ont été retenus mais on n’a eu aucun retour.» Me Neelkanth Dulloo a, du reste, poireauté devant la New Court House, dimanche 16 avril, et ce, jusqu’à la fermeture. À attendre que son client, Navind Kistnah, passe devant la Bail and Remand Court. Mais il n’en a rien été.

Navind Kistnah est arrivé à Maurice samedi après son arrestation à Johannesburg,, en Afrique du Sud, dans le cadre de la saisie record des 135 kg d’héroïne valant Rs 2 milliards, dissimulés dans des compresseurs. «Il a été piégé. Il n’a rien à voir avec cette affaire de drogue», insiste un membre de la famille. Des bijoux ont été saisis chez la famille Kistnah mais ils appartiennent à sa mère, obtenus lors de son mariage, ajoute-t-il.

En Cour ce matin, ses proches, dont sa mère, mais aussi son avocat l’y attendaient. Au final, ils apprendront que l’Anti-Drug and Smuggling Unit s’est prévalue de l’article 31 de la Dangerous Drug Act pour le placer en isolement pendant 36 heures. Selon cette disposition de la loi, dans le cadre du délit qui est reproché au suspect, «a police officer not below the rank of Superintendent of Police may, subject to this section, direct that the person arrested be detained in police custody for a period not exceeding 36 hours from his arrest, without having access to any person other than a police officer not below the rank of Inspector or a Government Medical Officer and, in any such case, that person shall be detained accordingly».

Me Neelkanth Dulloo conteste la constitutionalité même de cette clause de la loi. Lorsqu’une personne est placée en état d’arrestation, il doit y avoir un «judicial control» et le suspect doit être présenté devant un tribunal «without undue delay». «Je comprends que sous la Dangerous Drug Act, un suspect peut être isolé pendant 36 heures, mais la loi stipule également qu’un détenu doit comparaître devant un tribunal dans les plus brefs délais.»

Quoi qu’il en soit, ni l’avocat, ni les membres de la famille n’ont vu Navind Kistnah depuis son arrivée au pays hier. «Nous n’avons aucune communication avec la brigade antidrogue depuis son arrestation», confie un membre proche de la famille Kistnah.

Selon nos recoupements d’informations, le frère du suspect était en communication permanente avec lui lorsqu’il était en Afrique du Sud. «Le 30 mars, il a appelé son frère, pendant uniquement 20 secondes, sur Whatsapp pour l’informer de son arrestation. Il lui a dit de retenir les services d’un avocat», confie une source proche de la famille.

Celle-ci ajoute que Navind Kistnah ne voulait pas revenir à Maurice de peur d’être arrêté. «On lui avait dit qu’il ne sera pas relâché sous caution, une fois arrêté pour une affaire de drogue. Donc, par crainte, il ne voulait pas revenir à Maurice.»

N’ayant aucune nouvelle après son arrestation, la famille a pensé au pire. Elle a même cru que le courtier maritime avait été enlevé… Depuis hier, son angoisse s’est accentuée. «Les frères se sont rendus aux Casernes centrales mais ont été informés que des instructions ont été données pour que le suspect soit mis en isolement...» Et plus personne n’a eu de contact avec Navind Kistnah depuis.

La mère: «Je ne sais pas dans quel état il est…»

En cour hier, elle a apporté des vêtements pour son fils. Elle pensait qu’elle allait pouvoir enfin le voir, après son arrestation et son arrivée au pays hier.

Cette habitante de Camp-Benoît, Petite-Rivière,  n’a finalement pas pu voir son fils, Navind Kistnah. «C’est à travers la presse que j’ai appris l’arrivée de Navind mais je n’ai toujours pas pu le voir. Je ne sais pas dans quel état il est. Je m’inquiète pour lui», déclare la mère de Navind Kistnah – elle n’a pas voulu donner son nom.

Depuis toute cette affaire, elle a dû faire face à l’hostilité de ses voisins. «J’ai travaillé dans une usine. On me dit qu’il y a des ragots sur moi en mon absence», confie cette ouvrière qui a dû prendre sa retraite en décembre pour des raisons de santé.

Et d’affirmer que son fils est innocent. Depuis qu’il voyage, elle a cependant pu parler à son fils une seule fois. «Il m’avait dit qu’il comptait voyager pour des raisons professionnelles. À son arrivée, il m’appelle pour me dire : ‘Mama monn bien rantré’.» Depuis, plus aucune nouvelle de son fils. Jusqu’à hier.

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Les choses ont démarré début mars. Les autorités découvrent 135 kilos d’héroïne dissimulés dans des compresseurs sur le MSC Ivana. Les soupçons se portent sur Navind Kistnah, qui la veille avait déjà quitté l’île Maurice. Pour mieux comprendre cette actualité, voici tous les développements liés à cette affaire.

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