Jugaad Creative Studio - architecture et écologie: de jeunes engagés au front

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(De g. à dr.) Reshma Kholeegan architecte, Emma Montocchio, conscience écologiste, et Valentine Lenoir, architecte d’intérieur, toutes de Jugaad Creative Studio.

(De g. à dr.) Reshma Kholeegan architecte, Emma Montocchio, conscience écologiste, et Valentine Lenoir, architecte d’intérieur, toutes de Jugaad Creative Studio.

Ces jeunes femmes sont déterminées. Non seulement à faire valoir leurs convictions écologiques, mais également à développer une nouvelle culture  en proposant des méthodes innovantes. 

Adopter une attitude constructive. Un must pour les jeunes architectes de Jugaad (innovation en hindi) Creative Studio, qui existe depuis janvier 2017. Déclaration d’intention d’emblée, de Reshma Kholeegan, architecte : «Nous voulons faire bouger les choses, bousculer l’ordre établi. Nous sommes une génération qui veut utiliser d’autres méthodes.»

D’abord, un forum qui s’est déroulé jeudi. Puis, une exposition d’œuvres conceptuelles à The Hive, Saint-Pierre, qui a pris fin hier. Deux actions pour un thème : la préservation des zones humides.

«Ces zones fragiles subissent énormément de pressions à cause des impératifs du développement foncier. Beaucoup de citoyens ne savent pas à quoi servent les zones humides. Nous n’apportons pas de solutions précises, mais proposons une réflexion», explique Emma Montocchio. Avec son parcours dans la préservation de l’environnement (notamment deux ans dans la biologie marine avec Reef Conservation), elle a trouvé sa place chez Jugaad.

Œuvre intitulée «Drugsmap» de l’architecte Reshma Kholeegan.

«Nous ne voulons pas nous contenter de dire que le gouvernement est responsable et ne fait rien, nous voulons réveiller les consciences. Port-Louis est construit sur des marécages, on ne va pas tout détruire.» Valentine Lenoir, architecte d’intérieur précise: «Ce n’est plus l’architecte qui dit comment il faut faire, c’est collectivement qu’il faut trouver des solutions.» 

Jugaad n’est pas un cabinet d’architectes, mais un creative studio, nuance Reshma Kholeegan. La différence : la structure regroupe les architectes Nicolas Dalais et elle-même, une architecte d’intérieur, Valentine Lenoir et la conscience écologique du groupe : Emma Montocchio. De ce frottement a jailli l’envie d’«exprimer des données scientifiques par le biais de l’art», poursuit Reshma Kholeegan. En expérimentant, au passage, l’art d’attirer l’attention sur le potentiel économique non négligeable des zones humides (voir hors texte). 

«L’architecte n’est plus spectateur, mais acteur du développement durable», affirme Valentine Lenoir. Elle définit davantage l’action de Jugaad : «Ce n’est pas un message politique ou engagé, c’est trouver des solutions ensemble, sans imposer notre point de vue.» Comment réagissent les clients de Jugaad aux convictions écologiques de cette nouvelle génération de professionnels qui peut accompagner un projet de A à Z? 

«Nous proposons des concepts adaptés à la réalité du client», affirme Reshma Kholeegan. «Nous restons connectés à la réalité. Tout est dans la manière de penser.» Elle reconnaît que ces convictions n’ont pas encore touché tous les publics. «C’est do more with less, une manière de penser à l’urbanisme qui n’est pas forcément tangible, mais c’est là», conclut  Valentine Lenoir.     

Zones humides: parlons argent

En toutes lettres sur un panneau: «Saviez-vous que les zones humides de Roches-Noires représentent des services équivalant à Rs 15 millions par mois?» Cette question clé fait partie de l’exposition que Jugaad consacre aux zones humides, dans un effort de conscientisation sur la nécessité de préserver ces zones malgré les fortes pressions du développement. Comment Jugaad est-il arrivé au chiffre de Rs 15 millions par mois ? Emma Montocchio explique qu’ils se sont basés sur le rapport de «The Economics of Ecosystems and Biodiversity». Un rapport basé sur des mesures dans le monde que Jugaad a transposées au contexte local. «Ce sont des valeurs internationales, ce qui veut dire qu’il y a encore des études à faire ici.» En somme, c’est calculer la valeur monétaire des services offerts par les zones humides, pour la rétention d’eau, la production d’énergie, etc.

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