Le MSM peut-il se permettre de gouverner seul ?

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Une éventuelle démission d’Ivan Collendavelloo du gouvernement permettra au parti orange de conquérir le poste du no 2 du gouvernement.

Une éventuelle démission d’Ivan Collendavelloo du gouvernement permettra au parti orange de conquérir le poste du no 2 du gouvernement.

Trois mois après le départ du Parti mauricien social-démocrate, le Mouvement socialiste militant (MSM), avec ses 36 députés, peut se retrouver seul pour gouverner le pays. Et le parti orange sait que si le ML quitte le gouvernement, il ne perdra pas tous ses sept députés.

Un dirigeant orange a d’ailleurs confié que le parti peut compter sur au moins quatre parlementaires pour terminer son mandat. Soit, Sangeet Fowdar, Toolseeraj Benydin, Anwar Husnoo, et le quatrième pourrait être soit Ravi Rutnah soit Eddy Boissézon.

Ce dernier est un fidèle d’Ivan Collendavelloo, mais il semble être au bout de sa carrière politique. «Qu’il reste ministre pour les deux ou trois prochaines années», a indiqué un proche du ML. Quant à Ravi Rutnah, il peut jurer fidélité à Ivan Collendavelloo, d’autant plus qu’il est un jeune professionnel.

Une éventuelle démission d’Ivan Collendavelloo du gouvernement permettra au parti orange de conquérir le poste du no 2 du gouvernement. On se souvient que Showkutally Soodhun avait fait montre de son mécontentement quand le leader du ML a été nommé Deputy Prime Minister.

Gouverner seul permettra au MSM de réaliser quelques promesses électorales et satisfaire son électorat qui fait partie des circonscriptions rurales, soutient un dirigeant orange. Cela, afin de mieux contrer le Parti travailliste, qui compte aussi sur les électeurs des régions rurales pour un comeback aux affaires du pays.

Anil Gayan : un parcours politique en dents de scie

Cet ancien lauréat a commencé sa carrière politique en 1982. Anil Gayan, alors Senior Crown Counsel, démissionne de son poste pour se porter candidat sous la bannière du Mouvement militant mauricien (MMM). Et comme tous les 29 candidats du MMM-Parti socialiste mauricien (PSM), il est élu.

Après la cassure de l’alliance MMM-PSM, il se range du côté du MSM de sir Anerood Jugnauth (SAJ) et est élu en août 1983. Il devient ministre des Affaires étrangères.

Trois ans après, le MSM connaît une dissidence dans le sillage de l’affaire Amsterdam. Anil Gayan démissionne du parti, en compagnie de Kader Bhayat, Rohit Beedassy et Kishore Deerpalsing.

Juste avant les élections de 1987, il crée un parti politique avec l’intention de se rallier au MMM. Mais les mauves préfèrent participer aux élections aux côtés du Mouvement travailliste démocrate d’Anil Bachoo.

Anil Gayan s’abstient alors de ces élections. Il connaît par la suite une longue traversée du désert jusqu’à l’an 2000, où il réintègre le MSM peu avant les élections de septembre. Élu, il est nommé ministre des Affaires étrangères.

Quelques semaines après l’accession de Paul Bérenger au poste de Premier ministre, Anil Gayan est nommé ministre du Tourisme. À partir de là, un froid s’installe entre lui et Pravind Jugnauth, devenu leader du MSM après que SAJ a accédé au poste de président de la République.

Après les élections de 2005, le fossé grandit entre le leader du MSM et Anil Gayan. D’abord, le MSM expulse Vijaya Sumputh, alors à la tête de la Tourism Authority, quand Anil Gayan était ministre du Tourisme. Ce dernier, insatisfait de cette expulsion, s’en prend aux dirigeants du parti et est à son tour expulsé du MSM.

En 2009, après que le siège d’Ashok Jugnauth a été déclaré vacant, il y a une partielle au no 8. Anil Gayan crée le Front national mauricien et participe en tant que leader de ce parti à cette partielle. Il est battu à plate couture. Il ne participe pas aux élections de 2010. Ce n’est qu’en 2014 qu’il refait son apparition sur l’échiquier politique. Et en 2017, début du mois d’avril, on peut dire que les relations entre Anil Gayan et Pravind Jugnauth ressemblent à celles de 2005. Où tout avait commencé avec… Vijaya Sumputh !

Conseil : les ministres se font discrets

Le ministre du Tourisme, Anil Gayan, n’a répondu à aucune question des journalistes à sa sortie du Conseil des ministres,hier,vendredi 31 mars

Aucune déclaration d’Anil Gayan ni d’Anwar Husnoo, hier,vendredi 31 mars, à leur sortie du Conseil des ministres. En effet, alors que le ministre du Tourisme a refusé de répondre aux questions des journalistes avant d’entrer, le visage crispé, dans sa voiture, le ministre de la Santé a, lui, simplement préféré éviter les journalistes. Le leader du Muvman Liberater (ML), Ivan Collendavelloo, a, pour sa part, déclaré que la réunion du Cabinet s’est déroulée «dans une atmosphère formidable». Idem du côté d’Eddy Boissézon. «Il n’y a rien», a-t-il répliqué. Les autres membres du gouvernement n’ont également rien laissé transparaître quant à l’affaire Sumputh. Interrogé sur le désaccord entre Anil Gayan et Anwar Husnoo, Showkutally Soodhun, ministre du Logement et des terres, a observé un long silence avant de répondre qu’il était «fatigué». Quant à Étienne Sinatambou, ministre de la Sécurité sociale, il a affirmé qu’il n’y a «aucune guerre au Conseil des ministres. L’atmosphère est sereine au sein du gouvernement». Par ailleurs, la réunion du bureau politique du ML aura lieu le lundi le 3 avril, à Port-Louis. La démission de la directrice du Trust Fund For Specialised Medical Care, Vijaya Sumputh, ainsi que les points de désaccord entre les ministres Anil Gayan et Anwar Husnoo sur cette affaire devraient être abordés.

Réactions

«L’express» a tenté de sonder les députés du Muvman Liberater pour savoir s’ils pensent que leur parti a toujours sa place dans l’alliance gouvernementale et s’ils appréhendent une éventuelle décision du MSM de briser l’alliance.

Ravi Rutnah, Deputy Chief Whip :

«Je ne parle pas à l’express

Sangeet Fowdar, député de la circonscription n°6

«Pourquoi cette question ? Nous aurons des discussions lors du bureau politique du ML qui aura lieu la semaine prochaine.»

Anwar Husnoo, ministre de la Santé

«Je n’ai rien entendu à ce sujet», a répliqué le ministre à la question s’il restera au gouvernement en cas de cassure de l’alliance.

Toolsyraj Benydin, député de la circonscription n°15

«L’alliance gouvernementale est toujours solide. Je ne crois pas que le MSM éjectera le ML. Notre leader, Ivan Collendavelloo, s’est exprimé à ce sujet et a indiqué que l’alliance est toujours là. Il n’y a aucun problème.»

Ivan Collendavelloo, Premier ministre adjoint

Il est resté injoignable.

Anil Gayan et Eddy Boissézon

Les deux ministres sont également restés injoignables.

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