Bambous : La championne de «muay thai» encadre les jeunes

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Encadrer et entraîner les enfants, qui se tournent vers eux, est presque une mission pour Ranini et Patrick Cundasawmy

Encadrer et entraîner les enfants, qui se tournent vers eux, est presque une mission pour Ranini et Patrick Cundasawmy

Elle a récemment fait les grands titres en tant que championne du monde de «muay thai». Fierté de sa famille et de la localité, Ranini Cundasawmy est aussi une femme au grand cœur, qui offre son temps aux jeunes.

La jeune femme, qui nous accueille chez elle, est loin de l’image de la championne du monde de muay thai chez les moins de 50 kg, qui déploie sa force sur un ring. Dans son intimité, Ranini Cundasawmy est celle chez qui pointe encore un reste de timidité, même si la détermination qui la caractérise est omniprésente. Avec son époux et coach, Patrick, elle partage une passion autre que la boxe : travailler avec les plus jeunes.

Les yeux de la championne s’illuminent dès qu’elle nous parle de ces enfants et adolescents avec qui elle travaille, certains depuis un bon moment, d’autres depuis un mois à peine.

Outre ses entraînements personnels, Ranini Cundasawmy dédie plusieurs jours de sa semaine à faire du bénévolat avec des enfants. Depuis peu, elle passe une partie de la journée de lundi à initier les élèves de l’école familiale de l’ouest au muay thai.

Cette collaboration est née d’un besoin de canaliser le trop plein d’énergie des adolescents qui fréquentent cette institution travaillant avec les recalés de l’ex-CPE et même du préprofessionnel, qui se situe à Bambous.

«Ils étaient hyperactifs en classe et on nous avait conseillé de les initier au sport. Or, nous n’avions pas les moyens de nous payer un coach. Il nous fallait un bénévole pour travailler avec eux et Ranini a répondu à l’appel», confie Nicole Burzoo, la directrice de l’école.

D’ailleurs celle-ci dit avoir déjà noté les effets positifs sur les élèves. «Déjà ils sont plus calmes. C’est aussi un moyen de les encadrer et de déceler les talents chez ces jeunes qui, souvent, évoluent dans des milieux difficiles», dit-elle avec satisfaction.

Outre ces élèves, Ranini et Patrick Cundasawmy encadrent depuis encore plus longtemps des enfants et des adolescents de la région à travers l’école de boxe Bambous Martial Arts. «Ces enfants représentent beaucoup pour nous. Même si nous nous sentons parfois fatigués, nous retrouvons la motivation en les côtoyant», confie la championne dans un large sourire.

En effet, elle entraîne des enfants et des femmes les jeudis au centre communautaire de Bambous. Depuis toujours, c’est son époux qui y dispensait des cours à tous ceux qui voulaient faire de la boxe. Petit à petit, Ranini a commencé à en animer aussi et désormais ses jeudis sont exclusivement dédiés aux femmes et aux enfants.

«Très peu de femmes venaient auparavant. Nous avions noté un intérêt de la part de celles qui venaient déposer leurs enfants mais elles n’osaient pas. Mais lorsque Ranini a commencé à animer les entraînements, elles se sont décidées», raconte Patrick Cundasawmy.

«Elles sont plus à l’aise avec moi et il y en a même une en qui nous avons de grands espoirs car elle a fait de gros progrès en trois mois», dit Ranini, avec la satisfaction de voir plus de femmes pratiquer cette discipline.

Encadrer les enfants et les adolescents qui fréquentent le Bambous Martial Arts est un autre volet du travail qu’effectue le couple. Et cela dépasse le cadre purement sportif. C’est un moyen de leur apprendre la vie et d’empêcher qu’ils ne tombent dans les fléaux sociaux, de plus en plus présents.

«On ne vient pas ici juste pour apprendre à donner des coups de poing et des coups de pied. On y apprend aussi à gérer ses émotions, forger son caractère et devenir un humain avant tout», dit Patrick Cundasawmy. Pour Ranini, c’est aussi une mission de faire comprendre à ces jeunes que la vie est belle, qu’elle vaut la peine d’être vécue. Ainsi avec eux, elle organise également des activités en vue de développer leur créativité. Il y a aussi des sorties, des cours de cuisine ou encore d’apprentissage de la courtoisie.

C’est un investissement personnel qu’elle fait pour rendre à la société ce qu’elle reçoit. «Tout cela est gratuit car nous-mêmes nous avons eu tout cela gratuitement», dit la championne du monde de muay thai avec de la reconnaissance envers tous ceux qui l’ont soutenu durant son parcours.

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