Saisie de 155 kg d’héroïne: les confidences de Shahebzada Azaree

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Son nom est cité avec insistance depuis le 9 mars. Shahebzada Azaree, le propriétaire de Gloria Fast Food, est actuellement dans le collimateur des autorités. Mais il nie toute implication dans l’importation des 155 kg d’héroïne saisis dans le port depuis ces dernières semaines.

«C’est à la radio, comme tout le monde, que j’ai appris que je n’ai plus le droit de voyager.» Lorsque nous le rencontrons, Shahebzada Azaree est dans son bureau à la rue Desforges, en compagnie de sa famille. Le gérant de Gloria Fast Food essaie d’avoir l’air décontracté, mais le stress se lit sur son visage. Il pèse chacun de ses mots. «Je me suis retrouvé au milieu de cette affaire malgré moi. C’est pour cela qu’il faut que je fasse attention à ce que je dis. Déjà qu’une amitié a joué contre moi…»

«J’apprends beaucoup de choses sur moi dans la presse»

Son passeport est toujours en sa possession. Le Passport & Immigration Office ne l’a pas repris, du moins pas encore. Et c’est justement pourquoi il se pose des questions sur l’interdiction. «Vous savez, j’apprends beaucoup de choses sur moi dans la presse ces jours-ci», dit-il, s’essayant à un brin d’humour.

Depuis que son nom est cité suivant la saisie de 155 kg d’héroïne dans le port, il explique que le regard des gens a changé sur lui. Sa femme, Farzana Azaree, affirme également être une victime dans cette affaire. «Ma fille aînée est en HSC cette année. Elle est complètement traumatisée. Déjà qu’être accusés à tort est pénible, mais lorsque mes enfants sont touchés, c’est encore plus intolérable», fustige-t-elle.

Farzana Azaree explique que la semaine dernière, un automobiliste a failli avoir un accident à la rue Desforges. «Telman pé vey par isi, pé rod koné si nou la sa, li pa ti pé get simé !»

Shahebzada Azaree sait que sa proximité avec Navind Kistnah est la cause de ses problèmes. Mais il affirme que sa vie n’a aucunement changé depuis qu’il connaît le présumé cerveau de cette affaire. «J’ai un commerce qui marche. Si j’étais dealer, vous pensez que j’aurais mis trois ans avant de compléter l’extension de ma maison ? Ou que je raterais les paiements pour ma voiture ?» De préciser que sa BMW a été achetée à crédit et que la voiture a maintenant neuf ans.

«Tout ce que nous avons aujourd’hui, nous avons travaillé pour l’avoir»

«Tout ce que nous avons aujourd’hui, nous avons travaillé pour l’avoir. Je suis mariée depuis 15 ans. J’ai travaillé avec mon mari, même lorsque j’étais enceinte. Nous avons tout donné pour avancer et arriver là où nous en sommes. E kan ou arivé, tou kalité tas vinn lor ou», interjette Farzana Azaree.

Les deux hommes se sont connus au casino, il y a huit mois environ. «Vous savez, lorsque vous vous liez d’amitié avec quelqu’un, vous ne lui demandez pas son casier judiciaire», lâche Shahebzada Azaree. Outre les jeux de hasard, les deux hommes partagent la même passion pour les courses hippiques.

D’ailleurs, en parlant, Shahebzada Azaree consulte les reçus de ses gains et essaie d’y mettre de l’ordre. Sa femme et lui sont des habitués du Champ-de-Mars depuis longtemps et il était membre d’une écurie bien avant qu’il ne rencontre Navind Kistnah.

En ce court laps de temps, les deux amis ont effectué un voyage ensemble. Le propriétaire de Gloria Fast Food devait effectuer un voyage familial en compagnie de deux autres amis. Navind Kistnah s’est joint au groupe à la dernière minute, martèle Shahebzada Azaree.

«Nous ne sommes pas allés à Dubaï, comme tout le monde le dit.» De plus, Shahebzada Azaree indique être rentré au pays bien après Navind Kistnah, car il avait d’autres obligations familiales à Londres. De faire ressortir que s’il opérait de concert avec le présumé cerveau, il aurait quitté le pays avec lui avant le début de l’enquête.

Et Gianchand Dewdanee ? Shahebzada Azaree ne le «connaît pas». D’ailleurs, il ne l’a jamais croisé.

Depuis quelque temps, des photos de Shahebzada Azaree en compagnie des membres du PTr circulent. Une éventuelle protection sous le régime précédent a même été évoquée. Mais le principal concerné dément en bloc. Il n’est ni membre ni même un proche du parti.

Ces photos ont été prises à un dîner auquel il était convié. «Mon beau-frère est un proche du parti. Il m’avait invité à la célébration d’un anniversaire du parti, je ne me souviens plus quand. Et comme tout le monde, j’ai voulu faire une photo avec l’ancien Premier ministre», se justifie Shahebzada Azaree.

«J’attends d’être convoqué car j’ai l’intention de collaborer pleinement avec les autorités. Jusqu’à présent, les seules fois où j’ai été inquiété par la police remontent à mes débuts comme marchand de kebab. Je ne veux pas repasser pas là.»

Descente de l’ADSU

Jusqu’à présent, la famille Azaree n’a été contactée par aucune instance qui enquête sur la saisie des 155 kg d’héroïne. Mais l’Anti Drug Smuggling Unit (ADSU) a fait une descente chez lui lundi. «Ils ne m’avaient pas prévenu. Je n’étais pas à la maison à ce moment-là, mais il y avait des travailleurs. S’il y avait quelque chose de compromettant, ils ne m’auraient pas laissé en liberté !» souligne le gérant de fast-food.

Une publication du quotidien BonZour!

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Les choses ont démarré début mars. Les autorités découvrent 135 kilos d’héroïne dissimulés dans des compresseurs sur le MSC Ivana. Les soupçons se portent sur Navind Kistnah, qui la veille avait déjà quitté l’île Maurice. Pour mieux comprendre cette actualité, voici tous les développements liés à cette affaire.

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