Parlement: la Prime Minister’s Question Time monopolisée par un député du MSM ?

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Sudesh Rughoobur, député du n°6, interrogera le PM sur les pratiques du Central Procurement Office, entre autres.

Sudesh Rughoobur, député du n°6, interrogera le PM sur les pratiques du Central Procurement Office, entre autres.

Ne vous attendez pas à un Prime Minister’s Question Time (PMQT) électrique après la Private Notice Question (PNQ) de Xavier-Luc Duval, ce mardi 28 mars, pour la rentrée parlementaire. Cette demi-heure réservée aux interpellations au Premier ministre risque fort de passer comme une lettre à la poste pour Pravind Jugnauth.

Pour cause : les quatre premières questions à l’agenda sont celles de Sudesh Rughoobur. Le député du Mouvement socialiste militant (MSM) de la circonscription nº 6 (Grand-Baie-Poudre d’Or) s’intéresse aux pratiques du Central Procurement Office et celles de l’Independent Review Panel. Il n’en fallait pas tant pour mettre Roshi Bhadain hors de lui, hier.

Lors d’une conférence de presse, le leader du Reform Party a crié au «viol du temple de la démocratie». Comment cela ? «Sudesh Rughoobur va engloutir la majeure partie, sinon l’intégralité, de cette PNQ alors que des questions portant sur Álvaro Sobrinho (23e question à l’agenda) et Rum and Sugar (21e question à l’agenda) ont peu de chances d’aboutir, faute de temps», explique l’ancien ministre.

Du côté du Parti mauricien social-démocrate (PMSD), la même frustration est exprimée par un des dirigeants. «Je crois comprendre que certains backbenchers du gouvernement ont soumis jusqu’à 16 questions. Partant du principe que chaque député peut poser quatre questions, cette situation risque de se répéter pour les prochaines semaines», souligne-t-il.

Même si les Standing Orders du Parlement ne précisent rien sur l’ordre des questions, Dev Ramnah, ancien Speaker, explique que la pratique veut que le clerc de l’Assemblée nationale donne la priorité à ceux qui ont soumis leurs questions en premier. «Mais c’est la Speaker qui donne l’aval final», dit-il.

Interrogé sur sa démarche, Sudesh Rughoobur se défend de vouloir empêcher aux membres de l’opposition de s’attaquer au Premier ministre. «J’ai soumis certaines questions depuis début janvier. Bien sûr que je veux que mes questions soient prises. Mais je ne fais pas cela pour barrer la route à l’opposition.» Il affirme que ses questions sont tout aussi importantes que les leurs.

«D’ailleurs, mes questions qui ont été retenues aujourd’hui sont adressées au ministre des Finances, poursuit le député. Quand je les ai soumises à l’Assemblée nationale, Pravind Jugnauth n’était pas Premier ministre.» Sudesh Rughoobur ajoute qu’il a soumis 52 questions pour les 13 prochaines séances.

Dev Ramnah déplore cette pratique : «52 questions, cela ressemble à de l’abus.» L’ancien Speaker estime que c’est une «perversion» du système. «Les deux Whips doivent y remédier en discutant avec la Speaker. Techniquement, un député ne peut pas soumettre des questions pour plus d’une séance car officiellement, la date d’une séance est fixée à la fin de la précédente.»

Au Mouvement militant mauricien (MMM) en revanche, on ne s’en plaint pas. Rajesh Bhagwan, ex-Whip de l’opposition, dit se fier uniquement au principe du premier venu premier servi. «C’est vrai que certains députés du MMM ont soumis des questions plus tard que les autres puisqu’ils n’étaient pas au pays. Il faut qu’on s’y fasse. Par contre, quand une question n’est pas prise, il faut que le ministre y réponde par écrit. Selon mes comptes, il y a plus de 50 questions posées de la dernière séance qui sont restées sans réponse.»

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