Komiko le film: Pas de Panik

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Nouvelle étape pour la troupe de Miselaine Duval. Elle tourne actuellement un long-métrage : «Panik». Date de sortie du film : juillet 2017. Au détour de l’histoire d’un homme, qui n’arrive pas à choisir entre deux femmes, c’est surtout une preuve de la détermination de ces artistes d’avancer.

Miselaine Duval : l’envie d’exister

C’est la première des Komiko au cinéma. Directement en mode long-métrage. Elle a fait appel au réalisateur français Nicolas Fay. La sortie du film est prévue pour juillet 2017. La distribution sera assurée par MCiné.

La route jusqu’au début du tournage, le 8 mars dernier, a été semée d’embûches, indique Miselaine Duval, responsable des Komiko et de la société Karavann Events, la structure qui gère la troupe. «C’est surtout pour obtenir les autorisations de tournage que cela coince. Vous faites une demande deux mois avant et deux jours avant le tournage, on vous dit que ce n’est pas possible», souligne-t-elle.

Mais cela n’a pas entamé sa détermination. «On ne va pas passer notre temps à regarder ce que font les autres pays. On veut avancer. Certains critiquent souvent les amateurs mais que font-ils pour soutenir la professionnalisation ? C’est dommage qu’il faille à chaque fois justifier ce que l’on fait auprès des autorités. On dit que les artistes se plaignent mais quand ils prennent des risques personnels, on leur dit non.»

Les nouveaux visages de la troupe

Lydia None et Daryl Marrier.

Le film a des séquences de flash-back. C’est Lydia None, qui joue le rôle de Miselaine Duval jeune. Daryl Marrier campe le rôle d’Alexandre Martin jeune. Il a débuté avec les Trioko dans Super Bouboule. Olivier Sirop joue le rôle de Wesley Duval jeune. Un personnage «un peu fou, qui fait passer les autres avant lui».

Les parents de Lydia None et Daryl Marrier dans le film sont joués par Abdool Cader Rampath, plus connu comme Joe, et Kamal Kanhye, plus connue comme Mila. Ils appartiennent à une jeune compagnie nommée Honeywood.

Le clapman, vendredi, était William Ernest. Il est aussi comédien. Il jouera le rôle d’un journaliste venu couvrir un suicide, dans Panik.

Nicolas Fay, réalisateur français : il a côtoyé Luc Besson

Nicolas Fay, réalisateur français.

Panik est le premier long-métrage du réalisateur français Nicolas Fay. Il est armé d’un CV impressionnant, ayant roulé sa bosse dans les grands studios : Disney, Pixar. Il s’est frotté à des réalisateurs qui tournaient des pubs pour des marques prestigieuses : Roman Polanski, Ridley Scott. Mais c’est la «vraie vie» qui l’intéresse.

En Miselaine Duval avec qui, «on ne peut que devenir ami tout de suite», Nicolas Fay voit un «miroir de ce que je suis dans la vie : boulimique et rêveur». Ce projet de film, ils en parlent depuis dix ans.

Depuis l’année où il a débarqué à Maurice pour tourner des images pour le lancement d’Orange. «Je connaissais Maurice comme un touriste, comme un bon konn tou que je suis.» Ce qui l’interpelle sur le tournage : une équipe «bizarre», qui signe des autographes. Renseignement pris, c’est les Komiko. «Bien que ne parlant pas créole, j’ai ensuite assisté à une pièce où j’ai ri comme jamais. Il y avait un potentiel pas juste comique, mais aussi humain parce que chacun fait autre chose à côté, porte des câbles, bouge des chaises etc.»

L’envie de raconter des histoires le prend très tôt. À 17 ans, Nicolas Fay veut tellement faire des films qu’il arrête ses études. La première personne de ce milieu qu’il rencontre, c’est Luc Besson. «À l’époque, il faisait Nikita. J’ai forcé la porte d’un studio où il tournait. J’ai dormi devant la porte de ce studio pendant deux jours et j’ai pu lui parler. Je lui ai dit que j’ai envie de raconter des histoires en lui demandant comment on fait.»

«J’avais le cinéma comme croyance.»

Le recul aidant, c’est avec le sourire que Nicolas Fay confie : «Évidemment il ne m’a pas pris, j’étais trop jeune. Mais il m’a dit que la meilleure manière de faire du cinéma, ce n’est pas de devenir assistant, mais de passer par le montage. À l’époque, Luc Besson était Dieu et j’avais le cinéma comme croyance.» Ce qui explique pourquoi pendant 15 ans, Nicolas Fay fait du montage de pubs, de clips, de longs-métrages. «J’étais très frustré de ne pas être sur les plateaux, mais ça m’a tout appris.»

L’arrivée des effets spéciaux le propulse auprès de réalisateurs prestigieux «sur les tournages, pour les conseiller». Il cite notamment Roman Polanski. «J’étais un jeune merdeux et je rencontrais des gens qui avaient fait des œuvres majeures.»

En 2000, une agence lui confie la réalisation de sa première pub. Depuis, il comptabilise «500 films publicitaires», affirme Nicolas Fay. Mais il se sent pris au piège. Celui du «gars qui fait des films à un million d’euros avec des stars du foot, mais si on extra- pole cette économie sur une heure trente, je suis dans une industrie extrêmement chère. Ce n’est pas comme cela que je vais faire du cinéma». D’autant plus que ses maîtres à penser sont Claude Lelouch, Dino Risi, des réalisateurs qui ont «fait des films avec rien».

Le synopsis : L’homme qui aimait deux femmes

«Panik», c’est l’histoire d’un homme pris entre deux femmes. Le même jour, à la même heure, son épouse légitime et sa copine sont admises en clinique car toutes deux doivent accoucher. «C’est le chassé-croisé d’un homme, qui est à la croisée des chemins», résume Miselaine Duval. «C’est une comédie dramatique sur la difficulté qu’a l’être humain de choisir.» Le rôle de cet homme est joué par Alexandre Martin. Celui des deux femmes est tenu par Miselaine Duval et Cindy Pierre.

Le réalisateur Nicolas Fay explique, pour sa part, qu’au vendredi 24 mars, l’équipe de «Panik» était à son 17e jour de tournage. Il reste encore deux semaines à boucler.

À la fin de la semaine dernière, «on a considérablement réécrit le film, autour du personnage d’une jeune comédienne, Sheryl Smith». Le réalisateur explique qu’il fait aussi «entrer la population» dans le film. Avec des portraits de gens des quatre coins de l’île, qui parlent de l’infidélité, l’amour. Le tout dans une «liberté que je n’aurai nulle part ailleurs, celle de changer un scénario en cours de route». Comment a réagi Miselaine Duval à ces changements, d’autant plus qu’à la fin de la semaine dernière, elle était absente du tournage pour cause de déplacement à La Réunion ? «Elle m’a dit : t’es fou, mais vas-y.»

Un budget d’environ Rs 5 millions

«Panik» bénéficie du Film Rebate Scheme, confirme Miselaine Duval. Il s’agit d’un rabais de 40 % sur les dépenses du tournage encourues localement. Le budget du film : «Environ Rs 5 millions», avance Miselaine Duval. «On fait avec les moyens qu’on a.» Et les sponsors qui ont accepté de suivre les Komiko dans cette aventure ? «Plusieurs personnes nous soutiennent, mais il y a aussi ceux qui disent, voyons d’abord si cela va sortir.» Nicolas Fay ajoute : «C’est même pas des moyens de court-métrage, c’est vraiment un film indépendant.» Question de fond : «Est-ce que l’on fait un film à l’américaine, avec des moyens misérables ou est-ce qu’on fait un film indépendant ?».

Seeday Ramasamy prête sa maison pour deux jours de tournage

Seeday Ramasamy

C’est grâce à l’assistant de Miselaine Duval que Seeday Ramasamy a accepté de prêter la maison en bois qu’elle occupe, pour les besoins du tournage. Une cour pavée, des fougères, une de ces maisons coloniales comme on en voit presque plus à Port-Louis.

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