Mahen Seeruttun : «Développer l’agriculture bio sur une base commerciale»

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Mahen Seeruttun, ministre de l’Agro-industrie.

Mahen Seeruttun, ministre de l’Agro-industrie.

Le ministre veut assurer la transition vers l’agriculture organique, tout en encourageant les jeunes diplômés à se tourner vers les activités agricoles.

Des terrains ont été identifiés à Plaine-Magnien pour étendre le projet du «Bio Farming» réalisé à Britannia. Y aura-t-il un appel à des promoteurs comme pour la première ferme bio ? 

Laissez-moi vous rappeler qu’il existe un engouement total pour l’agriculture organique. Trop de maladies sont occasionnées par la présence de résidus de pesticides dans ce que nous consommons. Il nous faut absolument revoir notre mode de production de légumes et de fruits. D’où notre démarche à travers la création d’une première zone dédiée à l’agriculture organique à Britannia.

Avant cette ferme, nous avions lancé une expression of interest pour ce type de pratique agricole. Nous avions enregistré une cinquantaine de projets émanant de jeunes entrepreneurs. Une équipe de techniciens de mon ministère s’est attelée à la tâche de les étudier et de voir tous les aspects techniques. Après cet exercice, neuf projets fort intéressants ont été confirmés pour Britannia. 

Les projets continuent à arriver à mon ministère, où une unité consacrée exclusivement à l’agriculture organique a été instituée. Quant au projet de Plaine-Magnien, nous le lancerons aussitôt que tout sera prêt. 

Vous avez déclaré que cette ferme organique serait une plateforme de formation pour d’autres planteurs. Comment ? 

La ferme bio de Britannia doit être un exemple pour d’autres planteurs car ils verront l’application de techniques agro-écologiques grandeur nature. De plus, toute la ferme sera utilisée comme une ferme-école pour les techniciens et les autres fermiers. L’agriculture biologique n’est jamais statique. D’où l’importance d’une formation continue et évolutive pour les fermiers en place et ceux qui viendront apprendre des pionniers. 

De plus, il est très important de noter que chaque site aura sa spécificité liée à la fertilité intrinsèque de la terre, à sa climatologie et à la végétation existante ou non, qu’il faudra créer. C’est la nature qui prend le dessus. La science et les connaissances livresques s’adaptent pour empêcher la détérioration irréversible du site. 

Y a-t-il d’autres projets en vue de la transition vers une agriculture plus durable ? Des aides financières sont-elles prévues pour les agriculteurs ? 

Le ministère, à travers le FAREI, encourage les planteurs à adopter les bonnes pratiques agricoles dans la culture horticole, la culture vivrière aussi bien que dans l’élevage. L’utilisation raisonnée d’intrants chimiques est encouragée. Les produits chimiques dangereux sont déjà proscrits. Le FAREI a une série de publications destinée aux producteurs pour les accompagner dans cette direction. 

Il y a aussi des CD interactifs pour permettre un accompagnement de proximité aux agriculteurs. Le ministère a mis au point le MAURIGAP I, le standard niveau I, pour démarrer. Il permettra aux agriculteurs de commencer graduellement la transition vers le bio, avec le moins de pertes en termes de productivité. Nous avons aussi introduit le Bio-Farming Promotion Scheme pour encourager le développement de l’agriculture organique sur une base commerciale. 

Des aides financières sont prévues pour les agriculteurs afin de leur permettre d’investir dans la modernisation de leurs opérations agricoles. Ils auront droit à financement pour leur projet, aussi bien qu’à l’exemption de la TVA. 


Une station expérimentale à Pamplemousses a déjà été convertie en station bio pour collecter le plus de données possible. 

Qu’a-t-on prévu pour inciter les jeunes à ne pas se détourner de l’agriculture ? 

Les jeunes sont encouragés à se tourner vers les activités agricoles à valeur ajoutée, à travers les clubs. Un projet pour les encourager vers cette filière est à l’étude. Un accompagnement de jeunes diplômés sur une base pilote va démarrer sous peu. 

Le Premier ministre a déclaré qu’il est désormais possible de contrôler la culture de légumes depuis son ordinateur. Pouvez-vous nous en dire plus ? 

L’informatique est devenue un outil qu’on peut utiliser pour améliorer la connaissance technique des fermiers. De plus, les outils tels que l’e-marketing permettent une pénétration ciblée du marché. Des facilités ont été mises en place pour le diagnostic en ligne. Le fermier peut faire identifier les ravageurs ou maladies qui attaquent sa culture, en expédiant des photos prises dans les champs aux laboratoires concernés. 

Des données météorologiques recueillies (humidité et température) aux champs et analysées en temps réel au moyen de programmes digitaux peuvent prévenir l’incidence de maladies saisonnières. Ainsi, le fermier peut protéger sa culture et éviter des pertes conséquentes. 

Pour les cultures intensives et industrielles, le GPS et le Geographical Information System (GIS) peuvent être utilisés pour affiner la correction de la fertilité de la terre de façon ciblée et régulière et gérer l’évolution des maladies aux champs avec précision. Ce qui contribue à éviter des pertes conséquentes à grande échelle. 

En 2015, vous avez annoncé vouloir convertir 50 % de la production agricole en produits bio d’ici 2020. Sommes-nous sur la bonne voie ? 

Nous sommes sur la bonne voie. Déjà, nous pouvons diminuer notre dépendance aux intrants chimiques en les remplaçant par certains intrants bio. Des tests effectués aux champs ont donné des résultats prometteurs. Il y a des défis à relever car nous sommes dans un milieu tropical, où la présence de prédateurs et de maladies est très forte. Nous allons poursuivre nos efforts pour que l’objectif fixé soit atteint. 

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