Taxe tobin: Vienne met la pression sur la Belgique, la Slovaquie

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«Ils doivent s'être décidés en mai», a dit M. Schelling.

«Ils doivent s'être décidés en mai», a dit M. Schelling.

Le ministre autrichien des Finances, Hans Jörg Schelling, a mis la pression mardi sur la Belgique et la Slovaquie pour avancer d'ici mai sur la taxe sur les transactions financières (TTF).

«Ils doivent s'être décidés en mai», a dit M. Schelling, qui coordonne les travaux des dix pays de l'UE voulant mettre en oeuvre la taxe Tobin.

La Belgique et la Slovaquie doivent se prononcer sur un compromis proposé lundi soir à Bruxelles, lors d'une réunion des dix. «S'ils ne l'approuvent pas et quittent le groupe, alors le projet est terminé», a lancé M. Schelling.

Outre ces trois pays, la France, l'Allemagne, le Portugal, la Slovénie, la Grèce, l'Espagne et l'Italie discutent de la mise en oeuvre de cette taxe, dans le cadre de ce que le jargon européen appelle une «coopération renforcée». Pour avoir lieu, une telle coopération doit au minimum comprendre neuf pays.

Pour la Belgique et la Slovaquie se pose la question de la taxation des produits dérivés, qui jouent un rôle important dans le financement de leur système de retraite. Selon le compromis sur la table, les produits dérivés seraient en principe concernés par la taxe, mais chaque pays pourrait décider d'y renoncer ou pas.

«Je suis, comme toujours, optimiste, et confiant que l'on va y arriver», a dit M. Schelling. D'après lui, la Belgique poserait le plus gros problème.

«Il est important que nous ne transformions pas la TTF en taxe sur les retraites», a prévenu pour sa part le ministre belge des Finances Johan Van Overtveldt.

Même en cas d'accord en mai prochain sur cette question, aucune date n'est encore fixée pour l'introduction de cette taxe. 

Car avec la Brexit, plusieurs places financières de l'Europe continentale espèrent pouvoir reprendre une partie des activités de la City, que les banques rapatrieraient dans la perspective de la sortie du Royaume-Unis de l'UE. Or, la TTF, si elle était mise en place, pourrait être considérée comme un sérieux désavantage des villes d'accueil.

«Aujourd'hui, on est vraiment tout prêt d'arriver à quelque chose, mais c'est le moment de vérité en même temps», a estimé le ministre français des Finances, Michel Sapin.

L'idée de taxer les transactions financières remonte aux années 1970, avec la proposition de la taxe Tobin, du prix Nobel d'économie James Tobin.

Elle avait connu un nouvel élan en 2011 quand la crise financière faisait rage dans l'Union européenne. Les Etats devaient alors débourser des milliards d'euros provenant de l'argent des contribuables pour sauver les instituts financiers et il semblait donc légitime d'associer ces derniers au coût des crises futures. 

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