Bramsthan: une fourniture d’eau inadéquate irrite les gens

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La colère est manifeste sur les visages de ces femmes, qui en ont marre de se lever aux petites heures du matin pour recueillir de l’eau.

La colère est manifeste sur les visages de ces femmes, qui en ont marre de se lever aux petites heures du matin pour recueillir de l’eau.

Des habitants de Nanka Road pestent car ils ont de l’eau uniquement deux heures par jour. Un problème qui, selon eux, devrait être résolu au plus vite par les autorités.

C’est l’incompréhension totale pour une centaine de familles. Ces habitants de Nanka Road, à Bramsthan, sont privés d’eau et ne connaissent pas la cause de cette fourniture drastique. Selon eux, cette situation ne peut durer et ils menacent de descendre dans les rues si elle persiste.

Les habitants avaient commencé à être privés d’eau en septembre dernier. Or, à la suite de nombreuses plaintes, des cadres de la Central Water Authority (CWA), les ministres et les députés de la circonscription avaient résolu le problème, du moins pour quelque temps. Comme il est cependant à nouveau sur le tapis, nous nous sommes rendus sur les lieux mercredi à la demande de Pravinsun Mawa, Vicky Bageeruth et Suraj Kowlessur. Ces habitants en avaient aussi réuni d’autres pour faire état de la situation qui sévit.

Sur place, ignorant notre identité, certains habitants ont manifesté leur colère en abordant le sujet. Car, ils pensaient que nous étions des représentants de la CWA. «Comment allons-nous continuer à vivre avec seulement deux heures d’eau par jour ?» ont-ils martelé. «L’eau coule à quatre heures du matin pour s’arrêter à six heures. Tout le monde à Nanka Road est obligé de se réveiller aux petites heures du matin pour recueillir de l’eau», lance Amrita Poorun, une habitante. Tandis qu’une autre, Mala Heera confie que la CWA fait la sourde oreille face à leurs doléances : «Tous les jours, nous appelons la hotline pour essayer d’informer les autorités de ce que nous vivons mais personne ne réagit.»

Si une ambiance chaotique régnait, avec une trentaine de personnes parlant au même moment, nous avons essayé de calmer les esprits. Le marchand Heman Kumar Boolkah les a rassurés en expliquant que nous étions là pour les aider. «Nous sommes censés être dans une période faste, où l’eau aurait dû être accessible 24 heures sur 24 mais ce n’est pas du tout le cas. Je suis un marchand de fruits et de légumes et tous les jours, je dois me rendre à la rivière pour laver mes produits car nous n’avons pas d’eau. Les affaires ne marchent plus comme avant et nous souffrons beaucoup», explique-t-il.

Camions irréguliers

Vicky Bageeruth est très en colère car il ne comprend pas que d’autres rues aient de l’eau contrairement à la leur, qui compte deux connexions, celles de Caroline et Bonne-Mère. «Shivala Road est juste à côté et les habitants n’ont aucun souci. Tous les jours, nous appelons la hotline pour nous plaindre et les appels sont payants et coûtent vraiment cher. Malgré cela, le problème persiste. Au début, les cadres de la CWA nous ont fait comprendre que nous étions dans une période de sècheresse et que toute l’île en souffrait. En janvier, on nous a dit qu’un gros tuyau était en réparation et, que dès que les travaux seraient terminés, tout retournerait à la normale. Nous attendons toujours», a indiqué Vicky Bageeruth.

Mala Heerah confie que deux heures sont insuffisantes pas pour ramasser assez d’eau. Les femmes, y compris les plus âgées sont, quotidiennement, obligées d’aller récupérer l’eau à la source. Et celle-ci est assez loin des résidences. «Depuis que nous n’avons plus d’eau, nous n’arrivons plus à nous adonner à nos tâches ménagères comme il se doit. Des fois, il arrive même que nous n’arrivions pas à préparer le diner», déplore cette mère de famille.

Selon les habitants, même les camions-citernes se font rares. «Il faut appeler à plusieurs reprises et des fois le camion vient uniquement chez la famille qui l’a appelé», raconte Neetyam Ramkalawon. Toutefois, même si les habitants n’utilisent pas beaucoup d’eau, ils confient que la facture mensuelle reste toujours aussi élevée que si la fourniture était normale.

Pravinsun Mawa raconte que de nombreuses familles ont même acheté des réservoirs d’eau qui restent cependant vides. Car ils ne peuvent se remplir en deux heures. Il ajoute que cette année, deux grandes fêtes ont eu lieu avec beaucoup de difficultés. «Nous avons célébré les fêtes de Cavadee et de Maha Shivaratree avec beaucoup de peine.» Et d’ajouter que «si pour l’instant beaucoup de familles achètent de l’eau pour leur consommation, certaines autres n’ont pas les moyens de se payer ce luxe».

Interrogé, un inspecteur de la CWA a confié que ce problème persiste car une grosse pompe à Rivière-du-Rempart a été endommagée. Et, c’est cette pompe qui alimentait la distribution d’eau à Nanka Road. «À chaque grosse pluie, l’eau devient boueuse à cause de cette pompe et tant qu’elle n’est pas claire, nous ne pouvons pas effectuer la distribution» a-t-il expliqué. Il demande néanmoins aux habitants de faire appel aux camions-citernes et de patienter encore quelques jours.

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