Gregory Mayer: «Le vrai potentiel de l’immobilier se trouve du côté des étrangers»

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Gregory Mayer, directeur d’Horizon Holidays, parle des perspectives dans le secteur de l’immobilier. Il met aussi en garde contre une suroffre dans le pays.

Parlez-nous de votre projet avec Azuri.

On a eu un premier contact avec les promoteurs il y a plus d’un an. Le développement d’Azuri est en plusieurs phases. Il y a eu les IRS. Et en ce moment, c’est la deuxième phase qui est en développement. C’est le marché local qui est visé.

Si Horizon devait au départ travailler uniquement sur la gestion locative de la deuxième phase, nous avons finalement décidé de conclure un partenariat avec les promoteurs pour la gestion locative de tout le parc immobilier d’Azuri.

Comment se porte le marché de l’immobilier ?

Bien. Depuis l’année dernière, on sent une reprise générale du secteur. Cela est vrai également pour l’immobilier résidentiel. Certaines initiatives du gouvernement font que les promoteurs ont un peu plus confiance.

L’encouragement vient également d’un secteur touristique qui se porte bien, de même que l’économie locale. Ce feel-good factor fait que de nombreux promoteurs se positionnent. Il y a beaucoup de projets dans le pipeline.

Toutefois, malgré le nombre de projets en phase d’exécution, la demande pour la gestion locative n’augmente pas forcément, notamment des expatriés. Il y a beaucoup de projets qui sont planifiés actuellement. Mais à moins qu’il y ait une croissance exponentielle d’expatriés, il faudra anticiper un ralentissement car la vitesse de croissance de l’offre est plus importante que la demande. Le choix pour acheter des appartements à Maurice est tellement vaste qu’il faudra des projets bien pensés pour pouvoir attirer la clientèle.

Cela ne risque-t-il pas d’avoir une incidence sur les prix ?

Certainement. Nous, au niveau de notre activité locative, on ressent déjà une forte pression sur les prix. Sur le long terme, on a même vu certains endroits où les contrats location ont stagné, voire baissé. Il y a également une pression sur les prix de vente. En ce qui concerne les gros projets, certains peinent à démarrer car il est difficile de trouver des gens pour acheter à des prix intéressants.

Justement, quels sont les segments qui sont les plus en demande au niveau de l’immobilier ? Sur le marché local, ce sont des biens avec des prix moins importants. Avant, il y avait moins de projets et quelques acheteurs n’hésitaient pas à investir énormément. Mais avec la quantité de produits qu’il y a aujourd’hui, il y a un engouement pour des projets d’appartements qui coûtent entre Rs 8 millions et Rs 12 millions plutôt que des projets à Rs 25 millions. Je pense que c’est ce segment qui devrait prendre le dessus.

Sommes-nous bien partis pour atteindre les 7 % de croissance dans le secteur de la construction cette année, comme le prévoit Statistics Mauritius ?

Il est encore trop tôt pour se prononcer. Mais cela est possible avec le nombre de projets dans le pipeline et tout le secteur qui est en essor.

La croissance dépendra aussi du nombre de projets qui iront de l’avant, en sachant que Statistics Mauritius se base sur les projets qui ont été approuvés. Tous ne démarreront pas forcément tout de suite.

Quand on parle de l’immobilier dans ce cas, on parle surtout des Smart Cities. Vont-elles sortir de terre cette année ou dans un ou deux ans ? Pour l’heure, on ne sait pas si tous ces projets vont être réalisés en 2017.

Le secteur de l’immobilier est souvent décrit comme un secteur qui n’est pas productif. Quelle lecture faites-vous de ces critiques ? Tirons-nous suffisamment avantage de ce secteur qui capte une grande partie des investissements directs étrangers chaque année ?

Effectivement. Dans un projet, il y a la construction, le landscaping. Entrent aussi en jeu les architectes, les ingénieurs et les agences de vente. Si un projet est bien pensé et réalisé, il peut générer plusieurs emplois, comme le personnel de maison ou les jardiniers. Il y a aussi les contrats de maintenance et les services de location qui font vivre les prestataires de services. De plus, les commerces de proximité et les restaurants en profitent car les étrangers, par exemple, consomment plus que les Mauriciens.

Ce secteur peut donc avoir des effets multiplicateurs importants sur l’économie si les projets sont bien pensés. Il est vrai qu’un bâtiment ne va pas générer grand-chose par lui-même. Il faut que les projets soient conceptualisés en tenant compte de tout l’écosystème et la demande dans la région.

Aujourd’hui, il est un peu facile de lancer des projets immobiliers. Ce n’est pas cela qui amènera tout ce développement. Il faut penser le projet de manière plus globale, comme c’est le cas avec les projets tombant sous le Property Development Scheme, qui comprend une bonne dose d’intégration sociale. Ce sont les projets de qualité qui se font en parallèle avec la politique du gouvernement d’attirer les étrangers, qui vont amener leurs business et créer de l’emploi.

Peut-on dire que les projets sont bien pensés aujourd’hui ?

Je pense que oui. Prenons par exemple l’Ouest, avec des projets comme La Balise Marina. Le développement de la région n’aurait pas pu se faire uniquement avec le petit nombre de personnes qui étaient là au départ. De nombreux emplois ont été créés, et il y a eu des demandes pour les commerces aux alentours.

Il y a certainement des projets qui ont été bien pensés. Ce genre de planification amène des bénéfices, dont les résultats se ressentent sur le long terme.

Quelles améliorations pour mieux capitaliser sur ce secteur ?

L’ouverture aux étrangers est un point qui revient souvent quand on parle du secteur immobilier. Il faut savoir que le développement de Maurice en général dépend beaucoup de l’apport de ces étrangers qui vont certainement amener des compétences techniques dans leurs différents domaines d’activité ainsi qu’un pouvoir d’achat important et de l’investissement.

Les opportunités aujourd’hui demeurent très limitées. Ce n’est pas facile pour un investisseur de venir à Maurice ou d’investir dans l’immobilier. Des efforts sont faits en ce sens. Mais il faudrait en faire plus pour promouvoir Maurice comme une destination attractive pour les investisseurs, une destination où l’on peut vivre et investir.

Aujourd’hui, les promoteurs sont un peu livrés à eux-mêmes pour promouvoir leurs projets. Il faut que les acteurs du secteur se concertent et décident d’une stratégie commune pour la promotion de l’investissement immobilier à Maurice, un peu à la manière de la MTPA pour le secteur touristique.

Comment le secteur de l’immobilier devrait-il évoluer sur le moyen et long terme ?

Le marché local va croître légèrement. Mais le vrai potentiel de l’immobilier à Maurice ne se trouve pas du côté des Mauriciens, mais des étrangers.

Maurice sera toujours une destination attirante pour les étrangers car nous possédons plusieurs atouts. Le potentiel est là. C’est à nous de régulariser le secteur de manière à permettre sa croissance plutôt que la limiter.

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