Eclairage: qui est Álvaro Sobrinho?

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Álvaro Sobrinho est né en 1962 à Luanda, en Angola.

Álvaro Sobrinho est né en 1962 à Luanda, en Angola.

Les projecteurs sont braqués depuis quelques jours sur le fondateur de Planet Earth Institute. En effet, la Financial Intelligence Unit, l’Independent Commission against Corruption et le ministère de la Bonne gouvernance s’intéressent à Álvaro Sobrinho. Mais qui se cache derrière ce nom?

Banquier, milliardaire, philanthrope, fan de foot et de technologie… Álvaro Sobrinho, né en 1962 à Luanda, en Angola, est tout cela à la fois. Sur son site web, l’homme d’affaires se décrit comme un passionné de technologie ayant à cœur d’investir dans de nouveaux systèmes et services en Afrique, qui pourront transformer la vie des Africains, les aider à résoudre les problèmes quotidiens et à mieux concurrencer le marché mondial.

Álvaro Sobrinho, qui a fait ses études en mathématiques et en statistiques à Lisbonne, affirme vouloir assurer le développement durable de l’Afrique. À ce titre, il a fondé Planet Earth Institute, une organisation non gouvernementale avec pour objectif de concrétiser des ambitions d’«indépendance scientifique» de l’Afrique. Et cela, grâce à l’enseignement supérieur, la technologie et le plaidoyer.

Sur son site, il explique que l’organisme, enregistré au Royaume-Uni, a des bureaux à Londres, à Luanda et à Genève et est affilié au Programme des Nations unies pour l’environnement. L’homme d’affaires explique qu’il apporte aussi son soutien à un certain nombre d’organismes de bienfaisance et à de nombreuses causes, le plus souvent liées à l’éducation.

Marié, il est père de deux enfants, qu’il s’efforce «d’aider à atteindre leurs propres objectifs». Fan du Sporting Club du Portugal depuis son enfance, il compte parmi les investisseurs du club.

Ce qui lui est reproché…

Álvaro Sobrinho était très peu connu des Mauriciens jusqu’à ce que la presse portugaise fasse état de ses démêlés avec la justice, la semaine dernière. Il est soupçonné d’avoir détourné 500 millions de dollars dans le scandale Banco Espirito Santo, ancien empire bancaire portugais qui a fait faillite en 2014. Pendant dix ans, soit de 2002 à 2012, Álvaro Sobrinho a dirigé la filiale angolaise de la banque portugaise. Une gestion mise en cause par le ministère public portugais.

Il a été accusé d’avoir bénéficié de prêts frauduleux d’environ 18 milliards de roupies, qui auraient été transférées sur des comptes en Suisse. Qui plus est, l’homme d’affaires est, depuis 2011, soupçonné de fraude et de blanchiment d’argent à la suite de l’achat, au Portugal, de sept immeubles de luxe. Faute de preuves, il a été blanchi dans cette affaire. Mais l’enquête a été rouverte, comme indiqué dans un communiqué de presse de la Financial Services Commission, jeudi.

Les liens avec Maurice

Depuis 2015, les déplacements d’Álvaro Sobrinho à Maurice sont fréquents. Ce, depuis qu’il a lancé Planet Earth Institute avec l’aide de la présidente de la République. L’institut est venu en aide à Ameenah Gurib-Fakim en novembre quand elle s’est retrouvée au centre d’une polémique sur ses voyages à l’étranger. La fondation a publié des communiqués en première page de plusieurs quotidiens pour faire les éloges de la présidente.

Un autre contentieux vise Planet Earth Institute. En mai 2016, un programme de bourses pour une formation menant à un PhD a été lancé à la State House, en présence de son président Álvaro Sobrinho. L’initiative du projet revient à Planet Earth Institute, avec la collaboration de la Bill and Melinda Gates Foundation. Toutefois, à ce jour, seul un des boursiers a pu se rendre à l’étranger pour ses études, comme convenu. Les autres feront leur PhD à Maurice.

Quid des autres projets de Planet Earth Institute ? Des trois autres, un seul est mis en œuvre à Maurice. C’est dans une école privée que le projet nommé Science and Technology Enrolment Programme a été lancé. Les deux autres projets sont exécutés sur le continent africain, mais ne se sont pas concrétisés depuis 2014. Il s’agit d’une étude effectuée auprès de 2 013 scientifiques et d’une campagne pour la promotion de la science en Afrique.

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