Anastasia Mikova et Dimitri Vershinin: un bonheur sans retouches

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Être 24 heures sur 24 ensemble peut user un couple, aussi amoureux soit-il. Tel n’est pourtant pas le cas pour Anastasia Mikova et Dimitri Vershinin, les principaux collaborateurs du journaliste reporter-photo et réalisateur Yann Arthus-Bertrand, que la passion pour le récit par l’image d’histoires d’humains a réunis.

Autant les relations entre l’Ukraine et la Russie sont en dents de scie, autant celles entre la Franco-ukrainienne Anastasia Mikova et le Russe Dimitri Vershinin sont au beau fixe. Plusieurs raisons l’expliquent : ils se connaissent depuis 15 ans, sont mariés depuis trois ans, et, surtout, parlent le même langage professionnel. C’est très tôt dans la vie qu’ils ont eu chacun de leur côté un contact avec le monde cinématographique. En effet, le père d’Anastasia est réalisateur de documentaires animaliers en Ukraine tandis que celui de Dimitri est un ingénieur du son très connu en Russie et ailleurs.

Si Anastasia maîtrise parfaitement le français, c’est parce que sur les encouragements de sa mère, Rita, propriétaire d’une agence immobilière, elle s’est installée à Paris en 1999 et a poursuivi des études supérieures en langues et civilisations appliquées à La Sorbonne. Son objectif était d’être journaliste. «Depuis très tôt, je savais que je voulais partager les histoires des gens.»

Une connaissance lui met le pied à l’étrier en lui faisant obtenir un stage de six mois au Figaro Magazine. Elle y rencontre Jean-Marie Montali, ancien grand reporteur, qui lui donne le goût du terrain. Alors qu’elle prépare sa maîtrise universitaire, elle obtient un emploi à Marie-Claire, magazine féminin qui, à l’époque, essaime ses publications dans plusieurs pays. Cela tombe bien car Anastasia parle plusieurs langues. Elle s’occupe de l’adaptation et du lancement de ce magazine dans huit pays avant d’avoir le sentiment de tourner en rond.

Elle découvre alors la télévision en faisant des reportages pour l’émission d’investigation Complément d’enquête. Elle est ravie de marier l’image et l’écrit. «L’image était ce qui me manquait dans la presse écrite. L’image a un pouvoir plus fort. J’ai senti que c’était mon truc.» Elle travaille donc pour plusieurs sociétés de production fournissant des reportages à Canal+, France 2, M6, jusqu’à être sollicitée par une de ces boîtes pour être rédactrice en chef de Vu du Ciel, présenté par le photojournaliste Yann Arthus-Bertrand.

Ils n’ont pas de contacts directs au début. Puis, ils travaillent ensemble, Anastasia incitant le photojournaliste hyperactif à se dépasser. Lorsque l’émission s’arrête, ils se perdent de vue. Deux ans plus tard, Yann Arthus-Bertrand la rappelle pour lui proposer de l’accompagner sur «un documentaire dont le scénario tenait sur une page et dont le message essentiel se résumait à l’amour va sauver le monde». Cela donne Human. 

De son côté, Dimitri ne veut pas faire son service militaire dans l’armée à la fin de ses études secondaires. Il opte donc pour des études universitaires d’ingénieur des transports. Mais il accompagne souvent son père lors des déplacements professionnels de ce dernier. C’est d’ailleurs lui qui l’incite à prendre de l’emploi comme ouvreur pour la chaîne de télévision nationale TVC. Il étudie dans la journée et travaille la nuit. Il s’intéresse au montage et apprend à le faire. Vu son intérêt pour cet univers, on lui propose d’agir comme assistant réalisateur de talk-shows. Il saute sur l’occasion. Il passe ensuite réalisateur et fait des émissions sur des voyages avec un présentateur vedette.

«Chacun est dans son rôle. il gère l’image et le son et moi le contenu. nous n’avons pas besoin de nous parler.»

«Je travaillais comme un malade», raconte Dimitri dans un français encore un tout petit peu hésitant, car il apprend cette langue ainsi que l’anglais depuis peu. C’est par le biais d’amis communs qu’il rencontre Anastasia en 2002 et chatte régulièrement avec elle depuis. Ils démarrent une relation à distance. Tout ce que Dimitri gagne part en visites surprises à Anastasia et en voyages à deux.

Bien qu’il maîtrise parfaitement les techniques de tournage de films, Dimitri veut obtenir une légitimité professionnelle et entame des études de scénariste et de réalisateur en Russie. Il travaille sur des fictions et des séries. Il ne leur vient pas du tout à l’idée de travailler ensemble. C’est seulement quand Anastasia réalise Human et qu’elle a besoin d’un traducteur et d’un caméraman qui parle le russe qu’elle pense à recruter Dimitri en freelance. Il est très heureux, d’autant plus qu’il était familier avec les réalisations de Yann Arthus-Bertrand bien avant Anastasia. Et lorsque Dimitri se retrouve sur le tournage de Human, il se surprend à ressentir le besoin d’écouter les gens se raconter. «C’est addictif», affirme-t-il.

Dimitri et Anastasia réalisent aussi qu’ils parlent le même langage professionnel. «Il n’y a pas de hiérarchie entre nous. Chacun est dans son rôle. Il gère l’image et le son et moi le contenu. Nous n’avons pas besoin de nous parler. Il veille à ce que tout soit parfait techniquement sur le lieu du tournage et ne dit jamais que c’est trop. Moi, je me sens rassurée de savoir qu’il est là. Nous n’apportons pas nos soucis professionnels à la maison. Nous en discutons et comme nous sommes complémentaires et pas en concurrence, ça marche entre nous.» Leur amour s’est cimenté le 5 juillet 2014 lorsqu’ils se sont dit «oui». Depuis, ils ne se quittent plus.

Le tournage de Woman les a entraînés jusqu’ici en Italie, au Maroc, en Finlande et à Maurice. Cela ne fait que commencer car une soixantaine de pays sont au programme. «Ce n’est pas un film qui fera rupture avec Human, précise Anastasia. Ce ne sera pas des mosaïques comme dans Human, mais il y aura une continuité par la signature visuelle et la façon de filmer. Encore une fois, ce seront les gens, en l’occurrence les femmes, qui feront le film. J’ai des thématiques que je veux aborder avec elles comme les naissances sélectives, le viol, le rapport au corps, la famille, la sexualité», dit-elle.

«Je veux montrer qu’il y a quelque chose de fondamentalement différent, pas mieux, pas pire que les hommes mais différent avec les femmes. Notre vision du monde est sans doute liée à notre possibilité de procréer et de donner la vie. Le monde va mal et je crois, tout comme Yann Arthus-Bertrand, que les femmes détiennent une partie de la solution. J’ignore ce qui sortira de ces témoignages de femmes. Mais comme pour Human, je suis persuadée que je serai surprise. C’est cela la magie du documentaire…»

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