Planet Earth Institute: serait-il un leurre ?

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Ameenah Gurib-Fakim et l’ex-président du Planet Earth Institute lors d’un accord pour des bourses pakistanaises, en août.

Ameenah Gurib-Fakim et l’ex-président du Planet Earth Institute lors d’un accord pour des bourses pakistanaises, en août.  

Des boursiers insatisfaits, des projets vieux de 2014, un incubateur d’entreprises controversé et un fondateur poursuivi pour blanchiment d’argent et évasion fiscale alléguée… Ce sont là autant de critiques auxquelles fait face le Planet Earth Institute (PEI). Et une question taraude : cette fondation serait-elle un leurre ? De plus, vient s’ajouter à la liste des critiques, l’adresse similaire que partagent le PEI et l’Alvaro Sobrinho Africa Ltd (ASA). L’express a essayé de faire la lumière sur les zones d’ombre autour de cet institut.

Dans un communiqué paru dans des quotidiens du 26 novembre 2016, le PEI affirme : «PEI will support investments in these fields through the construction of a dedicated building and support business incubators in Ébène. This project has been approved by the authorities concerned in Mauritius.» L’institut explique que c’est l’obtention de Rs 5 milliards de la Bill and Melinda Gates Foundation qui permettra la construction du bâtiment.

Toutefois, un chargé de communication du PEI soutient: «The business incubator in Ébène is not related to the Planet Earth Institute. It is a project of the Alvaro Sobrinho Africa (ASA) Group.» Quant au communiqué qui indique clairement que c’est un projet du PEI, il nous répond: «Please see the weblinks sent earlier today for the update of ongoing live projects the PEI has been running in Mauritius.»

En outre, ce projet ne figure pas sur le site de l’institut. Pas de réponse, donc, sur le fait qu’un projet qui devrait être financé par une somme investie dans le PEI est maintenant soudainement passé sous la responsabilité de l’ASA Group, qui est géré par Alvaro Sobrinho.

Le cas des dix boursiers du PEI laisse aussi perplexe. On se souviendra que l’institut avait promis des universités de renom, pour ensuite changer d’avis. La dernière version officielle de l’institut ? Tous, sauf un des boursiers, poursuivront leur PhD à Maurice.

«Le cas des dix boursiers laisse perplexe. Le PEI avait promis des universités de renom, pour ensuite changer d’avis.»

Sollicité, un boursier affirme même qu’il est déjà en communication avec son mentor de l’université de Maurice (UoM). Cependant, dans les milieux proches de l’UoM, on soutient que le PEI ne serait jamais entré en contact avec l’université pour enregistrer des doctorants. Le même boursier explique qu’il n’a jamais accepté d’aller au Japon alors que l’institut affirmait, en novembre dernier, que tous les boursiers étaient contents de cet arrangement.

Quant aux autres projets du PEI, un seul des trois autres est mis en oeuvre à Maurice. C’est dans une école privée que le projet nommé Science and Technology Enrolment Programme (STEP) a été lancé. Le site explique: «This year, the PEI Foundation aims to run at least five full STEP study days at various schools across Mauritius. These days will be supplemented by additional workshops, excursions and visits from leading organisations and individuals from around the world.»

Les deux autres projets sont exécutés sur le continent africain et n’ont pas été mis à jour depuis 2014. Il s’agit d’une étude effectuée auprès de 2 013 scientifiques et d’une campagne pour la promotion de la science en Afrique.

En ce qui concerne l’adresse du PEI, c’est le site de l’institut qui a indiqué que celui-ci se trouve au deuxième étage de la Maeva Tower, tout comme l’ASA Group. Cela, même si le PEI affirme: «They are not at the same address. The PEI offices are at Medine Education Village and ASA is located in Ébène». Les réponses du PEI sont, cependant, arrivées trop tard pour que l’express s’y rende. Selon nos recoupements d’informations, les bureaux du PEI à Médine seraient situés dans une maison coloniale. Plusieurs boursiers qui s’y seraient rendus affirmeraient que seulement deux personnes y travailleraient.

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