[Vidéo] Le fondateur de Planet Earth Institute fait l’objet de plusieurs enquêtes

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Alvaro Sobrinho (2e à dr.) à Réduit lors d’une conférence du Pr Kaushik Basu, de la Banque mondiale, le 21 juillet 2016.

Alvaro Sobrinho (2e à dr.) à Réduit lors d’une conférence du Pr Kaushik Basu, de la Banque mondiale, le 21 juillet 2016.

L’Angolais Alvaro Sobrinho aurait-il utilisé le Planet Earth Institute (PEI), qu’il a créé en partenariat avec Ameenah Gurib-Fakim, pour tromper la bonne foi des personnalités mauriciennes et avoir une couverture pour des activités illicites? Les autorités enquêtent.

Le multimilliardaire angolais est aussi à la tête de deux sociétés financières à Maurice. Pourtant, il a eu des démêlés avec la justice dans le passé et fait l’objet d’enquêtes, notamment au Portugal. Ces derniers jours, la Financial Intelligence Unit, l’Independent Commission against Corruption et le ministère de la Bonne gouvernance se sont intéressés à lui. Qui est ce mystérieux Angolais qui semble être proche de la présidence de la République?

À l’énoncé de son nom, les visages se crispent et les langues se lient. Personne ne veut parler de cet homme. Qu’en dit l’Internet? Wikipedia le décrit comme «an Angolan philanthropist, banker and businessman». Il a la cinquantaine et a fait des études en mathématiques et statistiques à Lisbonne, Portugal. Il a aussi été à la tête de la Banco Espirito Santos et de la Banco Espirito Santos Angola. C’est là que les choses se corsent.

Enquêtes pour blanchiment d’argent, évasion fiscale, fraude

En 2014, Alvaro Sobrinho est poursuivi par la justice portugaise. Il est accusé d’évasion fiscale et de blanchiment d’argent. Au même moment, Akoya, compagnie suisse dont il est le principal actionnaire, fait l’objet d’une enquête. Les charges contre lui ont été abandonnées en 2015, mais le procureur chargé du procès est soupçonné d’avoir accepté des pots-de-vin contre l’abandon des charges. Le vice-président angolais Manuel Vicente est soupçonné d’avoir soudoyé le procureur portugais.

Le 29 novembre 2016, la presse portugaise rapportait que les biens d’Alvaro Sobrinho avaient été une nouvelle fois saisis. L’Angolais est de nouveau sujet à des enquêtes pour blanchiment d’argent, évasion fiscale, fraude et abus de confiance.

Selon nos recoupements, le Dr Alvaro Sobrinho détient une adresse résidentielle en Suisse. Notre source suisse affirme qu’il serait aussi le directeur de Cersent Consulting, basée à Zug, un canton suisse. lI ferait le va-et-vient entre la Suisse et Maurice.

Depuis 2015, après qu’il eut lancé le PEI avec l’aide de la présidente de la République, ses déplacements à Maurice sont fréquents. Fait intrigant: quand, en novembre, Ameenah Gurib-Fakim se retrouve au centre d’une polémique entourant ses voyages à l’étranger, le PEI lui vient en aide. La fondation fait publier des communiqués en première page de plusieurs quotidiens mettant en valeur la présidente.

Depuis novembre dernier, Alvaro Sobrinho est aussi le directeur d’Alvaro Sobrinho Africa Ltd (ASA Group), dont le siège se trouve à Ébène. À noter qu’il détient aussi l’ASA Fund qui existe depuis août 2015. Encore une fois, plusieurs faits laissent perplexe. D’abord, un mois après avoir obtenu l’aval de la Financial Services Commission pour ouvrir sa société, Alvaro Sobrinho quitte la présidence de PEI.

De plus, l’ASA Group, l’ASA Fund et le PEI semblent avoir beaucoup d’employés en commun. Et ce, jusqu’aujourd’hui. Le Chief Executive Officer de PEI, Mauricio Fernandes, par exemple, est aussi un des directeurs de l’ASA Fund. Mais les employés des trois entités sont peu loquaces. Sollicité, un des directeurs mauriciens de l’ASA Fund a déclaré «ne pas être un directeur de l’ASA» pour ensuite expliquer qu’il ne savait pas s’il était un des directeurs de l’entité et qu’il ne ferait pas de commentaire.

«Rétablir les faits»

Avant de fonder l’ASA Group, Alvaro Sobrinho avait demandé une licence pour opérer une banque auprès de la Banque de Maurice (BoM). Licence qui lui a été refusée. Ramesh Basant Roi, le gouverneur de la BoM, indique: «Je ne peux vous dire si la personne à qui vous faites référence a fait une application pour une licence pour une banque. Ce que je peux vous dire, cependant, c’est que la BoM effectue une enquête approfondie sur les étrangers qui souhaitent ouvrir une banque à Maurice. Si la BoM octroyait des licences même à 50% des candidats, nous n’aurions pas la même crédibilité que nous avons aujourd’hui

Un autre fait interpelle: à son ouverture, l’ASA Group opérait sous le nom ASA Investment Bank. Or, elle ne bénéficiait pas d’un Banking Licence. La BoM a porté plainte contre l’ASA au Central Criminal Investigation Department.

Sollicitée le mardi 28 février, la présidente de la République n’a pas répondu à nos SMS, courriels et appels téléphoniques. Mais dans une déclaration au journal télévisé de la MBC, le mercredi 1er mars, Ameenah Gurib-Fakim a demandé aux institutions concernées de mener une enquête le plus vite possible afin de rétablir les faits.

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