Mauritius Society Renewal: au-delà de la politique conventionnelle

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Roukaya Kasenally, Sheila Bunwaree et Manisha Dookhony sont membres de la Mauritius Renewal Society, dont le lancement est prévu le 3 mars.

Roukaya Kasenally, Sheila Bunwaree et Manisha Dookhony sont membres de la Mauritius Renewal Society, dont le lancement est prévu le 3 mars.

C’est une démarche qui s’inscrit dans le sillage des 50 ans de l’indépendance du pays. Pour marquer une rupture dans la manière de faire. Au cœur d’une unité de réflexion qui sera lancée vendredi 3 mars : trois femmes universitaires, Roukaya Kasenally, Sheila Bunwaree et Manisha Dookhony. Elles nous livrent leurs visions…

Roukaya Kasenally:  «La politique est l’affaire de tout le monde»


 

Un constat : la politique conventionnelle ne produit pas les résultats escomptés. C’est du moins ce que pense Roukaya Kasenally qui explique ainsi la démarche de lancer Mauritius Renewal Society. Encore un parti politique ? À cela, elle lance un non vibrant. «À Maurice, on a tendance à toujours tout axer sur les partis politiques, comme si c’est la structure unique pour pouvoir faire de la politique, proposer des idées nouvelles. On veut ramener le citoyen dans cette démarche vers une nouvelle société mauricienne. Cette plateforme n’est pas un parti politique et tend à démontrer que la politique, ça doit être l’affaire de tout le monde. Ce n’est pas un private good mais un public goodElle en veut pour preuve le fait qu’à travers le monde, il y a «une espèce de dégoût vis-à-vis des politiciens. Les gens, les jeunes et surtout les moins jeunes se sont révoltés». Ainsi, au lieu d’être consulté chaque cinq ans, le Mauricien peut mener une réflexion nationale. Et ce, à travers la plateforme Mauritius Society Renewal qui n’est pas «un parti politique mais veut occuper cet espace politique qui n’est pas que pour les politiciens».

Se pose également la question d’indépendance d’esprit. Pour Roukaya Kasenally, il ne peut en être autrement. «L’indépendance est farouchement dans notre ADN. On aura des pressions, c’est vrai. Mais si on veut faire les choses autrement, il faut savoir set your foot down.» L’idée de compromis n’est cependant pas écartée mais le maître mot sera de «toujours s’assurer d’être dans notre ligne de pensée».

Sheila Bunwaree:  «La nécessité d’engager les citoyens mauriciens»


 

«La vision d’un pays doit être une vision collective et pas celle d’une seule personne.» En partant de ce principe, Sheila Bunwaree souligne qu’il faut travailler avec tous les stakeholders et créer un think tank national pour «trouver une société plus saine». Il faut, dit-elle, engager tous les citoyens mauriciens. «On va beaucoup dépendre des énergies de toutes les têtes pensantes du pays. Nous voulons utiliser ce think tank pour justement développer des politiques basées sur des recherches. On ne peut pas changer de gouvernement et de politiques à chaque fois. Il faut pouvoir trouver un  consensus. Le citoyen mauricien est suffisamment intelligent pour comprendre la nécessité d’un think tank de cette nature.» Loin de la politicaille.

Pour «transformer la vie des gens d’une façon beaucoup plus saine». Il s’agit aussi de consulter la diaspora mauricienne. Pas seulement ceux qui sont qualifiés en tant que scholar mais tous ceux qui se sentent Mauriciens. «Après cinquante ans d’indépendance, on veut produire et réfléchir ensemble avec les citoyens du pays et amener Maurice à un nouveau palier de son développement où la dignité humaine reste primordiale.»

Et les partis politiques dans tout cela ? Sheila Bunwaree affirme que ces derniers ont déjà été approchés par rapport à cette volonté de vouloir faire avancer le pays. «Travailler avec les politiciens, ce n’est pas suffisant mais on va certainement le faire parce que c’est important.» L’idée est surtout d’amener à une synergie entre le secteur privé, les intellectuels, les politiciens et les citoyens lambda. Afin «d’aider à la construction d’un leadership nouveau. Il y aura beaucoup des jeunes et des moins jeunes».

Manisha Dookhony : «Primordial d’avoir un think tank»


 

«Que fait-on de notre indépendance ?» C’est la réflexion que pose Manisha Dookhony. «On est arrivé à un assez haut niveau de développement mais il y a quand même beaucoup de pauvreté. On a beaucoup de maux sociaux, dont la drogue. Puis, vous avez les problèmes d’ordre économique. Il ne s’agit pas simplement d’apporter de nouvelles idées mais de trouver les stratégies et la manière de travailler avec le pouvoir public, l’exécutif ou encore les gens qui sont sur le terrain.» Pour elle, il s’agit avant tout de trouver des solutions aux problèmes d’emploi, à la pauvreté… Car «beaucoup de politiques sont élaborées dans un vacuum, sans consultation ou sans une bonne réflexion sur les conséquences. On en souffre déjà».

Ce qui lui fait dire que dans beaucoup de pays modernes ou qui sont sur la voie de la modernité, il y a l’émergence de certains think tank. Et les organisations non-gouvernementales, économistes et partis politiques ? «Souvent chacun est dans son petit coin. Il n’y a pas vraiment de synergie», commente Manisha Dookhony. Elle précise qu’il y a plusieurs autres personnes qui sont dans cette mouvance de créer un think tank. «On a commencé à discuter avec certains et on s’est dit que l’on pourrait collaborer. Nous sommes prêts. On se veut indépendants dans notre pensée et nous voulons critiquer pour être constructifs.»

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