Vijay Ramgoolam : «Il est temps de me jeter dans l’arène politique»

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Pour Vijay Ramgoolam, un politicien ne doit pas trahir la confiance de la population.

Pour Vijay Ramgoolam, un politicien ne doit pas trahir la confiance de la population.  

En 40 ans de service dans la fonction publique, Vijay Ramgoolam, 62 ans, se félicite d’emblée d’avoir toujours agi dans la droiture. «Aujourd’hui, je peux dire sans ambages que personne à Maurice ne peut me montrer du doigt et dire que j’ai pris de l’argent pour faire avancer les choses.» Et d’ajouter qu’en tant que directeur de la Small and Medium Enterprises Development Authority (SMEDA), il n’a jamais pris en compte l’appartenance ethnique d’une personne avant d’approuver un quelconque projet.

D’ailleurs, en 2005, raconte Vijay Ramgoolam, le gouvernement de Navin Ramgoolam lui avait proposé un poste au sein du bureau du Premier ministre. Mais le sexagénaire soutient avoir imposé une condition : que l’appartenance ethnique ne fasse pas obstacle à la promotion des fonctionnaires qui méritent d’être promus.

Notre interlocuteur indique avoir fait la même chose avec le leader du MSM, Pravind Jugnauth, en 2014. De préciser que pour qu’il puisse adhérer à un parti politique, il faut que celui-ci fasse partie d’une alliance composée de vrais professionnels. «Je ne souhaite pas faire partie d’une alliance dont l’unique but est de recueillir des votes.»

Cet ancien consultant de la Banque mondiale souligne que si le gouvernement fait appel à ses compétences pour faire avancer les Petites et moyennes entreprises (PME), il est disposé à donner un coup de main. Ce qui l’intéresse, dit-il, ce n’est pas le fait d’avoir une belle voiture, un bureau climatisé ou encore un bon salaire, mais de pouvoir opérer comme un vrai professionnel.

«Il faut que le gouvernement accepte mes idées…» Si on commence à lui mettre les bâtons dans les roues, comme dans le passé lorsqu’il était directeur de la SMEDA, «je préfère rester à la maison et dormir». Car à ce jour, déplore ce père de trois enfants, il y a un manque de mesures permettant aux PME de se développer dans les meilleures conditions possibles.

En outre, Vijay Ramgoolam souligne qu’il n’est pas d’accord avec la façon dont le gouvernement a géré l’affaire BAI. Maintenant, martèle-t-il, l’ancien patron du groupe est en train de poursuivre le gouvernement pour expropriation de biens. «Cette poursuite envoie un très mauvais signal aux investisseurs étrangers.» Autre sujet qui fâche : le National Computer Board, qui n’a toujours pas de directeur général.

Quid des passe-temps de Vijay Ramgoolam ? Faire du jogging ; admirer les vagues qui viennent s’écraser sur la plage ; être avec son épouse, Mantee, dans la cuisine ; passer du temps avec ses petits-enfants, histoire de transmettre les valeurs familiales ; ou encore suivre l’actualité politique…

Il tient d’ailleurs à faire ressortir que «ce gouvernement ne répond pas à l’attente de la population. Même si la passation de pouvoir est parfaitement légale, ce changement a laissé un goût amer dans la bouche de la population. Et ce qui l’agace, c’est que SAJ n’a pas su créer un feel good factor au moment de l’annonce de son départ.»

Par ailleurs, Vijay Ramgoolam s’interroge sur le retour de sir Bhinod Bacha au bureau du Premier ministre. «Le gouvernement croit qu’il va faire progresser le pays. Cet homme est tout simplement un mythe. Il a fait son temps.»

Son parcours

1972 : Employé à l’ex-Central Housing Authority

1974 : Clerical Officer au ministère de la Fonction publique

1976-83 : Executive Officer

2001: Officer in charge, One Stop Shop

2006 : Directeur général de la SMEDA

2007 : Directeur de la Small Enterprises and Handicraft Development Authority

2011 : Contrat résilié en tant que directeur de la SMEDA

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