Le Morne: les pêcheurs dénoncent le pillage du lagon

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Les pêcheurs réclament un rendez-vous avec le ministre avant l’ouverture de la pêche à la senne.

Les pêcheurs réclament un rendez-vous avec le ministre avant l’ouverture de la pêche à la senne.  

Les pêcheurs du Morne dénoncent les abus qui ont lieu dans le lagon. Ils utilisent le terme «pillage» pour parler des pratiques qui ont cours et demandent une action rapide du ministère de tutelle.

La situation est critique. Tant et si bien que les pêcheurs du Morne se sont réunis mardi pour décider de la marche à suivre. Ils étaient en effet nombreux à avoir répondu à l’appel de l’association des pêcheurs du Morne pour dire leurs difficultés et décider d’une action commune.

Principal sujet à l’agenda de la rencontre : la pêche illégale dans le lagon. Cela fait plus d’une année que cette pratique dure, disent-ils, mais la période entre 2016 et 2017 a été la pire. «Depuis septembre jusqu’à ce jour, la pêche à la senne se pratique dans le lagon du Morne. Il n’y a jamais eu de clôture de cette pêche pour un groupe de personnes sévissant ici», dit Lallsing Shamah, président de l’association des pêcheurs. Il explique que la loi prévoit que de septembre à mars, la pêche à la senne soit fermée et cela dans le but de permettre aux poissons de se reproduire. Or, selon lui et les pêcheurs du village, des gens écumeraient presque quotidiennement le lagon, attrapant des poissons avec une senne. «Ce sont des gens qui viennent d’autres villages comme Surinam et Tamarin et qui pillent notre lagon», s’insurge cet homme. Il se demande comment ces personnes peuvent opérer sur une base qui n’est pas la leur pendant autant de mois, sans que les gardes côtes ne le voient ni ne cherchent à savoir d’où viennent ces personnes.

Antonio Verloppe, pêcheur et conseiller de village, est pessimiste quant à l’avenir des pêcheurs de casiers de cette région. «Pendant plus de quatre mois, ces braconniers se sont acharnés sur les poissons, même s’ils étaient petits. Entre octobre et décembre, c’est la période où les poissons pondent des œufs. C’est la période où on doit les laisser se reproduire mais ces pilleurs prennent tout sur leur passage», déplore le pêcheur. «Pour nous qui pêchons au casier, c’est déjà une grosse perte car les poissons ne grossissent pas. Maintenant, avec l’ouverture prochaine de la pêche à la senne, nous n’allons plus pouvoir pêcher au casier du tout», continue-t-il. En effet, il insiste sur le fait que les bateaux seront plus nombreux dans le lagon et la compétition plus rude pour avoir un point où pêcher. Car, les pêcheries de senne monopolisent beaucoup de place.

Lallsing Shamah demande au ministre de tutelle de venir sur place rencontrer les pêcheurs et se rendre compte de visu comment la situation est tendue au Morne. «L’association repré- sente une cinquantaine de pêcheurs et nous nous retrouvons à devoir nous contenter de miettes que les gens, qui sont dans l’illégalité, veulent bien nous laisser. Il faut des gardes pour surveiller nos eaux et empêcher ce genre de pillage», dit le porte-parole des pêcheurs. Si le ministre de la Pêche ne peut venir à eux, les pêcheurs sont disposés à le rencontrer à son bureau. «L’important est que l’on trouve une solution avant l’ouverture de la senne le mois prochain», disent nos interlocuteurs.

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