Batimarais: le foot et le séga pour encadrer les jeunes

Avec le soutien de
Elvis Baillache (à dr.) avec ses apprentis ségatiers, Henrique et Jérémie.

Elvis Baillache (à dr.) avec ses apprentis ségatiers, Henrique et Jérémie.

Elvis Baillache. Derrière ce nom se cache un visage connu du village de Batimarais et aussi dans cette partie de la région sud du pays. Passionné de séga typique et de football, ce travailleur social partage ses passions avec les jeunes de la localité, afin que ceux-ci ne sombrent pas dans les fléaux sociaux.

Le travail social, Elvis Baillache, s’y connaît très bien car, comme Obélix, il est tombé dedans depuis l’enfance : «J’ai commencé le bénévolat quand j’avais 12 ans, ensuite j’ai été très actif avec le Mouvement social de Batimarais (MSB)», se souvient-il. Comme il le rappelle souvent, cette association a beaucoup oeuvré pour la progression de la localité.

Créé il y a un quart de siècle, à l’époque où il n’y avait ni centre communautaire ni salle commune, le MSB a apporté sa contribution au développement communautaire. «Organiser des activités, aider ceux qui sont dans le besoin, c’était un peu le but du MSB», raconte celui qui s’est beaucoup investi dans son village. Aujourd’hui encore, il continue à apporter sa pierre à l’édifice. «Elvis Baillache est une personne qui fait un grand travail avec les jeunes du village», confie, pour sa part, le conseiller de district Manoj Surjoo.

En effet, depuis deux années déjà, celui qui exerce aussi le métier de laboureur, a pris un groupe de jeunes du village sous son aile. «Ce sont des enfants de Batimarais, qui ont de 12 à 17 ans, et à qui j’enseigne les rudiments du football», dit Elvis Baillache. Plusieurs fois par semaine, il se transforme en coach. «Après avoir fini ma journée de travail, je marche avec eux de Batimarais à Bénarès, pour y aller jouer au football, car il n’y a malheureusement pas de terrain de foot dans notre village», déplore ce rude gaillard de 50 ans.

Absence de soutien

C’est le désir de pousser ces jeunes qui, selon lui, sont remplis de talent, à aller au bout de leurs rêves, qui le guide. Il en veut pour preuve les trois jeunes footballeurs de Batimarais qui ont fait le déplacement pour représenter Maurice à l’île soeur, en décembre. «Nous avons de bons éléments, des jeunes qui ont l’envie de jouer et de progresser. Mais nous n’avons pas suffisamment de soutien du gouvernement. Nous n’avons pas de terrain de football, pas de facilités. Je me débrouille pour trouver des ballons, des sponsors quand il y a un match mais ce n’est pas facile», confie le travailleur social.

Outre le football, Elvis Baillache est aussi ségatier. Amoureux du séga typique, il a participé à plusieurs compétitions musicales. Ses compositions, comme il se plaît à le dire, n’ont pas besoin de plume et de papier : «Zis mo lespri asé !» Surtout quand la ravanne, le triangle et la maravanne donnent le ton. «La musique peut aider les jeunes à s’exprimer, à trouver autre chose que l’alcool et la drogue pour se divertir», ajoute-t-il.

Henrique et Jérémie sont de ceux-là. Quoique Henrique ne cache pas sa préférence pour le football, Jérémie pense, lui, plutôt suivre un parcours musical. «Plus de musique et plus de sport», c’est en tout cas tout le bien qu’Elvis Baillache souhaite pour Batimarais. Et ses habitants.

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