Accros au portable : allô maman bobo

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Pour les accros au smartphone, il est important de faire un effort de sevrage.

Pour les accros au smartphone, il est important de faire un effort de sevrage.

Les 6, 7 et 8 février ont été décrétés journée mondiale sans téléphone mobile. L’occasion de prêter une oreille attentive aux problèmes qu’engendre une relation trop fusionnelle avec son portable, cet outil de Satan qu’on aime tant. À travers les travers des esclaves du smartphone.

L’alarme a sonné sur le smartphone. Pas le temps de tirer les rideaux. Les fenêtres, sur le portable, sont déjà ouvertes. Facebook, WhatsApp, Instagram, des vidéos de gens qui gobent du gram bwi, il faut tout voir avant d’enlever ses crottes d’yeux.

Pas le temps non plus de dire bonjour à son conjoint, à ses proches, à ses enfants… Il y a plus important : le nombre de likes récoltés pour la photo de son gamin postée la veille. Ou pour son plat de nouilles au saumon Mackerel, sous son nid de gros pois.

Direction ensuite la salle de bains, la tête dans le mobile. Qu’importe si on confond le dentifrice avec la mousse à raser. «Tiens, il faut que je poste ça sur Facebook, qu’est-ce que c’est marrant.» Malheureusement, l’«I Phone» n’ira pas dans la douche. Il ne faudrait pas abîmer ce joujou tape-à-l’œil qui coûte la peau des fesses.

Au petit déjeuner, papa, piti et maman auront le globe oculaire scotché à leur écran. On pourrait utiliser WhatsApp pour se souhaiter bonne journée. En voiture, les mirettes seront en mode getdiri tir kari. Ce sera un œil sur la route, l’autre sur Facebook.

Rebelote au bureau. Il faut quand même se tenir au courant de ce qui se passe à Maurice et dans le monde, donner son opinion éclairée pour éviter le black-out médiatique. Farandole de likes, love, hahaha, sad, share, comment, smileys dernier cri. L’opération espionnage, exhibitionnisme, voyeurisme, veyzafer se poursuivra toute la journée. Entre deux dossiers urgents.

Le soir, une fois le plat cuisiné, il faudra immortaliser ce Top Chef-d’œuvre sur carte mémoire. Le partage (de photos) demeure le maître mot. Les conversations en famille, la communication orale ou verbale, c’est démodé, dépassé. On ne dit plus je t’aime à ceux qu’on aime mais on balance volontiers un petit cœur sur le post d’un inconnu.

Les week-ends, en soirée, on oublie les amis qui sont en face de nous. Pas le temps, il ne s’agit pas de délaisser les potes virtuels qu’on ne reconnaîtrait pas, pour la plupart, dans la rue. Ce qu’on préfère, c’est l’autoroute de l’information.

Finalement, n’est-il pas temps de décrocher ?

To disconnect or not to disconnect ?

That is the question. N’en déplaise aux anti-mobiles, l’outil est à l’homme moderne ce que le silex était à l’homme préhistorique. Alors, comment faire quand le travail est étroitement lié à l’hyper-connectivité ? Comment faire quand on est commercial, agent immobilier, vendeur, revendeur ou encore journaliste, pour n’en citer que quelques-uns ? Comment faire sans ? Comment faire de bonnes affaires, se payer la robe la plus chic à moins cher, comment trouver le meilleur deal rapidement, comment comparer les prix ? Comment ? Comment rester joignable quand on est de sortie, quand il pleut, quand il y a un message urgent à faire passer, quand on tombe en panne, quand on est au supermarché et qu’on a oublié ce qu’il fallait acheter, quand on veut prévenir un proche en cas de pépin ? Comment ? La solution, probablement, c’est d’utiliser le portable modérément.

«Gaston y’a l’téléfon qui son»

C’est Phil Marso, écrivain, qui a eu l’idée de proposer des Journées mondiales sans portable. C’était en 2001. Il s’agissait de passer trois jours de réflexion sur le «Mobilou», qui a changé le comportement humain dans sa manière de communiquer. Depuis 2004, cette «journée» se déroule sur trois jours, les 6, 7 et 8 février, probablement pour donner le temps aux accros de démarrer le sevrage. Pourquoi avoir choisi le 6 février ? Parce que c’est à cette date que l’on célèbre la Saint Gaston. Quel est le rapport ? Ben, la chanson de Nino Ferrer dont les paroles sont comme suit : «Gaston y’a l’téléfon qui son ; et y’a jamais personne qui y répond…» Oui, Marsoavait de la suite dans les idées.

Source : journéemondiales.com

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