Sanjeev Teeluckdharry: «Deputy Speaker n’est pas un job à plein-temps»

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Le député du n°5 succède à Adrien Duval au poste de «Deputy Speaker». Sanjeev Teeluckdharry se confie à «l’express» sur cette nomination.

Ravi Rutnah a refusé le poste de «Deputy Speaker» et vous l’avez décroché. Comment le choix s’est-il porté sur vous ?

Il faut demander au leader (NdlR, Pravind Jugnauth). Je peux juste dire qu’il m’a informé que je serai le nouveau Deputy Speaker.

Pensez-vous avoir l’étoffe pour gérer les dérapages auxquels on est si souvent confronté au Parlement ?

 Je laisse le soin à la population de tirer ses propres conclusions. C’est un poste de responsabilité et un grand honneur que me fait le gouvernement. J’espère que je saurai mériter la confiance placée en moi. Il faut savoir que cela fait 16 ans que j’exerce au barreau. Je suis très présent en cour d’assise, en cour intermédiaire, en cour de district et en Cour suprême. J’ai une passion pour la Constitutional Law. D’ailleurs, de 1995 à 2000, j’ai rédigé une dizaine d’articles sur cette loi, le Sovereignty of Parliament, les Droits Humains et le Control of Constitutionality.

Il y a deux ans, le leader de l’opposition et vous évoluiez dans le même camp. Maintenant qu’il est votre adversaire, serez-vous intimidé ?

 Je ne comprends pas trop pourquoi il est devenu le leader de l’opposition. Quel est son agenda ? C’est encore un mystère. Son parti a obtenu quatre postes ministériels, deux secrétaires parlementaires privés, un Deputy Speaker, trois ambassadeurs et a des présidents dans des corps parapublics. Je pense que chacun doit assumer son rôle. Les joueurs jouent leur match. L’arbitre fait son travail.

Pensez-vous pouvoir faire mieux que votre prédécesseur ?

C’est à vous d’en tirer les conclusions. Je n’ai pas encore assumé ce poste.

Si votre nom figure sur la liste des avocats qui seront convoqués devant la commission d’enquête sur la drogue, accepterez-vous quand même ce poste ?

Tous les avocats sont obligés de défendre les clients qui retiennent leur service. Que ce soit pour une affaire de meurtre ou de viol, ils sont obligés d’accepter les procès et de représenter les accusés. Dans la loi, cela s’appelle le cab-rank rule. Tout comme le médecin qui n’a pas le droit de refuser de soigner un lépreux ou un sidéen. L’avocat travaille selon les paramètres de la loi. Si son client est innocent, il mérite d’être acquitté. S’il est coupable, il doit être condamné à la base de preuves et de témoignages solides. Si la poursuite a failli à la tâche, c’est dommage. Mais c’est hypothétique de dire que je suis sur cette liste. La seule façon d’être disqualifié du poste de Deputy Speaker, est d’être condamné à une peine pénale dépassant un an de prison. C’est la Constitution, la loi suprême qui prévoit cela.

En assumant les fonctions de «Deputy Speaker», continuerez-vous à exercer comme avocat ?

 Oui. La Constitution n’a pas prévu d’interdire cela. Le poste de Deputy Speaker n’est pas un job à plein-temps.

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