Rodrigues: Rivière-Banane telle que vous ne l’avez jamais vue

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Les pirogues tanguent au gré des vagues qui bercent la plage de Rivière-Banane à Rodrigues.

Les pirogues tanguent au gré des vagues qui bercent la plage de Rivière-Banane, à Rodrigues.

Le chemin menant à Rivière-Banane serpente entre des vallées asséchées. Point de rivière. Des cactus téméraires, défiant la sécheresse, produisent des fruits rouges à la chair juteuse… mais sans aucune saveur. La chaleur est torride.

Même les cabris n’osent pas s’exposer au soleil. À l’abri, sous un kiosque, ces bêtes, ayant sans doute échappé à l’épidémie de fièvre aphteuse qui a ravagé le cheptel de Rodrigues, regardent les quelques touristes descendant le sentier menant à la plage.

Une eau pure et turquoise

L’effort en vaut la peine. Le lagon à Rivière-Banane est turquoise avec une nuance de vert. Sur ces eaux pures, tanguent des pirogues au gré du ressac.

Elles appartiennent aux pêcheurs de ce village hébergeant une centaine de familles. Les vagues s’écrasant sur des galets bercent ceux qui s’abritent sous les rares filaos.

Des trésors marins

Cyril Valencien, un Français de 10 ans, est tout ébloui. «J’ai fait de l’apnée dans le lagon, j’ai vu des poissons jaunes et violets», confie-t-il timidement.

Loin à l’horizon, quelques bateaux à fond de verre font découvrir les trésors marins de cette réserve protégée aux touristes, sous un ciel où des pailles-en-queue dessinent des cercles invisibles.

La chair des fruits des cactus est juteuse mais fade.

Cet endroit aurait pu être le décor pour une des sagas du film Pirates des Caraïbes. À l’extrême droite, une falaise abrupte se jette dans le lagon.

À gauche, une deuxième falaise. De nombreux randonneurs s’y donnent rendez-vous pour entamer une belle marche afin de se rendre à St-François, caché derrière ce rocher.

«Nou pa stresé ditou…»

À peine midi. Jean Nathaniel Agathe, pêcheur du village débarque sur la plage. La journée n’a pas été bonne. «La mer est trop agitée», lance-t-il. Son compagnon de pêche envoie un poisson «korn» sur le sable. Leur seule prise de la journée…

Le pêcheur arpente la plage. Il jette un coup d’œil sur les casiers laissés sur place par ses amis, tout en grillant une cigarette. «Kwin-la mari kool isi. Nou pa stresé ditou…», s’extasie-t-il, en gardant le sourire. Rivière-Banane lui donne la pêche, même si la pêche n’est pas toujours bonne.

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