Cabinet: les ministères de la Défense et de l’Intérieur sont-ils différents ?

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Pravind Jugnauth occupe le poste de ministre de l’Intérieur, alors que SAJ, celui de la Défense.

Pravind Jugnauth occupe le poste de ministre de l’Intérieur, et SAJ, celui de la Défense.

Pour la première fois, les portefeuilles ministériels de l’Intérieur et de la Défense tombent sous la tutelle de deux ministres différents. Quelle est donc la différence entre les deux maroquins ? C’est la question que se pose plus d’un, depuis la constitution, lundi 23 janvier, du nouveau Conseil des ministres dirigé par l’actuel chef du gouvernement, Pravind Jugnauth. Ce dernier est Premier ministre, ministre de l’Intérieur, des Communications extérieures, de la National Development Unit, des Finances et du Développement économique. Sir Anerood Jugnauth est, lui, ministre mentor, ministre de la Défense et de Rodrigues.

L’express a interrogé deux anciens secrétaires aux Affaires intérieures. D’emblée, ils confirment que c’est la première fois que l’Intérieur et la Défense se retrouvent dans deux ministères distincts. Les deux s’accordent à dire que l’Intérieur est responsable de la sécurité nationale, plus précisément de la sécurité du citoyen, de la police et de la prison.

Ni armée ni marine

En revanche, pour ce qui est de la Défense, l’un de nos deux interlocuteurs va droit au but. «Nous n’avons jamais défini la Défense à Maurice parce que nous n’avons ni armée ni marine. La Special Mobile Force est un bras paramilitaire. Donc, une unité de la police tout comme l’est la garde-côte nationale. Les deux unités sont sous la responsabilité du commissaire de police», soutient-il.

À l’étranger, la Défense assure la sécurité du territoire, allant de la zone maritime à l’espace aérien. Elle combat aussi les menaces terroristes, le trafic de drogue et s’occupe des échanges d’informations avec les pays amis.

Intérêt en commun: la sécurité du pays

«Les deux portefeuilles ont un intérêt en commun. Il s’agit de la sécurité du pays. On assiste désormais à un partage de responsabilités à ce niveau. C’est certain que les intérêts vont se rencontrer quelque part», fait ressortir l’autre interlocuteur.

Comment éviter le chevauchement des responsabilités dans une telle situation ? Pour les anciens hauts fonctionnaires interrogés, c’est le modus vivendi choisi par les deux ministres qui déterminera ce partage de responsabilités. «Il faut créer un circuit de communication pour qu’il n’y ait pas de conflit ou de désaccord», avance l’un d’eux.

Quid du commissaire de police?

Et le commissaire de police, envers qui est-il redevable ? S’appuyant sur l’article 71 (3) de la Constitution et d’autres législations, comme le Police Act, l’un des anciens secrétaires aux Affaires intérieures fait valoir que le commissaire de police est redevable envers la présidente de la République, qui est aussi la Commander-in-Chief.

Mais il répond aussi au Premier ministre ou à un autre ministre désigné par le chef du gouvernement comme stipulé à l’article 71 de la Constitution : «…such other Minister as may be authorised in that behalf by the Prime minister (…)».

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