Passation de pouvoir: Rezistans ek Alternativ à l’assaut, l’opposition tâtonne

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Selon Rezistans ek Alternativ, il n’y a aucune provision faite dans la Constitution pour qu’un Premier ministre démissionne tout en restant député

Selon Rezistans ek Alternativ, la Constitution ne prévoit pas qu’un Premier ministre démissionne tout en restant député.

La résistance s’organise. C’est le cas de le dire puisque des représentants juridiques de Rezistans ek Alternativ, Me Rex Stephen, leading counsel, et Me Arvin Ramsohok, se rendent, ce lundi 30 janvier, en Cour suprême. Ils logeront un Constitutional Case pour contester la passation de pouvoir entre sir Anerood Jugnauth et son fils, Pravind Jugnauth. L’argument principal : il n’existe aucune clause de la Constitution qui prévoit la démission d’un Premier ministre (PM) sous la forme présentée actuellement par le gouvernement.

«Les procédures pour le remplacement d’un PM sont très claires. L’article 60 évoque que ce poste devient vacant quand le PM démissionne comme député ou alors s’il y a une motion de censure qui défie la majorité que détient le leader of the House», explique Rezistans ek Alternativ dans un document préparé pour expliquer la démarche entreprise par le mouvement.

Document dans lequel la plateforme précise: «Il n’y a aucune provision faite pour qu’un PM démissionne de son poste tout en restant député.» Rezistans ek Alternativ considère cette passation de pouvoir comme «anticonstitutionnelle». D’une part, parce que le poste de PM n’a jamais été vacant dans la mesure où sir Anerood Jugnauth n’a pas démissionné comme député et, d’autre part, parce que «la Constitution a été rédigée d’une telle manière afin d’éviter des abus».

Contestation «brit brit»

Autre point également soulevé par la plateforme est que, dans le cas où, effectivement, un PM se retire, à cause de son état de santé ou pour d’autres raisons et qu’il démissionne en tant que député, c’est à la présidente de la République seule que reviennent les prérogatives de nommer le Deputy Prime Minister à ce poste. «Or, dans son discours du 21 janvier, c’est sir Anerood Jugnauth qui annonce que son fils sera le prochain PM en disant qu’il soumettra sa démission le lundi suivant», explique Jean-Yves Chavrimootoo, porte-parole du mouvement.

Si le mouvement de gauche semble déterminé à aller jusqu’au bout dans sa démarche, tel n’est pas le cas dans les rangs de l’opposition parlementaire. Le Mouvement militant mauricien a affirmé ne pas vouloir contester «brit brit» en cour le Prime ministership de Pravind Jugnauth. Du côté du Parti travailliste (PTr) et du Parti mauricien social-démocrate (PMSD), les membres ne sont pas tous du même avis.

Il nous revient qu’au PMSD comme au PTr, deux courants de pensée s’opposent. Il y a ceux qui, dans les deux partis, demandent que la passation de pouvoir soit contestée en cour et ceux qui pensent, comme Paul Bérenger, qu’il ne faudrait pas y aller «brit brit». Selon une source dans l’opposition, la principale crainte de ce deuxième courant de pensée serait «de perdre l’affaire et ainsi de légitimer le poste de PM de Pravind Jugnauth.

Une journée pour s’exprimer

L’initiative est celle de l’aile jeune de Rezistans ek Alternativ. Il s’agit d’organiser un rassemblement au Jardin de la Compagnie le samedi 4 février. Le but est de donner une plateforme à ceux qui «souhaitent s’exprimer sur cette passation de pouvoir, sous toutes les formes d’expressions possibles».

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