Vincent Toi: un besoin irrépressible de raconter…

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Vincent Toi est directeur artistique.

Le Mauricien Vincent Toi, directeur artistique à plein-temps, réalisateur et professeur de cinéma à ses heures perdues au Canada, a réussi l’exploit de voir son dernier court-métrage sélectionné à la 67e Berlinale des courts-métrages. Ce qui n’est pas rien.

Dans le court-métrage, on suit  les traces de François Mackandal, esclave marron rendu célèbre pour ses rébellions répétées contre l’autorité coloniale française à Haïti.

The crying conch. Ainsi s’intitule le film de près de 20 minutes de Vincent Toi. C’est la seule réalisation canadienne à s’être qualifiée pour participer à la 67e Berlinale des courts-métrages qui se tiendra du 9 au 19 février dans la capitale allemande. The Crying Conch, littéralement la conque qui pleure, sera en compétition avec 22 autres courts-métrages de 19 pays, dit le directeur artistique par mèl.

Le jeune Mauricien explique que ce court-métrage a été entièrement tourné à Haïti où, pendant son année sabbatique, il a enseigné aux étudiants du Ciné Institute, école de cinéma de ce pays. Il y a deux fils conducteurs dans cette réalisation où le passé côtoie le présent et la réalité la fiction.

Pour tourner dans son court-métrage, Vincent Toi a fait appel à des Haïtiens, dont des collègues et des acteurs amateurs.

D’un côté, on y suit les traces de François Mackandal, esclave marron rendu célèbre pour ses rébellions répétées contre l’autorité coloniale française et considéré comme le symbole de la lutte anti-esclavagiste. De l’autre, on fait connaissance avec un Haïtien d’aujourd’hui qui fait l’expérience de la violence humaine, de la tromperie et de l’égoïsme.

«Les deux histoires englobent la beauté inimaginable du paysage haïtien et de son peuple», écrit-il. S’il aime mêler passé et présent, c’est «parce que je m’intéresse à la structure du pouvoir dans les sociétés. On ne peut la comprendre qu’en explorant le passé et le présent.»

Vincent Toi est le fils du capitaine Jean Toi et de Chantale. Né à Maurice, il a passé toute son enfance et son adolescence à Baie- du- Tombeau, où vivent encore ses parents. Cet ancien élève du Collège du Saint Esprit dit ne pas avoir choisi le cinéma ou la direction artistique en première instance. «J’ai initialement opté pour le design. J’ai été accepté à l’université de York, puis au collège Sheridan à Toronto. Le cinéma m’est venu naturellement, d’un besoin impérieux de raconter des histoires.»

À l’issue de ses études de design, il migre à Montréal et travaille comme directeur artistique dans deux des plus grandes salles artistiques polyvalentes du Canada, à savoir le centre Phi et DHC Art. C’est là que naît l’idée de faire du cinéma. Il est admis à la Mel Hoppenheim School of Cinema, à l’université de Concordia, pour des études cinématographiques ; tout en travaillant en parallèle.

L'équipe de tournage.

Depuis qu’il a obtenu son diplôme, il collabore avec la boîte de production Arpent Films, fondée par le producteur Guillaume Collin, qui a étudié à la même université que lui. «Je suis directeur artistique et à côté, je fais des films. J’adore travailler sur de multiples projets simultanément.»

Vincent Toi a réalisé plusieurs documentaires mais aussi une fiction. «Pour moi, il n’y a aucune différence entre ces deux genres. Ils relèvent tous deux de la narration. Il n’y a que la forme et le processus de fabrication du film qui changent.»

«Une plus grande visibilité»

Son premier court-métrage réalisé en 2012, PaperWings, relate la difficulté d’un septuagénaire, ancien pilote de guerre japonais, à s’adapter à la vie moderne de Montréal et à tisser un lien affectif avec son petit enfant de cinq ans. «Ce film explore l’écart générationnel entre les deux protagonistes.»

En 2014, il réalise un documentaire, I’ve seen the unicorn – l’histoire d’un jeune palefrenier mauricien qui rêve de devenir jockey. Le thème sous-jacent du film est l’état postcolonial à Maurice et la manière dont l’île a évolué pour devenir une société multiculturelle.

I’ve seen the unicorn a reçu de bonnes critiques et a été sélectionné pour participer au meilleur festival de documentaires mondial connu comme Hot Docs International Film Festival. Il a aussi été projeté au Chicago International Film Festival, entre autres.

La sélection de The Crying Conch à la 67e Berlinale des courts-métrages est, selon Vincent Toi, une façon de donner une plus grande visibilité au Ciné Institute, qui se trouve à trois heures de la capitale haïtienne. «Lorsque j’ai pris une année sabbatique pour y enseigner, je n’avais aucune intention de faire un documentaire. Et puis, la beauté rugueuse du pays et des gens m’a séduit. J’ai recruté des locaux – des collègues et des acteurs amateurs», avance le Mauricien.

«Le film a été tourné dans l’une des dernières forêts de pins d’Haïti, la forêt de Seguin. C’est un endroit magique situé à 8 000 pieds d’altitude, difficilement accessible et entouré de fantômes et d’esprits. Cette expérience d’un autre monde est capturée dans la scène d’ouverture du film.»

La suite ? «Nous verrons jusqu’où The Crying Conch voyagera. Je suppose que c’est comme un enfant dont on ne peut contrôler les mouvements.» Un autre projet l’attend. «L’histoire a trait au déséquilibre du pouvoir dans une société insulaire. Mon producteur, Guillaume Collin, et moi développerons ce projet bientôt.»

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