Règlements de comptes: la Hit List de Bhadain

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Roshi Bhadain n’a pu récupérer que sa tasse de son bureau du ministère de la Bonne gouvernance à Ebène le mardi 24 janvier.

Roshi Bhadain n’a pu récupérer que sa tasse de son bureau du ministère de la Bonne gouvernance à Ebène le mardi 24 janvier.

«Une mafia, qui ne fait que jouir, a accaparé Pravind Jugnauth pour ses intérêts personnels», déplore l’ex-ministre de la Bonne gouvernance. Invité à la dénoncer, Roshi Bhadain refuse. «Les preuves dont je dispose mettraient le pays à feu et à sang», prévient-il. «Référez-vous aux sous-entendus de l’interview que je vous ai accordée dans la nuit du jeudi 25 août 2016.»

Dans cette interview, parue le samedi 27 août, Roshi Bhadain avait déclaré, en parlant d’une mafia : «Les Mauriciens intelligents comprendront.» Nous la décortiquons donc, en tentant d’établir les sous-entendus et d’identifier ceux qui feraient potentiellement partie de cette mafia alléguée.

Informé de la parution de cet article, mercredi 25 janvier, Roshi Bhadain nous a fait la déclaration suivante : «Je poserai les questions relatives à mes informations à l’Assemblée nationale. C’est le forum adéquat. Quand les personnes responsables ne pourront pas fournir les réponses, je demanderai des commissions d’enquête.»

Prakash Maunthrooa, Senior Advisor, Prime Minister’s Office

Cela fait très longtemps que Roshi Bhadain et Prakash Maunthrooa se regardent en chiens de faïence. Depuis que les Rs 110 millions que le frère de Prakash Maunthrooa a déposés dans le Super Cash Back Gold et dans Bramer Asset Management ont été découverts. La Financial Intelligence Unit enquête toujours sur cet argent. Il n’a donc pas été rendu à son dépositaire, au grand dam de celui-ci.

Depuis, il paraît que Roshi Bhadain aurait obtenu un véritable dossier sur Prakash Maunthrooa, qu’il semble désigner dans sa conférence de presse de mardi par «enn boug ki déza éna case lakour». Ce dossier est-il lié aux fonctions de ce dernier au Board of Investment (BOI) ou sur le scandale Omega Ark ? On le saura bientôt.

La réponse de Prakash Maunthrooa : «Li li kav dir saki li anvi. Si li éna kwa ke se swa, les li al ek bann instans apropriyé. SAJ inn fini réponn li.»

Sherry Singh, CEO de Mauritius Telecom

Il ne serait autre que le co-cerveau de la bande avec Prakash Maunthrooa. Sherry Singh s’est lié d’une très grande amitié avec Kobita et Pravind Jugnauth. Ce qui lui donne une très grande influence, d’où probablement sa nomination à Mauritius Telecom. Est-ce à cela que Roshi Bhadain faisait allusion quand il a, plusieurs fois, lors de sa conférence de presse, fait référence à des «désizion ki pran dan lakwizinn» ?

Les dossiers de Roshi Bhadain ne semblent pas se limiter à l’influence de Sherry Singh sur les décisions de l’État. Mauritius Telecom est-il concerné ? Ce soir d’août 2016, il n’avait pas donné de details.

Sherry Singh était injoignable mercredi.

Naila Hanoomanjee, CEO de SPDC, pressentie pour être super CEO de Landscope

Sur le board de Heritage City Co. Ltd, elle était de ceux qui voulaient faire capoter le projet. Selon Roshi Bhadain, la fille de la Speaker de l’Assemblée nationale était de mèche avec Gérard Sanspeur. «Leur objectif a été atteint quand non seulement le projet a été abandonné pour une raison qui, au final, allait être totalement ridicule – le Bagatelle Dam n’allait jamais céder – mais aussi quand Pravind Jugnauth dans son Budget crée la compagnie Landscope. Vous imaginez le pouvoir dont elle jouit quand elle contrôle toutes les terres de l’État regroupées sous une seule entité. Ce que la presse a qualifié de deuxième rapport de Gérard Sanspeur était en fait celui de Naila Hanoomanjee.»

La réponse de Naila Hanoomanjee :

«Effectivement, j’étais contre et j’ai soutenu Gérard Sanspeur. J’étais board member de Heritage City Ltd et si Roshi Bhadain veut s’engager sur ce terrain, c’est moi qui vais révéler les faussetés qu’il a dites au Parlement. De là à dire que je l’ai fait pour devenir directrice de Landscope, c’est totalement faux.»

Gérard Sanspeur, Senior Advisor au ministère des Finances

L’adversaire le plus médiatisé de Roshi Bhadain. Gérard Sanspeur, contre qui l’ancien ministre a consigné une déposition au Central Criminal Investigation Derpartment (CCID), a été l’artisan de l’abandon du projet Heritage City. Au CCID, Luxconsult et Dev Manraj ont confirmé les dires de Roshi Bhadain. Ce dernier affirme qu’en faisant capoter le projet Heritage City, Sanspeur aurait agi en faveur d’un autre projet immobilier qui serait devenu obsolète car la cité administrative aurait fourni tous les services.

Le BOI, géré par Gérard Sanspeur, s’apprête à délivrer le permis de développement aux promoteurs de ce projet. Or, Roshi Bhadain se demande pourquoi ce projet, qui se trouve également en contrebas du Bagatelle Dam risquant de se briser, n’a jamais buté sur l’inquiétude du même Gérard Sanspeur en sa capa- cité de président du BOI et a même obtenu son EIA licence après qu’Ivan Collendavelloo a déclaré le Bagatelle Dam «solid ! solid ! solid !»

Il se trouve aussi que Gé- rard Sanspeur est le Chairman de Landscope qui, avec Naila Hanoomanjee, chapeaute le développement de Highlands City sur 500 arpents.

La réponse de Gérard Sanspeur :

«Je crois que tout le monde a déjà fait un assessment de Bhadain. S’il a menti une fois, il peut mentir dix fois. Il ne faut même pas perdre de temps à contrecarrer les éléments d’un menteur. Il faut être idiot pour ne pas comprendre que Bhadain ment. Il continue de mentir. L’ancien Premier ministre l’a démenti sur les raisons de ses larmes versées en public. Le mot mafia, c’est ridicule. Pour analyser le comportement de Bhadain, il faudrait avoir recours à un psychiatre.

Quant à Hermès, ce n’est que demain (NdlR, ce jeudi 25 janvier) que le projet sera pour la première fois sur la table du BOI.»

Mike Seetaramadoo, Executive Vice-President, Commercial & Cargo, Air Mauritius

Proche de Kobita Jugnauth, il est soupçonné d’être celui derrière le limogeage de Megh Pillay de la direction d’Air Mauritius. Toute l’histoire est désormais du domaine public.

Il faut rappeler que Roshi Bhadain, en tant que ministre de la Bonne gouvernance, avait convoqué Megh Pillay et Arjoon Suddhoo, le président du conseil d’administration d’Air Mauritius.

Arjoon Suddhoo avait préféré s’expliquer dans une lettre. Megh Pillay, lui, avait effectivement rencontré le ministre et les deux hommes avaient tenu une conférence de presse commune.

Roshi Bhadain a déclaré ce jour-là que «le conseil d’administration n’avait pas agi en conformité aux normes de bonne gouvernance et d’une décision du Conseil des ministres sur le rôle spécifique du CEO et du Chairman». Il se trouve que l’architecte de ce vendredi fatidique pour convoquer la réunion du board qui allait limoger Megh Pillay n’était autre que... Prakash Maunthrooa.

Mike Seetaramadoo est resté injoignable mercredi.

 (À suivre…)

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