Ministère de la bonne gouvernance: Sudhir Sesungkur, un nouveau ministre controversé

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Après sa prestation de serment, Sudhir Sesungkur a rencontré les membres de son staff à son nouveau bureau. [Photo: Dev Ramkhelawon]

Après sa prestation de serment, Sudhir Sesungkur a rencontré les membres de son staff à son nouveau bureau. [Photo: Dev Ramkhelawon]

La nomination de Sudhir Sesungkur comme ministre des Services financiers et de la bonne gouvernance a fait tiquer plus d’un. À commencer par son prédécesseur, Roshi Bhadain. Interrogé à ce sujet, l’ancien ministre a déclaré : «Limem ki éna enn case Financial Intelligence Unit lor li la ?»

En effet, Sudhir Sesungkur a un contentieux devant la justice. En 2008, avec un partenaire, Sudhir Sesungkur crée une firme de service-conseils en audit, taxe et comptabilité. Une année plus tard, la compagnie obtient l’affiliation de la firme internationale d’expertise-comptable Mazars.

La filiale mauricienne s’engage dans des opérations mais en juin 2015, le comité exécutif de la firme Mazars décide d’exclure le partenaire Sudhir Sesungkur de la compagnie. En octobre de la même année, l’autre partenaire aurait appris que le député maintenait des relations avec des clients au nom de Mazars, alors qu’il n’en faisait plus partie. Le partenaire réclame et obtient une injonction contre Sudhir Sesungkur. Celle-ci restera en vigueur jusqu’à ce que l’affaire soit entendue. Ce qui n’a pas encore été fait à ce jour.

Sollicité sur le fait que le procès en cours pourrait l’embarrasser dans ses fonctions ministérielles, le principal concerné répond qu’il a lui aussi intenté des poursuites à son ex-partenaire. «Tou dimounn gagn drwa éna bann litiz. Sa fer parti lavi tou dimounn», a-t-il dit.

Surprise

Pourquoi lui et pas un autre à ce poste de ministre, d’autant plus qu’outre son procès, il était un député assez effacé à l’Assemblée nationale ? Est-ce que son profil ethnique a joué en sa faveur ? Interrogé, Pravind Jugnauth ne l’a pas nié. «Nou viv dan Moris. Nou koné inpé dépi toulétan ki kriter ek fakter ki nou pran an konsidérasion», a-t-il déclaré.

Sudhir Sesungkur était au travail lorsqu’il a appris sa nomination. C’était une vraie surprise, selon lui. «C’est une fierté d’avoir été choisi par le Premier ministre pour gérer ce ministère», a-t-il dit en guise de première déclaration après sa designation.

Quelques instants après sa prestation de serment, il était déjà à son nouveau bureau et a eu une première prise de contact avec les membres de son staff. Il leur a demandé de dresser la liste des dossiers prioritaires.

La prochaine étape sera de rencontrer le Premier ministre pour définir la marche à suivre. «On ne peut nier qu’il y a actuellement un malaise dans le secteur financier. Je vais rencontrer les opérateurs le plus tôt possible pour les rassurer. Mon but est de faire de Maurice une référence en matière de finances, à l’instar de Singapour», a-t-il souligné.

Sudhir Sesungkur a commencé sa carrière comme expert-comptable à PricewaterhouseCoopers. Même s’il ne se souvient pas de l’année, il dit avoir passé la majeure partie de sa carrière, longue de 35 ans, au sein de cette firme avant de créer son propre cabinet. Le nouveau ministre précise qu’il a aussi beaucoup travaillé à l’étranger pour des organismes internationaux, dont la Banque mondiale.

La politique, il s’y connaît aussi. Il dit avoir rejoint le Mouvement socialiste militant (MSM) en 1983 après avoir été élu conseiller du village de Camp-de-Masque sous la bannière de son propre parti, le Groupement civique. Il a longtemps été président de la régionale du MSM de la circonscription n°10 (Montagne-Blanche–Grande-Rivière-Sud-Est) et membre du comité central. Par la suite, il a pris ses distances avec la politique pour des raisons professionnelles avant de revenir en force en 2014.

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