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Le baisemain de Roshi Bhadain à Pravind Jugnauth après le jugement en faveur de ce dernier a marqué les esprits.

Le baisemain de Roshi Bhadain à Pravind Jugnauth après le jugement en faveur de ce dernier a marqué les esprits.

C’est à travers un post sur Facebook que Roshi Bhadain a annoncé sa démission en tant que ministre des Services financiers et de la Bonne gouvernance. Et cela, au moment même où ses anciens et nouveaux collègues prêtaient serment en tant que ministres. La principale raison évoquée : la démission de SAJ comme Premier ministre (PM). «I had said that when SAJ is no longer PM, I would not stay», a-t-il souligné dans son message, mais pas que...

Roshi Bhadain semble également contester la passation des pouvoirs de SAJ à Pravind Jugnauth. «I have not attended the ‘swearing-in’ ceremony for the ‘passation’, which is not in line with the principles of Good Governance», souligne-t-il dans ce message. S’agit-il là des vraies raisons de sa démission ? Injoignable lundi 23 janvier, il s’expliquera néanmoins sur son départ dans un point de presse, ce mardi 24 janvier.

Connu pour ses prises de position abruptes, ses conflits avec certains collègues du gouvernement, sa façon de communiquer sur sa page Facebook et pour avoir été l’avocat de Pravind Jugnauth durant l’affaire MedPoint, Roshi Bhadain a marqué les esprits. Retour sur les points saillants de son passage au sein du gouvernement.

Heritage City

 Présenté comme l’un des plus gros projets du gouvernement, ce projet de ville administrative, défendu par Roshi Bhadain, a fait l’objet de vives controverses tant au sein du gouvernement que dans le milieu des architectes. Il y a eu le recrutement controversé de la firme d’architecture dubaïote Stree Consulting et le fameux rapport rédigé par le Senior Advisor du ministre des Finances, Gérard Sanspeur, entre autres. L’on retiendra le rappel à l’ordre de Pravind Jugnauth à Roshi Bhadain lors d’une réunion du BP du MSM en septembre 2016.

Affaire BAI

Entre les différends avec Vishnu Lutchmeenaraidoo et les clients du Super Cashback Gold ou de la Bramer Asset Management dans le cadre des remboursements, les coups de gueule et protestations ont été nombreux ces deux dernières années. La chute de la BAI a sans doute été le plus gros dossier sur lequel il a travaillé.

Traité fiscal Inde-Maurice

 L’onde de choc ressentie dans le secteur financier après l’annonce des amendements au traité de non double imposition Inde-Maurice, en mai 2016, restera à jamais gravée dans la mémoire des opérateurs, dont Rama Sithanen qui avait vivement condamné cette décision du ministre. D’autres avaient même parlé de la fin du Global Business et de  perte d’emplois. Des critiques que Roshi Bhadain avait balayées d’un revers de la main. «Ils doivent me dire merci» avait-il déclaré.

«KGB»

Autre clash avec Vishnu Lutchmeenaraidoo, autre affaire marquante. Interrogé par l’ICAC en avril 2016 dans le cadre d’une enquête sur un prêt de 1,1 million d’euros qu’il avait contracté auprès de la SBM, Vishnu Lutchmeenaraidoo devait déclarer à la presse que «Roshi Bhadain inn pil enn ros lor mwa. Son bureau KGB a manipulé des informations et fait de sorte que la presse soit mise au courant».

Ses réalisations notables : La création de l’Integrity Reporting Council, la Financial Services Promotion Agency, la Captive Insurance Act, le Financial Services Institute… Si l’ancien ministère de Roshi Bhadain reste bel et bien opérationnel, l’on se demande qui sera son remplaçant.

Réactions

• Pravind Jugnauth, PM et ministre des Finances

Le PM dit ne pas comprendre la réaction de l’ex-ministre des services financiers. «Hier dan BP politik linn flat mwa é linn mem dir mwa ki so rev, so komba sé fer mwa vinn PM…» dit-il. «Je l’ai nommé ministre. Je m’attendais qu’il vienne à la cérémonie [NdlR, de prestation de serment]. C’est un manque de respect. S’il avait un quelconque problème, il aurait dû m’en parler d’abord

 • Sir Anerood Jugnauth, «Minister Mentor»

«Ki li pé rodé ? Li pa seryé mo bien ankoler. Bann réson ki li pé dir bien bankal. Mo pa pou rékoz ek li. Dir li al fer Good Governance ayer, soley for», dixit le Minister Mentor, agacé.

• Mahen Jhugroo, ministre des Collectivités locales

«C’est triste, je ne connais pas ses motivations.»

• Étienne Sinatambou, ministre de la Sécurité sociale et de l’environnement

«No comment

• Showkutally Soodhun, ministre du Logement et des Terres

«Nul n’est indispensable. Bhadain était présent au bureau politique du MSM ,dimanche 22 janvier. Ce n’est pas à cause de Roshi Bhadain que le gouvernement cessera de fonctionner. Ce n’est pas ce que l’on peut appeler un politicien, un politicien doit être franc. Je lui conseille de rester avocat

 • Paul Bérenger, leader du MMM

«Je ne vais pas réagir avant la conférence de presse de Bhadain

 • Xavier-Luc Duval, leader de l’opposition

«C’est une démarche courageuse, intelligemment exécutée. Cela démontre à quel point le National Security Service est faible, vu que Pravind Jugnauth n’en était pas au courant

 • Navin Ramgoolam, leader du PTr

«Je ne vais pas réagir pour le moment. Laissons-le donner sa conférence de presse d’abord

• Ashok Subron, leader de Rezistans ek Alternativ

«Il est clair qu’il y avait un conflit avant même l’affaire BAI, avec Vishnu Lutchmeenaraidoo, par exemple. Peut-être avait-il des ambitions personnelles. Bhadain va devoir s’expliquer. On verra ce qu’il nous dira

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