Drogue: les vedettes de la commission Rault (IIe partie)

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Pour la deuxième semaine consécutive, en marge de la reprise des travaux de la commission d’enquête sur la drogue, présidée par Paul Lam Shang Leen, on a choisi de revenir sur une des commissions qui a marqué les esprits, en 1986. Il s’agit de la commission Rault. Plein feu sur les différentes personnalités qui ont été, pour diverses raisons, citées dans les conclusions de ladite commission. (Pour ceux qui ont raté la première partie : https://www.lexpress.mu/article/297774/drogue-vedettes-commission-rault)

Siddick Oomar Saib, alias La Tête

La commission Rault ne s’était pas prononcée à son sujet. Pour cause: il s’était enfui vers La Réunion. De plus, il faisait face à un procès à l’île soeur pour délit de drogue. Il avait été arrêté par l’équipe de Harish Mungroosingh quand ce dernier était à la tête de la brigade anti-drogue. Cette arrestation était l’une des rares actions de Mungroosingh en tant que chef de l’ADSU. De surcroît, Mungroosingh était lié à plusieurs trafiquants, des rivaux de Siddick Oomar Saib.

France Fangamar

Ses voyages à l’étranger, ses biens et ses transactions bancaires, y compris ceux de ses proches, avaient attiré l’attention de la commission. Ses connexions au trafic et à la consommation d’opium avaient aussi mené à la conclusion qu’il était un trafiquant de drogue.

Ahmed Mohamed Fokeenah

Il est cité dans le rapport Rault comme trafiquant de drogue confirmé, toujours en opération à l’époque où la commission siégeait, cela bien que les preuves à son encontre manquaient. Il avait à son actif deux condamnations pour possession de cannabis et une pour possession d’opium. La commission était en présence d’un enregistrement vidéo montrant Fokeenah faisant des aveux, mais même les «confessions» du trafiquant étaient douteuses.

Hassen Jeewooth, alias le Roi du Centre

Hassen Jeewooth avait été amené à s’expliquer sur la provenance de ses biens en 2004, alors qu’il purgeait une peine de huit ans pour délit de drogue. Il avait aussi été arrêté en 2008 pour consommation de Subutex. Selon le rapport Rault, il avait commis la maladresse de faire des versements mirobolants sur son compte en banque, en sus de ne jamais réfuter les allégations de trafic de drogue à son encontre. Voyageant vers Durban, Madagascar et Bombay plusieurs fois, une importante quantité de drogue avait aussi été saisie à son domicile.

Cassam Chumka, alias Moorgy

Ayant rejoint l’armée après la Seconde Guerre mondiale, Cassam Chumka avait ensuite acquis trois maisons en utilisant sa compensation, des biens destinés à la location. La commission mentionne aussi qu’il avait deux familles, l’une légitime et l’autre illégitime. Cassam Chumka était aussi propriétaire d’autobus. Ses réponses erronées à la commission à propos de ses biens et emprunts avaient renforcé les soupçons de trafic de drogue. Il avait aussi été condamné à une année de servitude pénale pour possession de cannabis.

Yusuf Ismael Taffazul

Condamné à deux ans de prison pour distribution de cannabis, Taffazul avait déposé pendant qu’il purgeait sa sentence. Il avait au préalable été condamné plusieurs fois pour délits de drogue depuis 1969. Il n’avait pu fournir d’explications quant à l’origine de ses biens. Le rapport cite aussi son épouse, qui cumulait plusieurs emplois, notamment comme bonne à tout faire et vendeuse, mais qui roulait en Peugeot.

Latiff Nowrung, alias Prince

Gérant l’entreprise familiale qui faisait le commerce de bois et de légumes avec ses frères, Prince avait soumis ses relevés bancaires de la MCB à la Commission, omettant de mentionner ses comptes à la Hong Kong Bank, qui avaient fait l’objet de dépôts conséquents. Son témoignage concernant ses avoirs n’avait pas convaincu la commission pour l’exonérer de tout blâme.

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L’express consacre un dossier au trafic de drogues dures et ses ravages à Maurice. C'est de la prison centrale que s'organise le trafic d'héroïne. Un cerveau ougandais alimente les trois plus gros trafiquants de Maurice. Ces "grossistes", avec l'appui de quelques hommes de loi, gèrent leurs trafics et millions et contrôlent, à distance, leurs lieutenants, tels Ashish Dayal...

Ce dossier a été réalisé par un collectif de journalistes de l'express. Pour des raisons de sécurité et d'opérabilité, et en fonction des autres papiers à venir, nous avons choisi de ne pas signer les articles.

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